Après le BRIC, voici les «Next 11» et les «25 RGM»

L'Indonésie devrait faire partie des «10 plus grandes... (Photo : Bay Ismoyo, archives AFP)

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Photo : Bay Ismoyo, archives AFP

L'Indonésie devrait faire partie des «10 plus grandes puissances mondiales en 2020 et les six en 2030» selon la banque britannique Standard Chartered. Sa croissance économique affichera une moyenne annuelle de 6,4 % de 2013 à 2017.

Richard Dupaul

Vous croyez qu'il est trop tard pour «miser» sur les vedettes du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), dont les meilleurs jours sont peut-être derrière eux au bilan de la croissance économique. Surtout que ceux-ci ont démontré des signes de fatigue cette année...

Alors les investisseurs, les gens d'affaires ou les simples passionnés d'économie voudront surveiller en 2013 les futures stars qui se dissimulent en Asie du Sud-Est et en Amérique latine surtout.

Ce sont essentiellement des pays émergents de second rang, qui s'émancipent à l'ombre des géants du BRIC. La firme Goldman Sach les a baptisés les «Next Eleven» - un groupe hétéroclite de 11 pays dont le poids économique croissant équivaudra à celui du G-7 d'ici une quarantaine d'années, prédit-elle.

Ces «futurs champions de la croissance» sont l'Indonésie, le Nigéria, le Mexique, les Philippines et la Turquie, entre autres.

Certes, ces pays sont à des stades de développement différents, car on peut difficilement comparer deux autres «N-11» comme la Corée du Sud et le Bangladesh.

Reste que leur potentiel est énorme, rajoute la firme Ernst&Young qui a dressé une liste élargie de 25 pays promis à un bel avenir, incluant la Pologne, le Chili, l'Ukraine et le Qatar.

Et ces petits bolides sont déjà en marche. Ernst&Young estime que la croissance économique de son «top 25» - appelés aussi les 25 «RGM» («Rapid Growth Market») - touchera les 4,5 % cette année et 5,5 % en 2013, soit le double de la performance mondiale.

Jeunes consommateurs fringants

Qu'on préfère une liste ou une autre, plusieurs de ces futurs champions ont une chose en commun: ils sont l'antithèse des pays développés à bien des égards.

Là où l'Italie, le Japon ou même le Canada sont ralentis par une population vieillissante et une demande interne chancelante, l'Indonésie et la Turquie, par exemple, ont une gigantesque population jeune jouissant d'un revenu à la hausse. Bref: ils ont beaucoup de carburant dans le réservoir.

À cet égard, voici quelques données en vrac:

- Selon la Banque HSBC, quelque trois milliards de personnes se joindront d'ici 2050 à la «classe moyenne» mondiale, définie comme des gens ayant des revenus annuels de 3000 à 15 000 $US. Or, plus de la moitié viendra des pays émergents.

- L'âge moyen de la population aux États-Unis et en Chine est aujourd'hui de 39 et 35 ans respectivement, comparativement à 23 ans seulement aux Philippines. Autrement dit, les Philippins ont une énorme pouponnière de futurs consommateurs.

- Plusieurs pays émergents ont un marché domestique vigoureux qui les protège de la crise européenne, ce qui n'est pas toujours le cas des pays du BRIC. Si bien que l'Indonésie terminera 2012 avec une croissance de 6 %, les Philippines un solide 5,5 % et le Chili, une croissance de 5 %. Cela se compare à un taux prévu d'à peine 1,5 % cette année pour le Brésil qui dépend davantage des exportations.

Sans oublier que certains États d'Asie du Sud-Est, du Moyen-Orient et d'Amérique latine ont des situations budgétaires solides. Ils ont pu s'offrir des projets ambitieux d'investissement dans leurs infrastructures.

À surveiller: l'Indonésie

Or, s'il fallait parier sur un seul cheval capable de remporter la course à la croissance, plusieurs experts vous suggéreraient un nom: l'Indonésie.

Selon l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), cet énorme archipel affichera une croissance économique annuelle moyenne de 6,4 % de 2013 à 2017.

Quatrième pays le plus peuplé du monde, l'Indonésie a déjà une classe moyenne impressionnante: 50 millions de personnes, soit plus que celle de l'Inde. Or, ce bassin de consommateurs atteindra les 170 millions d'ici 2020, selon la banque britannique Standard Chartered.

Si bien que la consommation indonésienne représente déjà plus de 50 % de l'activité économique, rendant le pays moins vulnérable aux chocs extérieurs.

Sans oublier que le président Susilo Bambang Yudhoyono a débloqué cette année des milliards de dollars pour améliorer les routes, les ports et les aéroports, considérés comme la principale faiblesse du pays et un frein aux investissements étrangers.

Si tout va bien, l'Indonésie figurera «parmi les 10 plus grandes puissances mondiales en 2020 et les six en 2030», prédit Standard Chartered.

Évidemment, les Next Eleven et leurs émules ne sont pas sans reproches. Corruption et inégalités sociales sont des problèmes toujours actuels et une menace pour leur développement.

Reste que Karen Ward, économiste à la Banque HSBC, faisait cette remarque dans une récente note financière: «On assiste à un déplacement majeur de la demande (mondiale) (...) désormais, ce sont les consommateurs des pays émergents qui alimenteront la croissance économique».

Faites vos jeux.

***

10 vedettes montantes

Croissance économique réelle, après inflation par pays, excluant le BRIC.

[2011 (%)    |   2015 (%)]

Chili :                 6,2                4,4

Mexique :            4                 4,5

Ghana :              15                4,9

Pologne :           4,4                4,1

Qatar :              16,3               6,4

Turquie :            8,3                5,6

Ukraine :            5,1                5,9

Indonésie :         6,5                5,7

Vietnam :           5,9                6,9

Malaisie :           5,1                4,6

Source : Ernst & Young

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