Une firme québécoise mise à l'amende au Costa Rica

L'ex-directeur costaricain du Groupe EBI a prêté des milliers de dollars au... (Photo: Robert Mailloux, archives La Presse)

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Photo: Robert Mailloux, archives La Presse

(Montréal) Une société québécoise a été mise à l'amende au Costa Rica dans une affaire de corruption. Le Groupe EBI, entreprise de traitement des déchets établie à Berthierville, a payé l'équivalent de près de 20 000$ pour «dommages sociaux». Son ex-directeur costaricain a prêté des milliers de dollars au maire d'une ville où l'entreprise a bâti un dépotoir.

En septembre 2005, l'ancien directeur costaricain de l'entreprise, Juan Carlos Obando, a prêté l'équivalent de 45 000$US au maire d'Aserri, Mario Morales Guzman, selon le quotidien La Naciòn, qui a mis l'affaire au jour. Cette somme a permis à l'élu d'acquitter une dette hypothécaire.

À l'époque, EBI avait entrepris des démarches pour ouvrir un terrain d'enfouissement dans un quartier d'Aserri, El Huaso. La Ville lui avait déjà garanti que le projet était conforme à ses règlements de zonage. L'entreprise était en voie d'obtenir le feu vert des ministères de l'Environnement et de la Santé. Elle devait par la suite obtenir son permis de construction auprès de la municipalité, une formalité selon le responsable de la branche costaricaine de la société, Michel Sylvestre.

Le maire Morales a admis à La Naciòn que c'est lui qui avait demandé un prêt à Obando. Les révélations du quotidien ont amené le gouvernement à ouvrir une enquête. Au terme d'un procès qui s'est conclu le mois dernier, le maire Morales a été condamné à cinq ans de prison pour corruption. L'ex-directeur Obando a quant à lui écopé d'un an d'emprisonnement.

EBI a pour sa part conclu une entente à l'amiable qui l'engage à payer une amende de 9,7 millions de colons, l'équivalent de près de 18 000$CAN. Il s'agit d'une «indemnisation» versée à l'État pour «dommages sociaux», a affirmé à La Presse Miguel Cortés Chavez, procureur à l'éthique publique du Costa Rica.

«Ils ont été accusés d'un geste de corruption contre l'État, a affirmé l'avocat lors d'une entrevue téléphonique. Lorsque quelqu'un commet un tel geste, il faut payer des dommages sociaux.»

EBI se dissocie de l'affaire

Le responsable de la branche costaricaine d'EBI, Michel Sylvestre, affirme que l'entreprise n'y est pour rien dans cette affaire. Il affirme qu'Obando n'est plus directeur de la firme depuis «septembre ou octobre» 2005, mais il a agi à titre de consultant pour la société pendant quelques mois par la suite.

M. Sylvestre explique que la firme a versé des dizaines de milliers de dollars à Obando sous forme de salaire, mais aussi pour qu'il organise des consultations publiques sur son projet d'El Huaso. C'est cet argent qui a servi à faire un prêt au maire Morales, et ce, à l'insu d'EBI.

«Nous, on payait Obando, qui était notre directeur jusqu'en 2005, pour ses services, a résumé M. Sylvestre. Une fois qu'on l'a payé, l'argent était à lui.»

L'entreprise n'a pas fait face à des accusations pénales dans cette affaire, mais elle a été poursuivie au civil. Elle a préféré payer l'amende que les autorités lui réclamaient plutôt que de s'engager dans un long et coûteux procès, explique Michel Sylvestre.

Le Groupe EBI n'est pas considéré comme responsable des agissements de son ancien directeur. C'est pourquoi il n'aura aucun mal à poursuivre ses activités commerciales au Costa Rica, a indiqué le procureur Miguel Cortes Chavez.

La controverse n'a d'ailleurs pas empêché EBI d'ouvrir son terrain d'enfouissement à El Huaso en août 2007.

Le Groupe EBI exploite trois terrains d'enfouissement au Costa Rica. Au Québec, elle exploite en outre un dépotoir à Saint-Thomas-de-Joliette et un centre de tri à Joliette.

 

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