La planète a besoin de l'UE, déclare Justin Trudeau

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Le premier ministre canadien Justin Trudeau a précisé que l'Accord économique et commercial global sera ratifié par le Canada d'ici le printemps et que c'est sans doute à ce moment que les travailleurs pourront constater les avantages des accords commerciaux, qui provoquent actuellement du mécontentement à travers l'Europe et du côté de l'administration Trump.

FREDERICK FLORIN, AFP

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Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
Strasbourg

Quelques jours après son passage à Washington, le premier ministre canadien Justin Trudeau a voulu livrer à l'Europe un message rassurant, jeudi, au sujet de l'antipathie de Donald Trump face au continent.

La visite de M. Trudeau à la Maison-Blanche, lundi, a été observée avec attention depuis l'Union européenne, qui a eu droit à une nouvelle ronde de critiques, cette semaine, de la part de l'ambassadeur américain à Bruxelles, choisi par M. Trump.

L'hôte de Justin Trudeau, Antonio Tajani, président du Parlement européen, a expliqué que l'Europe percevait le Canada comme un important allié pour forger des liens positifs avec les États-Unis.

«Il est plus facile pour les Canadiens de parler avec les Américains», a avancé M. Tajani lors d'une conférence de presse commune avec M. Trudeau à Strasbourg, en France, siège du Parlement européen.

La rencontre entre MM. Trump et Trudeau a «pavé la voie à de meilleures relations entre l'Union européenne et les États-Unis d'Amérique», a déclaré M. Tajani.

«Nous voulons travailler avec les Américains. Au cours des prochaines années, le travail du Canada sera une bonne chose pour les relations entre nous et l'Amérique.»

M. Trudeau a expliqué que le président américain et lui tentaient de trouver un terrain d'entente pour aider la classe moyenne des deux pays à prospérer.

«Ce que j'ai vu de la part du président américain a été une volonté de vouloir faire ce qui doit être fait pour ceux qui l'ont appuyé et qui croient en lui, tout en démontrant que de bonnes relations avec ses voisins étaient une bonne façon de s'assurer que les choses seront faites», a raconté M. Trudeau.

Le premier ministre canadien a précisé que l'Accord économique et commercial global (AÉCG) serait ratifié par le Canada d'ici le printemps et que c'est sans doute à ce moment que les travailleurs pourront constater les avantages des accords de libre-échange, qui provoquent actuellement du mécontentement à travers l'Europe et du côté de l'administration Trump.

Le dernier accord du genre?

Plus tôt dans la journée, alors qu'il prenait la parole devant le Parlement européen au lendemain de la ratification de l'AÉCG par celui-ci, Justin Trudeau a prévenu que ce pacte de libre-échange pourrait être le dernier en son genre si jamais il devait échouer.

«L'Union européenne est une réussite remarquable et un exemple sans précédent de coopération pacifique, a déclaré M. Trudeau. Le Canada comprend qu'une voix européenne efficace sur la scène mondiale n'est pas seulement préférable - elle est essentielle.»

«S'il est couronné de succès, a ajouté le premier ministre, l'Accord économique et commercial global deviendra l'exemple à suivre pour toutes les prochaines ententes commerciales ambitieuses. Mais s'il échoue, il pourrait bien être le dernier en son genre.»

La dernière année a été difficile pour l'Union européenne: le Royaume-Uni a décidé de claquer la porte après le référendum du «Brexit», et le nouveau président américain, Donald Trump, s'est publiquement demandé quel pays sera le prochain à s'en aller.

M. Trudeau est le premier chef de gouvernement canadien à s'adresser au Parlement européen. Il a déclaré que ceux qui estiment que les accords de libre-échange ne profitent qu'à quelques chanceux doivent être entendus, mais que des pactes comme celui intervenu entre le Canada et l'UE sont bénéfiques pour tous.

Sa défense du libre-échange survient également dans un contexte populiste de plus en plus hostile à de telles ententes, notamment depuis l'arrivée au pouvoir de l'administration Trump.

«Certains s'inquiètent aujourd'hui que le système actuel ne profite qu'à une poignée de chanceux. Leurs préoccupations sont valides, a reconnu M. Trudeau. La nervosité des gens envers l'économie et les échanges commerciaux - l'inquiétude que nos enfants n'aient pas accès aux mêmes emplois et aux mêmes occasions que nous - ne sera calmée que si nous nous assurons que (...) le commerce profite à tous.»

M. Trudeau croit que le nouvel accord de libre-échange atteint cet objectif.

«Des échanges commerciaux libres et justes peuvent rendre la vie de nos citoyens plus abordable et créer plus d'emplois», a-t-il dit.

Certains groupes promettent de continuer à lutter contre l'entente qui, selon eux, avantage les grandes entreprises au détriment des travailleurs.

Le sentiment protectionniste est de plus en plus fort en Europe. L'arrivée de l'administration Trump a signé l'arrêt de mort des négociations de libre-échange entre les États-Unis et l'Europe et du Partenariat transpacifique, qui aurait regroupé 12 pays du bassin du Pacifique, dont le Canada.

L'AÉCG unira quelque 35 millions de consommateurs canadiens à environ 500 millions d'Européens.

La ratification du traité par l'UE permettra l'entrée en vigueur d'environ 90 pour cent de l'accord, une fois que le Parlement canadien aura fait de même au cours des prochains mois.

À la suite de son arrêt à Strasbourg, M. Trudeau s'est envolé pour Berlin, où la chancelière allemande Angela Merkel l'a invité à un repas informel et privé en soirée. Le premier ministre a un horaire chargé, vendredi en Allemagne, incluant un discours important à Hambourg.




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