- Accueil >
- Affaires >
- Économie >
- International >
- Chine: un «certain niveau de risque pour les exportateurs»
Chine: un «certain niveau de risque pour les exportateurs»
Photo Zhao Bing Jie, collaboration spéciale
Les stands québécois ont été populaires lors de la foire commerciale FHC China de Shanghai, qui attire 20 000 visiteurs. Les gâteaux de Sublime Dessert, faits à Saint-Laurent, ont attiré l'attention des Chinois, suscitant des craintes de copies.

Marie Allard, envoyée spéciale
La Presse
La Chine «représente un certain niveau de risque pour les exportateurs canadiens», selon Agriculture et Agroalimentaire Canada. Manque de protection juridique, non-cohérence des lois et des règlements, corruption et interférence bureaucratique sont les difficultés courantes rencontrées. La distribution peut aussi être chaotique. «Il est fréquent de perdre jusqu'à 33% du fret périssable à cause de la détérioration des marchandises», prévient le ministère canadien dans un récent rapport.
Roger McGraw, responsable du développement des affaires en Asie de Da Vinci, tente de faire entrer sa sauce à pizza en Chine. «Avec les divers problèmes de salubrité alimentaire qui ont tourmenté la Chine depuis trois ou quatre ans, y exporter de la nourriture est une longue tâche laborieuse», témoigne-t-il. Dès que la sauce sera acceptée, M. McGraw travaillera à exporter le pepperoni Da Vinci.
«Ça prend beaucoup de travail pour réussir sur le marché chinois. Ce n'est pas l'eldorado, prévient Nicolas Moisan, dynamique conseiller à l'exportation du Groupe export agroalimentaire Québec-Canada. Il faut être extrêmement méfiant. La culture d'affaires est très différente de celle des Québécois et les malentendus peuvent être nombreux. La clé, c'est de trouver un partenaire fiable.»
«Il n'y a pas énormément de success stories jusqu'à maintenant», reconnaît Daniel Dignard, directeur du bureau du Québec à Pékin. Industries Lassonde, producteur de jus de Rougemont, s'est retiré de Chine après y avoir lancé une usine... et perdu de l'argent. Même les géants Nestlé et Danone ont annoncé, lundi, la fermeture de certaines de leurs usines de crème glacée et de yogourt. Des décisions «imputables à la concurrence exacerbée sur le marché chinois, dominé par des fabricants locaux», selon des analystes consultés par l'AFP.
Festival de produits québécois à Pékin
«Notre objectif, c'est de permettre à des entreprises québécoises de devenir des championnes», soutient M. Dignard. Une histoire intéressante: celle de Cindy Lu, qui dirige Beijing MapleLive International, une boîte consacrée à l'importation de produits alimentaires de luxe du Canada. Parmi les faits d'armes de la pékinoise: l'organisation d'un festival québécois au chic centre commercial ShinKong Place, en collaboration avec le bureau du Québec à Pékin. Il s'y est vendu pour environ un demi-million de dollars de marchandises de chez nous, en 23 jours, l'été dernier.
«Les atouts des produits québécois, c'est qu'ils sont sûrs et santé», indique Mme Lu, une grande femme déterminée. Ils sont toutefois méconnus en Chine, rarement issus de hautes technologies et plus chers que ceux de pays concurrents, regrette-t-elle.
Jugés prometteurs, les suppléments Suprême et Nutra Collagen des Laboratoires Medelys - visant à améliorer la santé des articulations - sont vendus par Mme Lu. «Les Chinois reconnaissent les propriétés du collagène et y croient, se réjouit Jean-Yves Leroux, président de Medelys, de Dorval. J'attends beaucoup du marché chinois. On espère tous y faire fortune au début, mais il faut y aller progressivement. En même temps, si tu n'oses rien, tu n'as rien.»
Même ambition chez Marc Agathiadis, des cafés gourmets AGGA de Laval, qui espère exporter bientôt en Chine. «Je suis surpris par le savoir et le palais des Chinois, dit M. Agathiadis, qui a fait goûter ses expressos au salon FHC de Shanghai. J'ai la foi, mais je sais que les débuts ici seront un défi.»
------------------
EN CHIFFRES
36%: Revenu des Chinois urbains consacré à l'alimentation
20%: Taux d'obésité en Chine, contre 7% au début des années 90
61%: Poucentage des Chinois qui font fréquemmnt leur épicerie sur internet.
Sources : Rapport sur le passé, le présent et l'avenir de la Chine, Agriculture et Agroalimentaires Canada, juin 2010 et Perspective monde, Université de Sherbrooke
Partager |
|
Tweet |
|
La Presse Affaires vous suggère
Nourrir l'appétit de la Chine
La Chine - qui compte 1,3 milliard de bouches à nourrir - sera bientôt le premier importateur mondial d'aliments. Le Québec, dont les exportations... »
-
Chine: l'importance du guanxi
«Pour faire des affaires en Chine, il faut soit avoir quelque chose de très spécial à proposer, soit connaître du monde», dit Jean-Cristof Leduc... »
Les produits québécois vont-ils séduire les Chinois?
La Chine a importé pour 74 milliards de dollars de produits agroalimentaires de partout dans le monde, en 2010. Le porc canadien, dont les... »
L'avenir des ventes de sirop d'érable est-il en Chine?
Au ShinKong Place, luxueux centre commercial de la capitale chinoise, on trouve Chanel, Prada, Gucci. Et le Maple Garden, une boutique consacrée aux... »
Les Chinois ont de l'appétit pour le porc canadien
Des pattes de porc. Des oreilles, des museaux, des langues, des intestins. Tout du cochon se vend au marché Dong Jiao de Pékin. «De la tête à la... »
2012: Fitch abaisse ses prévisions de croissance pour l'Asie
L'agence de notation Fitch a revu à la baisse vendredi ses calculs de croissance pour l'Asie en 2012, reflétant les effets du ralentissement de... »
publicité
publicité
publicité
publicité