La Chine nourrit l'inquiétude

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Les experts s'inquiètent d'un ralentissement dans l'«atelier du monde». L'industrie chinoise vient de connaître sa plus faible hausse de production en trois ans; les exportations stagnent; les ventes de détail augmentent moins que prévu; et les prix ont peu augmenté en juillet, laissant croire que la déflation menace le pays.

Richard Dupaul

(Montréal) Bon, ce n'est pas un indicateur économique très suivi, ni le plus reconnu. Certains lui accordent néanmoins une grande valeur.

Les ventes de montres de luxe - Rolex, Piaget et autres créations du genre - ont nettement ralenti cet été en Chine. Signe que les affaires piétinent au point de saper le goût du luxe, pourtant très marqué dans ce coin du monde.

En Chine, les gens d'affaires offrent souvent de belles montres à leurs clients ou à des officiels de l'État afin de renforcer des liens. Or, une enquête Bloomberg auprès de 11 des 13 plus grandes bijouteries de Hong Kong indique que les ventes de montres et de bijoux ont augmenté de seulement 3,1% en juin (variation annuelle). Cela se compare à une croissance annuelle qui frôlait les 60% un an plus tôt.

Si l'on doute de la capacité d'une Rolex de donner l'heure juste au plan économique, il reste que les boussoles des experts pointent dans la même direction: un ralentissement inquiétant est en cours dans l'«atelier du monde».

Investissements étrangers

Voici un aperçu des derniers «indices» les plus suivis: l'industrie chinoise vient de connaître sa plus faible hausse de production en trois ans; les exportations stagnent; les ventes de détail augmentent moins que prévu; et les prix ont peu augmenté en juillet ("1,8% sur un an contre 5% environ cet hiver), laissant croire que la déflation menace le pays.

Deux autres indicateurs plus pointus, publiés la semaine dernière, ont même ébranlé les plus optimistes.

D'une part, les investissements directs étrangers (IDE) en Chine ont plongé de 8,7% en juillet dans un contexte de ralentissement mondial, selon le ministère du Commerce. Cela fait suite à un recul de 6,9% en juin.

Depuis le début 2012, les IDE en Chine ont atteint 67 milliards de dollars canadiens, en baisse de 3,6% par rapport à la même période en 2011. Bref, l'attrait de l'empire du Milieu auprès du monde des affaires s'étiole rapidement.

D'autre part, les vannes du crédit - moteur essentiel de la consommation - se referment. À la grande surprise de plusieurs.

Les nouveaux prêts des banques ont brusquement chuté, passant de 920 milliards de yuans (146 milliards de dollars) à 540 milliards de yuans (84 milliards de dollars) - le plus bas niveau depuis septembre 2011.

Pourtant, le gouvernement avait relâché les conditions du crédit au printemps, en plus d'abaisser les taux d'intérêt afin de requinquer une économie affaiblie par la crise européenne.

Conclusion: selon le China Centre for International Economic Exchanges (CCIEE), «il n'y a eu jusqu'à présent aucun signe de rebond de l'économie». Pire encore, la production industrielle et la croissance économique pourraient «se tasser davantage au troisième trimestre», prévient la CCIEE.

Terminées les années dorées

Les grandes entreprises du secteur des ressources, qui ont grandement profité du boom économique chinois depuis 10 ans, sont ébranlées.

«Les années dorées en Chine sont terminées», a laissé tomber la semaine dernière un haut dirigeant du géant brésilien Vale SA.

Vale, qui exporte 44% de sa production de minerai de fer en Chine, ne voit pas de reprise avant la fin 2012. Autre preuve de la baisse de régime de la grosse machine chinoise: le prix du minerai de fer a chuté la semaine dernière à son plus faible niveau depuis 2009, faute d'une demande soutenue.

Il y a au moins une consolation: tous ces signes d'essoufflement devraient encourager les autorités chinoises à maintenir une politique monétaire stimulante. De nouveaux assouplissements des conditions du crédit sont même à prévoir d'ici deux semaines, selon la Deutsche Bank.

Des emplois en France

Les employeurs au Canada et aux États-Unis se plaignent qu'ils manquent de travailleurs qualifiés. Ils ne sont pas les seuls.

Malgré un taux de chômage en hausse à environ 10%, plus de deux entreprises sur cinq en France - soit 43% - se disaient incapables fin mai de recruter du personnel qualifié. Cela marque une hausse de 5% sur un an, selon une enquête de l'agence publique Pôle Emploi.

En pleine crise européenne, la France a besoin non seulement d'ingénieurs, mais aussi d'infirmières, de manutentionnaires d'équipements industriels ... et de cuisiniers.

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