La Banque d'Angleterre pourrait agir début 2013

La Banque d'Angleterre devrait finir l'année sur un statu quo monétaire, optant... (Photo: Bloomberg)

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Alice Doré
Agence France-Presse
Londres

La Banque d'Angleterre devrait finir l'année sur un statu quo monétaire, optant jeudi pour l'attentisme alors que l'économie britannique peine à se reprendre, mais les économistes tablent sur de nouvelles mesures de soutien en début d'année prochaine.

«Il est très peu probable que la Banque d'Angleterre apporte un cadeau de Noël anticipé à l'économie britannique», laissant le montant total de ses rachats d'actifs inchangés à l'issue de la réunion de décembre «malgré le risque concret et croissant d'un retour de l'économie du Royaume-Uni en récession au quatrième trimestre», a commenté Howard Archer, économiste chez IHS Global Insight.

Lors de sa réunion des 7 et 8 novembre, le Comité de politique monétaire (CPM) de la banque centrale britannique avait décidé de maintenir son taux directeur à 0,50%, niveau historiquement bas auquel il est fixé depuis mars 2009, et le montant total de son programme de rachats d'actifs - dit d'«assouplissement quantitatif» - à 375 milliards de livres sterling.

La dernière tranche de ce programme, d'un montant de 50 milliards de livres annoncée en juillet, avait été épuisée avant la réunion de novembre.

Le statu quo de novembre avait été largement anticipé par les experts, le Royaume-Uni étant officiellement sorti au troisième trimestre de neuf mois de récession, en enregistrant une forte croissance de 1%, la plus importante depuis cinq ans.

Mais la reprise économique reste fragile, comme l'a montré mercredi la révision à la baisse des prévisions officielles de croissance. En effet, le gouvernement, qui prévoyait en mars une croissance de 0,8% du Produit intérieur brut (PIB) cette année, s'attend désormais à un repli de 0,1%.

La Banque d'Angleterre avait d'ailleurs déjà estimé le mois dernier que l'économie britannique pourrait finir l'année sur une nouvelle contraction, et qu'elle s'avançait vers deux années encore ternes.

«Les commentaires (des membres) du CPM sont devenus plus prudents ces dernières semaines», a relevé Chris Crowe, économiste chez Barclays, laissant ainsi la porte ouverte à plus de rachats d'actifs si les perspectives de l'économie venaient à se dégrader de nouveau.

La Banque d'Angleterre est ainsi particulièrement attentive à l'évolution de la crise en zone euro, principal partenaire économique du Royaume-Uni, dont les perspectives restent sombres.

Un des neuf membres du Comité, David Miles, a d'ailleurs déjà suggéré en novembre une hausse de 25 milliards de livres du programme de rachats d'actifs.

Dans ce contexte, Vicky Redwood, économiste chez Capital Economics, s'attend à ce que le CPM annonce en février prochain une nouvelle tranche de 50 milliards de livres de rachats d'actifs, une attente partagée par de nombreux observateurs.

Sur le plan du taux directeur de l'institution, une baisse sous 0,50% a été évoquée par le Comité lors de sa réunion de novembre, mais même si elle était de nouveau évoquée en décembre, elle ne devrait pas être mise en place étant donné que les membres du CPM doutent globalement de son efficacité dans la conjoncture actuelle.

Howard Archer ne s'attend par ailleurs pas à ce que le taux soit relevé au cours des deux années à venir au moins, «étant donné la persistance de la fragilité de l'économie (britannique) et ses perspectives de reprise limitées par la politique d'austérité (du gouvernement) et par les problèmes et incertitudes en zone euro».

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