Projet de bureau de plusieurs millions bloqué à Parc-Extension

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Le Groupe Mach avait l'objectif de densifier sa propriété du 405, avenue Ogilvy en construisant un immeuble de bureaux de 60 000 pi2 entre l'immeuble existant et la voie ferrée.

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André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Un important promoteur de Montréal s'est fait refuser un projet de bureaux de quelques dizaines de millions parce qu'il était trop près de la voie ferrée, à proximité de la gare de train de banlieue Parc.

Promoteur-propriétaire d'envergure à Montréal, Groupe Mach possède entre autres la mairie de l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, au 405, avenue Ogilvy. L'ancien studio télé de CFCF 12 dispose de vastes stationnements sur le côté est et à l'arrière du bâtiment principal. Mach avait l'objectif de densifier sa propriété en construisant un immeuble de bureaux de 60 000 pi2 entre le 405, Ogilvy et la voie ferrée.

Propice à la densification, le terrain bénéficie d'une excellente localisation à proximité d'une gare de train et de la station de métro Parc.

« Nous avons reçu l'aval des fonctionnaires et l'aval du comité consultatif d'urbanisme, dit Pierre-Jacques Lefaivre, vice-président développement chez Mach. Au conseil d'arrondissement, la mairesse a rejeté le projet parce que c'était trop proche de la voie ferrée, même si l'usage était conforme au schéma puisqu'il n'y a pas de norme concernant les bureaux. »

NOUVELLE RÉGLEMENTATION

Le refus a été prononcé à l'automne 2014, soit avant l'entrée en vigueur du nouveau schéma d'aménagement de l'agglomération qui prévoit, pour la première fois, des restrictions concernant la construction et la transformation de bâtiments résidentiels et à usage sensible (garderies, hôpitaux, écoles, résidences pour personnes âgées) aux abords des voies ferrées.

L'arrondissement savait que la réglementation allait prochainement entrer en vigueur et a décidé de l'appliquer sans attendre. À noter que le schéma ne prévoit pas de zones tampons de la sorte pour les immeubles commerciaux, industriels ou de bureaux.

« Nos locataires potentiels sont allés s'implanter dans d'anciens bâtiments industriels le long de cette même voie ferrée, fait remarquer M. Lefaivre. Les bâtiments existants ont des droits acquis. Donc, la sécurité publique dans les bâtiments existants, ça n'existe pas, mais dans les nouveaux, ça existe. »

«Aujourd'hui, construire le stade Uniprix du parc Jarry serait illégal.»

Pierre-Jacques Lefaivre
VP développement, Groupe Mach

Selon M. Lefaivre, l'arrondissement de Villeray est plus sévère que le reste de la ville dans l'application du schéma d'aménagement. La raison serait, selon lui, que la mairesse Anie Samson siège à un comité transfrontalier sur la cohabitation avec les chemins de fer. Mme Samson est responsable de la sécurité publique au comité exécutif.

Après ce refus, Mach a proposé un second projet sur le site, construisant le bâtiment à l'arrière du 405, Ogilvy plutôt qu'à côté. Dans cette version, ce sont les stationnements qui voisineront les rails. L'arrondissement n'en veut pas plus, selon M. Lefaivre. « Il veut plus d'espaces verts. Ça devient de l'expropriation déguisée sans compensation financière », se plaint-il.

L'arrondissement soutient qu'il applique exactement les mêmes dispositions qu'ailleurs en ville.

« Le projet initial du groupe Mach a été refusé parce qu'il était à 6 m de la voie ferrée », avance la mairesse Anie Samson. Mais sur quelles bases refuser le projet de bureaux si le schéma d'aménagement ne contient pas de dispositions relativement aux immeubles commerciaux et de bureaux situés à proximité des rails ?, lui avons-nous demandé.

Mme Samson justifie son refus en suivant les lignes directrices de la Fédération canadienne des municipalités. Celles-ci recommandent d'instaurer une zone tampon de 15 m entre la voie ferrée et tout nouveau bâtiment industriel, commercial ou de bureaux. « Ces lignes directrices seront intégrées au nouveau plan d'urbanisme de la Ville sur lequel on travaille actuellement », a fait savoir Mme Samson.

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