G20: les vrais remèdes se font attendre

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Barack Obama et Hu Jintao entourent la chancelière... (Photo Jewel Samad, Agence France-Presse)

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Photo Jewel Samad, Agence France-Presse

Barack Obama et Hu Jintao entourent la chancelière allemande Angela Merkel après la conclusion des discussions du G20.

(Montréal) En mettant de l'avant la stimulation de la croissance économique, le G20 veut sans doute éviter qu'on tue le patient (les économies mal en point) d'une surdose d'un seul médicament (l'austérité budgétaire). Que le G20 veuille stimuler la demande à court terme, soit, mais c'est dans le moyen et le long terme que réside la solution à la crise actuelle, selon les économistes consultés par La Presse Affaires.

Les limites du court terme

François Dupuis

Économiste en chef, Mouvement Desjardins

«C'est sûr qu'on va essayer de gagner du temps en générant une plus forte croissance, mais au bout du compte, il va falloir que les ratios dette/PIB baissent», soutient François Dupuis.

Il y a des limites à stimuler la croissance, estime l'économiste. Et à un certain moment, il devient «un peu difficile, voire impossible» d'accomplir à la fois croissance et rigueur.

«À un moment donné, il faut passer par une période douloureuse d'ajustements.» M. Dupuis fait l'analogie avec la situation que le Canada a connue dans les années 90, même si l'ampleur n'était pas celle de la crise actuelle. «Quand le gouvernement a décidé de faire le ménage, ça a été difficile pendant quelques années», rappelle M. Dupuis.

Selon M. Dupuis, l'intention du G20 est probablement d'éviter une décroissance trop marquée. «Il faut un équilibre des mesures», précise-t-il. S'il y a stimulation de la croissance, cela devra passer par les banques centrales, car les gouvernements sont coincés avec leurs niveaux d'endettement. Mais malgré toute la bonne volonté du G20, «on voit dans une crise de si forte ampleur les limites des actions à court terme», souligne François Dupuis.

Il faut maintenant faire l'apologie de la patience. «C'est la décennie du rééquilibrage, dit-il. Il y a eu des excès, il faut que les ajustements se fassent. Les crises d'endettement prennent beaucoup d'années à se résorber.»

«C'est une phase de retour à la moyenne, ajoute-t-il. On a dépassé de beaucoup les moyennes historiques, donc il faut aller en dessous de la moyenne pour un certain temps. Je ne vois pas comment on peut s'en sortir sans une certaine rigueur ou un certain réalisme.»

La solution est européenne

Stéfane Marion

Économiste en chef et stratège, Financière Banque Nationale

En voulant soutenir la croissance, le G20 reconnaît qu'il n'y pas une solution unique qui s'applique à tous, selon Stéfane Marion.

Et si le G20 s'engage dans cette voie, c'est qu'il y a chez ses membres des pays qui mettent de l'avant des stimuli économiques, comme la Chine.

«Mais on est très loin du processus de synchronisation après la crise de 2008, alors que tout le monde avait des munitions et s'était mis à dépenser pour relancer l'économie.»

M. Marion convient que le G20 «devait faire front commun pour éviter un dérapage dans les marchés financiers». Il perçoit aussi chez le G20 une certaine volonté de limiter les impacts de l'austérité à court terme.

«Ce qui sera très important, c'est la solution aux problèmes structurels. On n'est pas obligé d'adopter une politique d'austérité à très court terme, on peut être moins sévère si on met en place des politiques de moyen terme pour conter les impacts budgétaires du vieillissement de la population.»

L'économiste rappelle toutefois que ce n'est pas au G20 que se réglera la crise européenne. Elle devra plutôt se régler à l'interne, et le prochain rendez-vous est la rencontre de la zone euro, les 28 et 29 juin à Bruxelles.

La commande n'est pas aisée. «La pérennité de la zone euro ne peut être acquise dans l'harmonisation des politiques sociales (âge de la retraite, politiques du travail, protections sociales) et ça, ça ne se fait pas en deux semaines», affirme Stéfane Marion.

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