La Grèce en sursis cherche son salut à Bruxelles

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Le premier ministre grec Antonis Samaras (à gauche) et le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso, le 13 novembre 2012 à Bruxelles.

Agence France-Presse
Bruxelles

La zone euro a renvoyé à plus tard la solution au problème inextricable de la Grèce, qui a emprunté mardi quatre milliards d'euros pour éviter le défaut de paiement, et dont le premier ministre Antonis Samaras vient plaider à Bruxelles la cause de son pays.

Les ministres des Finances de la zone euro ont finalement décidé lundi soir, malgré l'urgence, de s'accorder huit jours de plus pour trouver un accord sur le déblocage d'une ligne de crédit de plus de 30 milliards d'euros gelée depuis juin.

Dans l'immédiat, le gouvernement grec est sauvé de la faillite. Il a en effet levé mardi 4,062 milliards d'euros en titres à très court terme, à des taux d'intérêt allant de 3,95% à 4,2%, ce qui doit lui permettre de rembourser vendredi quelque 5 milliards de créances -- une échéance un temps présentée comme potentiellement fatale.

«Notre objectif est d'atteindre un accord de principe le 20 novembre de façon à pouvoir le soumettre ensuite pour validation, puis (de mettre en route) la procédure de déboursement d'ici à la fin de ce mois», a affirmé mardi le ministre français des Finances Pierre Moscovici, en marge d'une rencontre qui réunissait cette fois à Bruxelles ses homologues de l'ensemble de l'Union européenne. Il faudra donc probablement une autre réunion, en plus de celle du 20 novembre, pour finaliser l'accord.

Pour parvenir au déblocage de l'argent, la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) doivent trouver le moyen de combler les besoins de financement grecs et d'assurer la viabilité de la dette d'Athènes. «Les discussions sont encore en cours», a souligné Pierre Moscovici.

Les Européens doivent trouver une solution au trou de financement de plus de 32 milliards auquel va faire face la Grèce d'ici 2016, notamment en raison d'un délai de deux ans que ses créanciers devraient lui concéder pour la tirer d'affaire. Plusieurs solutions sont à l'étude: un abaissement des taux d'intérêt des prêts déjà consentis à la Grèce ou un rachat par le pays d'une partie de sa dette à prix cassé.

Lors d'une conférence de presse commune mardi, le ministre français et son homologue allemand Wolfgang Schäuble ont confirmé qu'il n'était toujours pas question de procéder à une nouvelle restructuration de la dette grecque.

Le premier ministre grec était attendu mardi à Bruxelles pour presser les Européens de trouver une solution. Faute de l'argent qui lui a été promis, le pays se dirige tout droit vers le défaut de paiement.

Retenue par les bailleurs de fonds internationaux de la Grèce depuis juin afin de contraindre le pays à adopter un programme d'ajustement budgétaire musclé, cette tranche de 31,2 milliards d'euros est attendue impatiemment par la Grèce, dont les caisses sont vides.

«Nous avons (en) besoin, car la situation des réserves de l'État est limite», a rappelé ce week-end le ministre des Finances Yannis Stournaras. Ce dernier viendra expliquer la situation dramatique dans laquelle est plongé son pays depuis près de trois ans mardi après-midi devant les députés européens. Au même moment, le premier ministre grec rencontrera le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy après un entretien plus tôt avec le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso.

Les ministres des Finances de l'UE devaient de leur côté poursuivre mardi leurs discussions sur d'autres sujets tout aussi sensibles, comme le mécanisme de surveillance bancaire. Le budget européen, qui divise profondément les 27, fait l'objet d'une réunion à part entre ministres du Budget ou leurs représentants.

MM. Schäuble et Moscovici ont pour leur part profité mardi de cette réunion ministérielle pour réaffirmer ensemble qu'il n'y avait «aucun flottement» au sein du couple franco-allemand.

«Nous avons confiance dans la politique du gouvernement français. On ne donne pas des notes aux autres ... On se fait confiance», a ainsi assuré M. Schäuble, alors que la presse allemande avait fait état de craintes de Berlin sur un possible décrochage économique de la France. Interrogé pour savoir si la France était l'«homme malade de la zone euro», M. Schäuble s'est empressé de répondre par la négative.

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