Sarkozy défend «une régulation sociale mondiale» devant le G20

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«A la régulation financière, à la régulation économique, il faut ajouter la régulation sociale», a dit le président français, Nicolas Sarkozy.

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    Joëlle Garrus

Nicolas Sarkozy a exhorté lundi ses partenaires du G20 à mettre en place une «régulation sociale» mondiale qu'il a définie comme un «socle de protection minimale dans tous les pays», devant le G20 des ministres du Travail réuni à Paris.

Les ministres du Travail du G20 ainsi que des institutions internationales sont réunis pendant deux jours pour inscrire des sujets sociaux comme l'emploi ou la protection sociale au coeur des travaux du G20, alors même que deux organisations internationales, l'Organisation internationale du travail (OIT) et l'Organisation de la coopération et du développement économiques (OCDE) redoutent une sérieuse dégradation du marché du travail.

Intervenant au premier jour de la réunion, Nicolas Sarkozy a rappelé que «la crise a provoqué des effets dévastateurs sur le marché du travail, 30 millions de chômeurs supplémentaires en moins de deux ans». «Le G20 ne conservera sa légitimité que s'il parvient à démontrer son efficacité en faveur de la croissance et de l'emploi», a-t-il dit.

«A la régulation financière, à la régulation économique, il faut ajouter la régulation sociale», selon le chef de l'État.

Cette réunion du G20 des ministres du Travail est dans le droit fil du sommet du G20 de Pittsburgh en 2009 qui s'était prononcé en faveur d'un «modèle de croissance mondiale plus équilibré» pour éviter une nouvelle crise mondiale et avait promis de promouvoir l'emploi.

La première session de travail lundi, à huis clos comme le reste des travaux, était consacrée à l'emploi, s'appuyant sur une analyse conjointe de l'OCDE et de l'OIT, très alarmistes pour l'emploi dans les années à venir.

Pour ces deux organisations, la récession économique mondiale pourrait se traduire par une pénurie massive d'emplois dans les pays du G20 en 2012.

«Nous devons endiguer le ralentissement de la croissance de l'emploi et combler les emplois perdus. C'est maintenant qu'il faut agir», a averti dans un communiqué le directeur général du Bureau international du Travail (BIT), Juan Somavia.

«Il faudrait que l'emploi croisse de 1,3% par an pour retrouver son niveau d'avant crise d'ici à 2015. Cela permettrait de récupérer quelque 20 millions d'emplois par an dans les pays du G20 et d'absorber les nouveaux entrants», a expliqué à Paris à la presse l'expert emploi de l'OCDE Stefano Scarpetta.

«Mais avec le ralentissement de la croissance économique, la croissance de l'emploi, de 1% seulement ces dernières années, pourrait ralentir à 0,8% et ce serait alors 40 millions d'emplois qui manqueraient d'ici à fin 2012», a ajouté l'économiste.

Il a exprimé l'espoir que le prochain sommet du G20 débouche sur «un engagement fort des pays du G20 en faveur de l'emploi».

Ce sommet doit se tenir les 3 et 4 novembre à Cannes (Alpes-Maritimes), après une série de réunions ministérielles préparatoires comme ce «G20 social».

Celui-ci réunit les ministres du Travail ou des Affaires sociales des 19 plus importantes puissances économiques de la planète ainsi que des représentants de la Commission européenne et d'institutions internationales (Banque mondiale, FMI ...).

Six autres pays ont été invités: l'Espagne, les Émirats arabes unis, qui président le conseil de coopération du Golfe, l'Éthiopie, à la tête du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad), la Guinée équatoriale, au nom de l'Union africaine, la Pologne, présidente en exercice de l'Union européenne, et Singapour.

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