Regain d'intérêt pour le marché locatif, selon Desjardins

Le regain d'intérêt à l'endroit du marché locatif remarqué au Québec ne devrait... (Photo Alain Roberge, archives La Presse)

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Le regain d'intérêt à l'endroit du marché locatif remarqué au Québec ne devrait pas s'estomper, selon le Mouvement Desjardins, qui justifie cette tendance par la flambée des prix des maisons ainsi qu'un resserrement des règles hypothécaires.

Une nouvelle étude réalisée par l'économiste principale Hélène Bégin souligne que la situation a forcé les promoteurs immobiliers à s'adapter, puisque les mises en chantier d'appartements ont notamment bondi de 20% l'an dernier dans la province.

«Le marché locatif avait été délaissé au début des années 2000 en raison des faibles taux d'intérêt, souligne-t-elle. De jeunes ménages en ont profité pour accéder à la propriété, mais la situation a changé.»

Mme Bégin estime que la hausse des prix des dernières années ainsi que la réduction d'amortissement maximale de 30 à 25 ans pour les prêts hypothécaires dont la mise de fonds est inférieure à 20% ont fait fondre le bassin d'acheteurs.

Malgré une demande plus forte à l'endroit des logements, le taux d'inoccupation oscille autour de 3% - loin du 1% constaté au Québec ainsi qu'en Ontario au début des années 2000 -, ce qui est «sain», d'après Mme Bégin.

«Il y a peu de logements locatifs disponibles mais c'est suffisant pour aider les locataires à trouver ce qu'ils recherchent, dit-elle. Les loyers augmentent à un rythme qui s'approche de l'inflation, soit autour de 2%.»

Dans la région de Québec, le taux d'inoccupation a toutefois tendance à être en deçà de 3% en ce qui a trait aux logements dont le loyer mensuel est inférieur à 500 $, alors que dans la région métropolitaine, les appartements dont le loyer oscille entre 700 $ et 899 $ par mois semblent être plus en demande.

Les taux d'inoccupation sont également supérieurs à 3% sur l'île de Montréal, dans la région métropolitaine, sur la Rive-Sud ainsi que dans la région de Québec pour les appartements «haut de gamme». Ce taux est toutefois de 2% à Laval.

L'économiste principale du Mouvement Desjardins croit ce taux devrait demeurer stable au cours des prochaines années, entre autres parce que les promoteurs immobiliers - qui construisent davantage d'unités locatives - semblent avoir «flairé la demande».

«La vente de copropriétés apparaît plus difficile pour certains projets, ce qui accroît le risque pour les promoteurs, explique-t-elle. Le marché québécois (locatif) se maintient en situation d'équilibre.»

La hausse du prix des maisons n'est pas la seule raison qui devrait faire en sorte que l'intérêt des jeunes ainsi que des nouveaux arrivants à l'endroit des logements est davantage qu'une mode passagère, croit Mme Bégin.

Selon elle, des hausses de taux d'intérêt ainsi que des taux hypothécaires devraient faire en sorte de rendre encore plus difficile l'achat d'une maison pour ceux et celles qui ne sont pas encore propriétaires.

L'étude souligne que les personnes qui deviennent propriétaires sont surtout âgées entre 25 et 44 ans, mais que cette cohorte se tourne de plus en plus vers les logements en raison d'un accès plus difficile à la propriété.

Mme Bégin croit également que la construction de nouvelles unités locatives devait susciter l'intérêt des aînés, qui sont de plus en plus nombreux au Québec.

«Le marché du condo est actuellement un peu plus incertain, notamment avec les frais communs assez élevés, explique l'économiste. Pour les personnes âgées, un retour vers le locatif (...) avec peu de frais associés à la location, ça peut être très porteur, surtout avec davantage de constructions neuves (sur le marché).»

L'étude relève également que l'investissement dans l'immobilier semble toujours avoir la cote, en dépit du peu de «bonnes occasions d'achat» ainsi que de la concurrence de plus en plus grande entre les vieux et les nouveaux immeubles.

«Ceux qui doivent faire des rénovations nécessaires pour les maintenir en bon état, c'est bien, mais dans le cas contraire, ça peut devenir plus risqué pour les investisseurs en ce qui a trait à la rétention des locataires», observe Mme Bégin.

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