Lac-Mirabel: poursuite contre le vendeur des terrains

Portrait du projet récréo-touristique Lac-Mirabel qui n'a jamais... (Photo Robert Mailloux, archives La Presse)

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Photo Robert Mailloux, archives La Presse

Portrait du projet récréo-touristique Lac-Mirabel qui n'a jamais vu le jour.

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Le grand projet Lac-Mirabel a beau être mort et enterré, il continue de faire couler de l'encre. Le 4 avril, un acheteur éconduit a lancé une poursuite contre l'Américain Sheldon Gordon et certaines de ses sociétés pour 53 millions de dollars. Il leur reproche d'avoir vendu les terrains convoités en bordure de l'autoroute 15 à un tiers en dépit de l'existence d'une promesse d'achat acceptée et négociée liant les parties.

Cette poursuite est un nouveau chapitre au livre des péripéties qu'a connues ce terrain vacant, l'un des plus en vue de la région montréalaise.

Il s'agit du lieu qui devait recevoir le fameux projet Lac-Mirabel du promoteur Rubin Stahl, concepteur du West Edmonton Mall, auquel s'est joint Sheldon Gordon, du Gordon Group. Lors de sa première annonce en 2004, le projet proposait un lac artificiel, un aquarium couvert, un centre de divertissement et un mail commercial de 2 millions de pieds carrés. Rien de tout cela n'a vu le jour.

Le 21 mai 2012, Simon Property Group, Calloway REIT et SmartCentres ont annoncé la construction d'un Premium Outlet Center sur ces terrains. Dans sa première phase, le projet prévoit 80 magasins pour un total de 350 000 pieds carrés. Simon Property est l'une des plus importantes sociétés immobilières du monde, tandis que Calloway est une fiducie de placement immobilier canadienne et SmartCentres, un propriétaire et promoteur de centres commerciaux, avec plus de 200 réussites à son actif.

Droit de premier refus

Dans sa poursuite, dont les allégations n'ont pas été prouvées en cour, Ian Quint soutient avoir été roulé par Sheldon Gordon, de même que par ses propres partenaires Ray Junior Courtemanche et Daniel Proulx. Il leur réclame, grosso modo, la différence entre le prix auquel les terrains ont finalement été vendus et celui apparaissant dans son offre d'achat, soit 4,82$ le pied carré.

M. Quint réclame aussi un dédommagement pour un lot de 910 000 pieds carrés pour lequel, affirme-t-il, il détient un droit de premier refus, droit qu'il n'a évidemment pas pu exercer en raison de la tournure des événements.

Ian Quint est directeur du développement, de la construction et de la location de l'entreprise Quintcap, un promoteur de longue date sur la Rive-Sud, présidée par Ted Quint.

Joint au téléphone, Ian Quint s'est montré avare de commentaires. Son avocat n'a pas rappelé La Presse.

D'après les informations que La Presse a consultées, M. Quint voulait acquérir des terrains d'une superficie totale de 7,2 millions de pieds carrés, en collaboration avec Daniel Proulx et Ray Junior Courtemanche.

L'offre d'achat de M. Quint a été déposée le 25 novembre 2011 et elle a fait l'objet de négociations jusqu'au 1er mai 2012, soutient M. Quint, quand l'essentiel des clauses et des conditions ont été acceptés par les deux parties. Le 3 mai, Sheldon Gordon a fait mention à M. Quint d'un détail technique à modifier. Dans un autre courriel le lendemain, M. Gordon confirmait, toujours selon la version de M. Quint, que l'accord était prêt, y compris les documents annexés.

Puis, ce fut le silence radio jusqu'au 22 mai quand M. Gordon a annoncé à M. Quint qu'il avait vendu à SmartCentres un lot de 2,2 millions de pieds carrés, destiné à recevoir des grandes surfaces.

M. Gordon a suggéré à La Presse de communiquer avec son procureur, George Pollock. «C'est une action dénuée de tout fondement, a dit au téléphone l'avocat du cabinet Davies. Il y aura une contestation qui sera déposée en temps et lieu, et c'est l'intention de mes clients de réserver leurs droits contre M. Quint pour tout dommage qu'ils pourraient subir à cause de l'action qui a été prise.»

Accord secret

Quant à MM. Proulx et Courtemanche, de l'entreprise Cité de Mirabel, M. Quint les accuse de l'avoir laissé tomber. Ceux-ci devaient, selon M. Quint, acheter la propriété de Gordon conjointement avec lui, avant d'essaimer la portion résidentielle du terrain, M. Quint conservant la portion commerciale. «Sans avis préalable, les partenaires résidentiels ont esquivé le plaignant et ont préféré conclure un accord secret avec les vendeurs», lit-on dans la requête de M. Quint.

Le cabinet Fasken Martineau, avocat de Cité de Mirabel, propriété de Daniel Proulx et Ray Courtemanche, n'était pas disponible hier. Des commentaires sont attendus lundi.

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