La Grèce soulagée

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«Une nouvelle journée commence pour tous les Grecs», a déclaré le premier ministre grec Antonis Samaras, se félicitant de l'accord de la zone euro, du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne annoncé à l'issue d'une réunion marathon à Bruxelles.

Hélène Colliopoulou
Agence France-Presse
Athènes

La Grèce espérait mardi prendre un nouveau départ grâce à l'engagement de ses créanciers UE-FMI, obtenu de haute lutte, à lui verser les prêts déjà promis et prendre les mesures nécessaires pour réduire enfin le poids de son énorme dette.

«Une nouvelle journée commence pour tous les Grecs», a déclaré le premier ministre grec Antonis Samaras, se félicitant de l'accord de la zone euro, du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne annoncé à l'issue d'une réunion marathon à Bruxelles.

Athènes, dont les caisses sont vides et qui a récemment été contrainte d'adopter un nouveau train de mesures de rigueur, avait attendu avec impatience depuis plusieurs semaines l'accord entre la zone euro et le FMI sur sa dette, qui était un préalable au déblocage des tranches des prêts retardés depuis des mois.

«Le cadre décidé à l'Eurogroupe est un nouveau départ dont le pays a besoin après neuf mois d'attente (...), c'est positif grâce aux sacrifices du peuple grec», a déclaré Evangélos Vénizélos, chef du Pasok socialiste et principal allié du gouvernement de coalition dirigé par le conservateur Antonis Samaras.

Sur la même ligne, Fotis Kouvelis, troisième partenaire de l'exécutif à la tête de la Gauche démocratique Dimar, a salué «un pas déterminant pour le maintien du pays dans la zone euro».

Les marchés européens ont accueilli prudemment mardi la décision sur la Grèce. En matinée, Paris gagnait 0,16%, Francfort 0,35%, Londres 0,31%, Madrid 0,25% et Milan 0,08%.

Après une hausse de 1% à l'ouverture, la Bourse d'Athènes n'a pas gardé le sourire longtemps: à la mi-séance, elle cédait 1,50%, à 831,60 points, tandis que l'indice bancaire chutait de 8,69%. Selon une source boursière, le marché restait dans l'attente de la recapitalisation des principales banques grecques, suspendue depuis des mois à l'injection des prêts UE-FMI.

Les Européens ont décidé de débourser un total de 43,7 milliards d'euros dont une première tranche d'un peu plus de 34 milliards devrait être versée le 13 décembre. Le solde se fera en trois tranches au cours du premier trimestre 2013.

Sur la question épineuse de la réduction de la dette grecque, point de désaccord entre FMI et zone euro, les deux parties se sont finalement entendues après plus de 13 heures de réunion pour qu'elle soit ramenée à 124% du PIB d'ici 2020, contre un objectif initial de 120% défendu par le FMI.

Cela représente un allègement d'environ 40 milliards d'euros d'ici à 2020, selon une source européenne. Sans mesures nouvelles, la dette aurait atteint 144% du PIB en 2020, un niveau jugé insoutenable par le FMI.

Le président français François Hollande a salué mardi cet accord, y voyant «le résultat positif d'une démarche engagée par la France depuis six mois» et «permettant de redonner une perspective à la Grèce (...) après les efforts qui lui ont été demandés».

La plupart des médias grecs se félicitaient aussi mardi de cette avancée, tout en soulignant que le pays avait dû accepter en contrepartie un renforcement «de sa surveillance» par ses créanciers pour la mise en oeuvre des réformes auxquelles il s'est engagé.

«Finalement (nous avons) la décision sur le versement et la dette», titrait le quotidien libéral Kathimérini en relevant «les conditions strictes du mécanisme de surveillance du pays».

Pour Ta Néa (centre gauche) «Les Grecs, qui ont pris des mesures dures, ont droit à un premier sourire, même si la décision de l'Eurogroupe n'est pas une solution à l'ensemble du problème de la dette grecque».

Le quotidien des rédacteurs (gauche) se montrait plus méfiant: «les exigences des créanciers condamnent la société grecque à une mort lente tandis que la solution pour la dette est de nouveau basée sur des alchimies comptables et renvoyée à l'avenir», estimait-il.

Contrainte à une austérité stricte après avoir recouru au mécanisme de sauvetage UE-FMI en 2010, la Grèce est plongée dans une grave récession pour la cinquième année consécutive tandis que le chômage touche actuellement un quart de la population active.

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