Les stations de métro les plus et les moins chers où habiter

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Un immeuble à condos situé au-dessus du métro... (Photo Alain Roberge, La Presse)

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Photo Alain Roberge, La Presse

Un immeuble à condos situé au-dessus du métro Place-des-Arts.

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Habiter près du métro, c'est pratique, mais quel prix faut-il y mettre? Selon une étude récente sur les prix marchands des condos à proximité des stations montréalaises, il s'avère tout à fait possible d'habiter près d'une bouche de métro pour moins de 250 000$.

Les stations les moins chères

MONTMORENCY

207 000$

43 transactions

Montmorency est la station la plus éloignée du centre-ville de la ligne orange et la moins chère de tout le réseau métropolitain, malgré l'inflation des dernières années. Dans les zones limitrophes aux trois stations lavalloises, «les prix ont plus que doublé depuis l'ouverture du métro», a constaté Ünsal Özdilek, professeur en immobilier à l'UQAM. Il a déjà travaillé à des recherches portant sur l'impact de la proximité du métro sur la valeur foncière des propriétés. Sur la ligne orange, les prix montent tranquillement de Montmorency jusqu'à Jean-Talon, la hausse s'accélère ensuite pour culminer à Sherbrooke. Le prix tombe brusquement à Berri-UQAM avant de remonter jusqu'à Lucien-L'Allier, aux abords du Centre Bell. Par la suite, les valeurs redescendent jusqu'à Place Saint-Henri. Les prix entreprennent une dernière remontée jusqu'à Villa-Maria avant de glisser jusqu'au terminus Côte-Vertu, dans l'arrondissement de Saint-Laurent.

FRONTENAC

222 025$

140 transactions

Hausse du prix depuis 2008: + 21%

Sur la ligne verte, Frontenac, Viau et Papineau vont à l'encontre de la logique voulant que plus on s'approche du centre-ville, moins ce soit cher. Dans le voisinage de ces stations, les condos se vendent à des prix plus abordables qu'à Cadillac, Radisson ou Honoré-Beaugrand, situées sur la même ligne, mais plus à l'est. «C'est le quartier [qui explique leur abordabilité]. Il y a le stigma, ce qu'on appelle en évaluation les forces sociales. Or, le stigma, c'est très puissant», dit Manon Soucy, enseignante au collège Montmorency en technologie de l'estimation et de l'évaluation en bâtiment. Frontenac est située dans le quartier Centre-Sud, l'un des plus pauvres à Montréal. Néanmoins, comme bien d'autres quartiers populaires, par exemple Saint-Henri et Hochelaga-Maisonneuve, le Centre-Sud est en phase d'embourgeoisement tranquille.

À preuve, ces 140 transactions de condos survenues dans la seule année 2012. Visiblement, les abords de la station Frontenac n'inquiètent plus autant les acheteurs qu'auparavant. Le nombre d'achats de condo a plus que doublé en cinq ans. Le nombre de transactions a aussi explosé à la station Viau, passant de 38 en 2008 à 117 l'an dernier.

VIAU

231 829$

117 transactions

Hausse du prix depuis 2008: +19%

Les plus chères

PEEL

717 500$

64 transactions

Appréciation des valeurs depuis 2008: + 27%

À un prix médian de 717 500$, la station Peel est dans une classe à part sur le réseau. Située au coeur du centre-ville, desservant à la fois les Cours Mont-Royal, la rue Sherbrooke, les condos du Ritz-Carlton et le Golden Square Mile, la station ne devrait pas perdre son rang dans un avenir prévisible. «Ce qui influence le prix d'un condo, à part sa dimension, c'est la valeur du terrain. C'est autour de la station Peel que les terrains sont les plus chers dans la région de Montréal», souligne Gilles Ouellet, consultant en marketing immobilier.

OUTREMONT

403 000$

85 transactions

Appréciation depuis 2008: + 28%

La station de la ligne bleue traverse un quartier résidentiel huppé et le prix médian des copropriétés vendues dans un rayon de 500 m autour de l'édicule de métro le reflète fidèlement. Sur la ligne bleue, d'ailleurs, les prix fluctuent d'une station à l'autre en fonction des profils socioéconomiques des quartiers. Deux exemples: la station De Castelneau, à proximité du parc Jarry, dans Villeray, affiche un prix médian de 317 497$, en progression de 34% depuis 2008 avec l'aménagement des condos sur les terrains de l'ancien Institut des sourds et muets, au 7200, boulevard Saint-Laurent. La station suivante, Parc, dans le quartier Parc-Extension, fait figure d'aubaine avec un prix médian de 235 000$. Dans ce secteur, les condos sur le marché sont surtout le fruit de la conversion de bâtiments existants en copropriétés divises.

VILLA-MARIA

451 650$

26 transactions

Les plus populaires

GUY-CONCORDIA

353 transactions

Prix médian: 262 000$

ATWATER

311 transactions

Prix médian: 261 375$

Dans ce secteur du centre-ville, l'année 2012 a été marquée par la prise de possession des copropriétés du Séville dans la rue Sainte-Catherine, juste à l'est de l'ancien Forum. Ce lotissement de 450 copropriétés, situé à mi-chemin entre les stations Atwater et Guy-Concordia, connaît un vif succès. Les unités se sont vendues en quelques heures. Environ 60 unités ont été acquises en 2012 par des membres de la communauté chinoise.

De petite taille, les superficies vont de 420 à 1100 pi2, les copropriétés du promoteur Prével et de la société Claridge, de Stephen Bronfman, se vendaient entre 170 000$ et 450 000$, des prix abordables pour le secteur. En raison d'ailleurs de leur abordabilité et de leur nombre, les condos du Séville colorent les données pour les stations Atwater et Guy-Concordia. Par rapport aux années passées, le nombre de transactions a bondi et le prix de vente médian est plus bas que jadis. Auparavant, le prix médian variait autour de 400 000$ à la station Atwater et aux environs de 300 000$ à Guy-Concordia.

ANGRIGNON

292 transactions

Prix médian: 257 505$

Appréciation de prix depuis 2008: +17%

Même si les trois stations les plus populaires du réseau de métro auprès des acheteurs de condos appartiennent à la ligne verte, les ventes de condos se sont réparties à peu près également entre les lignes orange et verte, avec environ 2700 ventes pour chacune des lignes. La ligne bleue, plus courte avec 12 stations seulement, a été le théâtre de 500 transactions en 2012, un nombre stable depuis 5 ans. Sur la ligne verte, de façon générale, les prix varient d'une station à l'autre d'Honoré-Beaugrand à Frontenac. Puis, ils se mettent à monter sérieusement à partir de Papineau jusqu'à Peel. Ils baissent temporairement à Guy-Concordia avant de remonter à Atwater. De Lionel-Groulx à Angrignon, les prix ont tendance à baisser, mais il y a des soubresauts le long de la ligne.

«Dans la Petite-Bourgogne, le métro intéresse les ménages qui ont un enfant aux études postsecondaires, mais pour les professionnels, d'autres critères sont plus importants, comme la proximité du marché Atwater, si le condo est rénové ou non, la présence d'un garage ou d'une place de stationnement», dit Sid Alavi, courtier immobilier Sutton, actif dans le sud-ouest de Montréal depuis 1986. D'après ce professionnel de l'immobilier, la proximité du métro devient plus désirable pour les acheteurs à Verdun et à LaSalle, qui sont plus éloignés du centre-ville que la Petite-Bourgogne.

L'opinion d'un promoteur

«La proximité du métro, tout comme l'importance de la localisation, va devenir encore plus importante dans les prochaines années en réaction au ralentissement du marché à la suite du resserrement des règles de financement hypothécaire [par le gouvernement fédéral]», dit Jules Maltais, associé de Construction Bourbeau Maltais qui a bâti les condos Espace Ranger, sur la rue Ranger, à Ahuntsic-Cartierville. Il se spécialise dans les projets bois et briques de 18 à 30 unités dans les quartiers centraux. On lui doit le lotissement Centre 2, à Pointe-Saint-Charles, près de la station Charlevoix.

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