Banque mondiale et FMI peinent à faire concrétiser les promesses du G20

Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick.... (Photo Bloomberg)

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Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick.

Les réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, qui se sont achevées dimanche à Washington, ont révélé la difficulté de concrétiser les promesses du sommet du G20 de Londres dans la lutte contre la crise économique mondiale.

La principale avancée de ce sommet, qui avait été d'apporter plus de 1 100 milliards de dollars de ressources financières supplémentaires aux institutions multilatérales, dont la majeure partie au FMI, a fait l'objet d'un consensus.

Mais la présence des 185 États membres des deux institutions soeurs de Bretton Woods n'a pas permis d'enregistrer de nouvelle promesse de la part des gouvernements.

Dimanche, le Comité de développement s'est séparé sur un constat inquiétant, celui de la menace que représente la récession mondiale pour les habitants de la planète.

«L'économie mondiale s'est considérablement détériorée depuis notre dernière réunion (en octobre, ndlr). Cette évolution a des conséquences particulièrement graves dans les pays en développement où la crise financière et économique se transforme en catastrophe humaine et en désastre au plan du développement», a souligné le communiqué commun des deux institutions multilatérales.

Suivait cet appel pressant: «nous demandons instamment à tous les bailleurs de fonds de concrétiser plus rapidement la promesse qu'ils ont faite d'accroitre leur aide; nous devons quant à nous, examiner la possibilité d'aller au-delà de nos engagements actuels».

Le président de la Banque mondiale Robert Zoellick a constaté que les Objectifs du millénaire pour le développement, adoptés en 2000, et visant à réduire considérablement la pauvreté avant 2015 «ne devraient vraisemblablement pas être atteints pour la plupart».

Selon le FMI et la BM, «la crise a déjà fait basculer dans une extrême pauvreté plus de 50 millions de personnes, surtout des femmes et des enfants. Nous devons atténuer son impact sur les pays en développement et faciliter la contribution de ces derniers à une reprise mondiale».

«Personne ne sait combien de temps cette crise durera. Nous ne savons pas non plus à quel rythme se fera la reprise», a déclaré lors de la conférence de presse finale M. Zoellick.

Son ton tranchait avec l'optimisme des pays du G7 qui, deux jours plus tôt, avaient assuré que «l'activité économique devrait commencer à reprendre cette année».

Le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn a pour sa part tiré un bilan très positif pour le Fonds. «Le mouvement, le changement au sein du FMI est maintenant, je pense, clairement reconnu par les États membres», selon lui.

En revanche, les montants engagés et la volonté politique pour renforcer le rôle de la Banque n'atteignent pas les moyens massifs placés par les pays riches et émergents du G20 dans le FMI, qui a regagné une légitimité inattendue.

Pour compenser, M. Zoellick a affirmé que son institution était «entrée dans cette crise bien capitalisée», et qu'elle aurait les moyens d'augmenter fortement son aide aux pays en développement.

Les organisations non gouvernementales ont regretté le peu d'avancées.

«La Banque et le FMI ont dit tout ce qui était juste (...) Il est fort décevant par conséquent que ces réunions se soient terminées sans qu'il y ait assez sur la table pour venir en aide aux pays pauvres», a estimé Oxfam dans un communiqué.

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