L'Europe en 2013: l'espoir d'une autre Renaissance

Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne,... (Photo : Mario Vedder, AP)

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Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, avait déclaré en juillet dernier que l'institution était prête à tout pour préserver l'euro.

Richard Dupaul

Les gourous de Wall Street le répètent souvent, c'est en période de crise que l'on fait de l'argent.

Alors que le reste de l'humanité se préoccupait de récession, de la faillite de la Grèce et même de la fin du monde, les boursicoteurs en Europe sont rentrés chez eux avec le sourire aux lèvres pour le congé des Fêtes.

L'année 2012 a en effet été un fort bon millésime pour les grands indices boursiers du Vieux Continent. Et ce, même si la crise en zone euro atteignait un sommet.

La Bourse de Paris (CAC 40) s'est permis une hausse de 15 % cette année, tandis que le Dax allemand (Bourse de Francfort) grimpait de près de 30 %. Pas si mal pour une année qui aurait dû voir «la zone euro éclater», au dire d'un célèbre prophète de malheur, l'économiste Nouriel Roubini.

Loin d'être aveugles ou suicidaires, des investisseurs croient au contraire que l'Europe a touché le creux de la vague. Et certains experts, notamment au Fonds monétaire international, tablent sur une faible reprise économique en deuxième moitié de 2013, qui annoncera des jours meilleurs par la suite.

Des éclaircies, prédisent certains analystes

Difficile à croire, certes, surtout avec un taux de chômage de plus de 25 % en Grèce et en Espagne, dont les ventes de voitures et de maisons sont en chute libre. Et ce, en plus des plans d'austérité budgétaire tous azimuts.

Reste que les analystes notent des éclaircies dans plusieurs domaines. À cet égard, voici quelques raisons de croire que l'Europe commencera à remonter la pente en 2013:

LA BCE

Au dire de la banque d'investissement américaine Goldman Sachs, le vent a commencé à tourner avec un seul commentaire prononcé au coeur de l'été par Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE): «La Banque est prête à faire tout ce qu'il faudra pour préserver l'euro. Et croyez-moi, ce sera suffisant», a-t-il déclaré fin juillet avant d'injecter quelque 1000 milliards d'euros de liquidités dans le système financier. S'ensuivit un regain de santé des hommes malades de la zone euro - l'Espagne, le Portugal et, bien sûr, la Grèce - dont les coûts de financement sont en nette baisse depuis.

UNE EMBELLIE BUDGÉTAIRE

En épargnant des milliards pour financer leurs lourds déficits et en réduisant leurs dépenses, certains pays recommencent à respirer plus librement au plan budgétaire. Selon la banque Natixis, les États de la zone euro vont emprunter 794 milliards d'euros l'an prochain sur les marchés financiers, soit une baisse de 11,8 % sur un an et le montant le plus faible depuis 2008. Une preuve que les programmes d'austérité ne sont pas totalement vains.

L'ALLEMAGNE

Après un hiver qui sera difficile, l'économie allemande se prépare à un réchauffement au printemps 2013. Le ministère des Finances prévoit désormais une reprise des exportations en deuxième moitié 2013 et la confiance des milieux d'affaires est à la hausse.

LA GRÈCE

Le 18 décembre dernier, l'agence de notation Standard&Poor's a relevé la note du pays de six crans, la faisant passer de «défaut partiel» à «B-» après l'aide de 34 milliards d'euros consentie par ses partenaires européens. Cette note reste médiocre, mais elle atteste d'une sortie de la zone de grand danger. Un dirigeant influent de la BCE, Jorg Asmussen, prédit même que «l'économie grecque va probablement renouer avec la croissance en 2014».

COÛTS DE MAIN-D'OEUVRE

C'est le talon d'Achille de l'Europe depuis des décennies. Or, sous l'effet des réformes, les coûts manufacturiers sont depuis peu en baisse en Italie, en France et en Espagne, dont les exportations s'activent de plus en plus. Le coût unitaire de la main-d'oeuvre espagnole, par exemple, a diminué de 4 % depuis quatre ans et baisserait de 16 % d'ici 10 ans, prédit la Commerzbank. Bref, peu à peu, l'Europe redevient plus productive.

DES ENTRÉES DE FONDS

Finalement, la «balance du compte courant» - un paramètre économique qui mesure l'ensemble des échanges d'un État (biens, services et argent) avec l'étranger passera en zone positive en Europe en 2013, avance l'économiste Ruchir Sharma, de la firme Morgan Stanley. C'est là un tournant majeur. Car cela signifie que l'économie européenne va bientôt générer assez de fonds pour payer ses dettes extérieures et financer son expansion. Et, de rappeler M. Sharma, c'est à ce moment précis que les pays d'Asie du Sud-Est, dont l'Indonésie et la Thaïlande, ont commencé à s'extirper de la crise asiatique 1997-1998 et à retrouver la croissance.

Des embûches possibles

Évidemment, beaucoup de problèmes restent à régler outre-Atlantique. Et autant de menaces qui pèsent à l'arrivée du Nouvel An: le mur budgétaire américain, les sempiternelles disputes politiques en Europe ou encore, «que Dieu nous garde» disait récemment un analyste américain, le retour probable de Silvio Berlusconi aux commandes de l'Italie....

Reste que la zone euro a résisté aux pires tempêtes cette année, tout en réalisant des «progrès importants», clame Jean-Claude Trichet, ex-président de la BCE. On peut donc espérer que 2013 marquera le premier chapitre d'une autre Renaissance pour les Européens.

30 %

Hausse de la Bourse de Francfort (indice DAX) en 2012.

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