Tidan a payé 10 millions pour l'ex-hôtel Godin

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L'hôtel de 136 chambres, situé au coin de la rue Sherbrooke et du Boulevard Saint-Laurent.

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Ceux qui font fortune dans l'immobilier ne paient habituellement pas cher pour leurs immeubles.

Le groupe Tidan, de Montréal, s'est offert l'ex-hôtel Godin pour la somme de 10 millions de dollars à la fin de 2012, une propriété dont la conversion en chic hôtel-boutique avait coûté 30 millions au début des années 2000. L'immeuble a ensuite été revendu 25 millions en 2007.

La propriété porte désormais le nom d'Hôtel (10), pour souligner le 10e établissement hôtelier du groupe Tidan qui possède aussi le Mount Stephen Club, rue Drummond. Propriété de Mike Yuval et Jack Sofer, Tidan gère notamment l'Hôtel Maritime Plaza, coin Guy et René-Lévesque Ouest.

Tidan a acheté le Godin des mains du séquestre PricewaterhouseCoopers en 2012. L'établissement de 136 chambres, situé au coin de la rue Sherbrooke et du boulevard Saint-Laurent, n'a pas encore 10 ans, mais il a déjà fait couler beaucoup d'encre.

La première équipe de gestionnaires, dirigée par Massimo Lecas, avait été incapable d'obtenir un permis d'alcool à cause d'infractions dans ses autres établissements licenciés, le Globe et le Buona Notte.

Partenaires du groupe Lecas dans l'aventure du Godin, la Caisse de dépôt et le mécène Daniel Langlois avaient finalement réussi à chasser M. Lecas de son poste de DG en mai 2006. Le permis d'alcool avait suivi peu de temps après.

La Caisse a ensuite vendu l'hôtel à Trilogy Properties Corporation, propriétaire de l'hôtel Opus Vancouver en juillet 2007, pour 25 millions, selon l'acte de vente. Le nouveau maître a rebaptisé les lieux Opus Montréal.

Le président et chef de la direction de Trilogy, John Evans, a mis sa fille Katherine Evans responsable de l'établissement. Or, la crise financière de 2008 arriva et, avec elle, les problèmes financiers.

L'hôtel a déposé un avis de proposition à ses créanciers en vertu de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité en octobre 2011. Les créances s'élevaient à près de 50 millions.

Un gestionnaire douteux

Un article de la Gazette, à l'époque, faisait état de pratiques de gestion discutables de la part du couple formé par Katherine Evans et son conjoint Elio Pagliarulo. Certains fournisseurs propriété de l'un ou l'autre facturaient le gros prix à l'établissement hôtelier déficitaire.

M. Pagliarulo s'est fait connaître du public cet automne par son témoignage à la commission Charbonneau au cours duquel il a décrit les hauts et les bas de ses partenariats d'affaires avec Paolo Catania de Construction F. Catania, du nom du père Frank Catania.

Pendant une quinzaine d'années, Elio Pagliarulo a côtoyé Paolo Catania. Les deux hommes ont longtemps exploité une entreprise de prêt usuraire.

L'amitié entre Catania et Pagliarulo s'est toutefois brisée quand trois emprunteurs ont fui le pays en laissant derrière eux une dette de 1,8 million. Frank et Paolo Catania auraient insisté pour que Pagliarulo les rembourse. Incapable de le faire, Elio Pagliarulo a déclaré faillite en 2009.

L'homme dit avoir alors reçu de nombreuses menaces à partir de décembre 2008. En août 2009, Pagliarulo a été enlevé et sévèrement battu pendant trois heures. Ses agresseurs lui ont intimé l'ordre de rembourser les Catania. Des fleurs mortuaires ont même été déposées devant le domicile de son ex-femme la même semaine.

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