La Chine va remplacer le chef de son autorité de régulation boursière

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Agence France-Presse
Pékin

La Chine va remplacer le chef de son autorité de régulation boursière, a annoncé samedi l'agence officielle Chine nouvelle, alors que le pays tente de diminuer la volatilité de ses marchés boursiers.

Le Parti communiste au pouvoir a décidé que Xiao Gang sera «révoqué» de la direction de la Commission de régulation des marchés financiers (CSRC), selon Chine nouvelle.

Liu Shiyu, actuel chef de l'Agricultural Bank of China - l'une des quatre plus grandes banques chinoises -, remplacera M. Xiao, indique la même source.

M. Xiao, âgé de 57 ans, avait pris la tête de la CSRC en 2013. Il a passé l'essentiel de sa carrière au sein du système bancaire chinois, dont la Banque centrale et la Bank of China, une autre des quatre plus grandes banques du pays (qui appartient à l'État), qu'il a dirigée pendant 10 ans avant de passer à la Commission.

Il était aux manettes de la Commission mi-2015 lors de la déroute boursière chinoise. L'index de référence de la Bourse de Shanghaï s'était alors effondré de presque un tiers, faisant s'envoler en fumée des milliers de milliards de dollars et secouant l'ensemble des marchés mondiaux.

La descente aux enfers avait commencé lorsque les régulateurs chinois avaient changé les règles d'utilisation de l'argent emprunté par les courtiers. Cette initiative avait fait éclater une bulle spéculative, essentiellement alimentée par le recours à la dette, qui avait vu l'index boursier de Shanghaï flamber de 150% en six mois.

Les appels au départ de M. Xiao se sont multipliés depuis la débâcle, et répétés début janvier lorsque la Commission avait mis en place un système de «coupe-circuit» en cas de variation brutale de la Bourse sur les marchés d'action. Ce coupe-circuit a entraîné la fermeture très rapide des Bourses de Shanghaï et Shenzhen à deux reprises durant ses quatre jours d'existence, provoquant une nouvelle tempête financière mondiale.

Finalement, le système a été suspendu le 8 janvier. «Après avoir pesé le pour et le contre, il s'avère que les effets négatifs l'emportent sur les effets positifs. C'est pourquoi, afin de maintenir la stabilité des marchés, le CSRC a décidé de suspendre le mécanisme de coupe-circuit», avait annoncé l'autorité de supervision des marchés.

M. Xiao avait révélé durant un entretien télévisé en 2012 qu'il préférait les arts aux mathématiques durant sa scolarité, et qu'il «n'avait pas choisi d'apprendre la finance» à l'université.

Son successeur, Liu Shiyu, a également fait l'essentiel de sa carrière dans la banque. Il a été vice-gouverneur de la Banque centrale, avant de devenir président de l'Agricultural Bank of China, troisième établissement du pays par les actifs.

En décembre, le directeur de cette banque avait démissionné pour «raisons personnelles», sur fond d'informations de presse affirmant qu'il avait été interrogé dans le cadre d'une enquête pour corruption.

En janvier, les médias chinois avaient indiqué que deux jeunes employés de la banque étaient soupçonnés d'avoir illégalement vendu des «lettres de change» valant l'équivalent de 550 millions d'euros, avant d'investir en Bourse les fonds récoltés.

La débâcle persistante des places boursières, qui ne cessent de dégringoler, aurait mis à jour l'escroquerie, prenant au piège les deux fraudeurs incapables de racheter et de replacer les titres dérobés, selon les médias chinois.

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