Hausse des prix en vue à Montréal

De 2013 à 2016, les maisons à Montréal... (Photo André Pichette, Archives La Presse)

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De 2013 à 2016, les maisons à Montréal ont connu une hausse annuelle des prix de 2 % comparativement à 10 % pour Toronto.

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André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Montréal ne deviendra pas Toronto parce que cette dernière a décidé d'imposer une taxe immobilière pour les non-résidents. Mais en devenant de facto le marché le plus accueillant au pays pour les acheteurs étrangers, la deuxième ville la plus populeuse au Canada connaîtra une accélération des prix de l'immobilier dès cette année, croient les experts.

« Sur l'île de Montréal, je m'attends à ce que la hausse des prix des maisons varie entre 8 et 10 % en 2017 », affirme, sûr de lui, William Gong, courtier chez Engel & Völkers, spécialisé auprès de la clientèle chinoise. Des hausses de cet ordre de grandeur deviendront même la norme pour les trois à cinq prochaines années, poursuit-il.

Au premier trimestre 2017, la hausse du prix des maisons unifamiliales a atteint 5 % dans la région montréalaise et 9 % sur l'île de Montréal.

ACHETEURS CHINOIS

Un article paru dans La Presse en mars confirmait la présence d'acheteurs chinois dans le marché du luxe à Montréal depuis l'introduction de la taxe ciblant les étrangers à Vancouver, le 2 août 2016.

Ils ont acheté 17 % des maisons dans le créneau de la maison luxueuse de 850 000 $ et plus dans l'île de Montréal depuis le début de l'année. Les achats faits par les Chinois étrangers ont bondi de 78 % en un an. Ils sont actifs à Mont-Royal, Westmount, Hampstead, Kirkland et Dollard-des-Ormeaux, avait observé La Presse à partir des données de la firme JLR.

« C'est une excellente nouvelle pour Montréal et le Québec, dit pour sa part Marie-Yvonne Paint, courtière active dans le segment de marché de la maison luxueuse. Une taxe de 15 %, c'est quand même énorme sur une maison de 1 million. Ils vont réfléchir à deux fois. » 

« Je ne dis pas qu'on va avoir 100 % de la clientèle qui devait acheter à Toronto à Montréal. Le pourcentage ? L'avenir va nous le dire, mais on aura de bonnes répercussions. »

- Marie-Yvonne Paint

L'économiste Paul Cardinal, directeur de l'analyse de marché à la Fédération des chambres immobilières du Québec, n'est pas prêt à parler d'une hausse de prix dans les deux chiffres à Montréal en 2017, mais il reverra néanmoins à la hausse ses prévisions en fonction de plusieurs facteurs comme l'embellie de l'emploi, mais aussi de l'activité des acheteurs étrangers.

« Il y aura plus d'acheteurs étrangers qui vont regarder le marché de Montréal. C'était déjà le cas récemment. Est-ce que ce qui a été annoncé du côté de Toronto peut amplifier le phénomène ? Je pense que oui », se risque-t-il à dire.

AUCUN SIGNE DE SURCHAUFFE

Toutefois, l'effet ne sera pas majeur, selon lui. Il ne faut surtout pas s'attendre à de la surchauffe avec des hausses annuelles de prix de 30 % parce que Montréal part de loin. Le prix des maisons est trois fois moins élevé qu'à Toronto et qu'à Vancouver.

De 2013 à 2016, les maisons à Montréal ont connu une hausse annuelle des prix de 2 % comparativement à 10 % pour Toronto. Le marché de la revente y est beaucoup plus équilibré qu'à Toronto, et le taux d'inoccupation des logements locatifs, à 3,9 %, y est trois fois plus élevé que dans la Ville-Reine, à 1,3 %.

Hélène Bégin, économiste principale au Mouvement Desjardins, dit essentiellement la même chose. « Il n'y a aucun signe de surchauffe, et la progression des prix est loin d'être démesurée comme c'est le cas à plusieurs endroits en Ontario. » Elle n'exclut pas une légère accélération de la hausse des prix à l'échelle de la province de Québec, mais certainement pas de l'ordre de 10 %.

« Des mesures pour ralentir le secteur résidentiel, telles que celles appliquées à Vancouver l'été dernier et celles annoncées [jeudi] matin en Ontario, sont donc loin d'être nécessaires au Québec. »

- Hélène Bégin, économiste principale au Mouvement Desjardins

L'Association des professionnelles de la construction et de l'habitation du Québec est du même avis. « On se réjouit que les mesures aient été prises par les autorités provinciales et non pas par le gouvernement canadien qui aurait appliqué les mesures à l'ensemble du pays », dit William-François Simard, vice-président, développement stratégique et communications, de l'APCHQ. « On va surveiller le marché de près et on va demeurer en contact avec les différents paliers de gouvernement dans les prochains mois parce qu'on ne veut pas d'un marché qui tombe en surchauffe à Montréal. »

Réaction de Québec

« On suit de près la situation, mais elle est encore bien différente à Montréal par rapport à Vancouver ou Toronto. La spéculation observée là-bas n'est pas à Montréal. Le phénomène, on l'observe un petit peu quand même, mais dans une proportion qui est très raisonnable encore. Le phénomène à Montréal reste marginal, le marché n'a pas l'agressivité constatée ailleurs. Il n'y a pas eu d'échanges avec la Ville de Montréal à ce sujet. Imposer un mécanisme similaire à Toronto pour Montréal actuellement aurait un impact négatif sur le marché. »

- Cabinet du ministre des Finances du Québec

- Denis Lessard, La Presse

Prix des maisons en mars 2017

RMR de Vancouver : 919 300 $ (1)

RMR de Toronto : 916 567 $ (2)

RMR de Montréal : 300 000 $ (3)

(1) prix moyen, indice MLS Composite, tous logements résidentiels confondus (maisons et condos)

(2) prix moyen, tous logements résidentiels confondus

(3) prix médian, maisons unifamiliales (détachées, jumelées, maisons en rangée)

Sources : chambres immobilières des régions de Vancouver, Toronto et Montréal




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