Pierre Lapointe, PDG d'ArcelorMittal: un actif vital pour la Côte-Nord

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Pierre Lapointe, PDG ArcelorMittal

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La société minière ArcelorMittal est au coeur de l'activité économique des municipalités de Fermont et de Port-Cartier, sur la Côte-Nord, où elle assure du travail à plus de 2400 personnes avec ses activités d'extraction et de transformation du minerai de fer à son gisement du mont Wright, son réseau de chemin de fer ainsi que son usine de bouletage et ses installations portuaires de Port-Cartier.

« On a des réserves de fer qui nous assurent de rester en activité jusqu'en 2045 », renchérit Pierre Lapointe, PDG d'ArcelorMittal Exploration minière Canada.

L'annonce la semaine dernière de la reprise des activités par la société minière Champion du gisement de minerai de fer du lac Bloom, à Fermont, a été accueillie avec soulagement par la population de la Côte-Nord.

Quelque 400 travailleurs vont participer à la relance du gisement du lac Bloom, où l'on prévoit extraire 7 millions de tonnes de minerai de fer par an.

S'il s'agit certes d'une bonne nouvelle pour la région, cette reprise des opérations ne se compare en rien avec l'activité que génère ArcelorMittal sur son site du mont Wright, localisé à quelques kilomètres seulement du lac Bloom, où l'entreprise est solidement ancrée.

« On a 1200 travailleurs qui travaillent à l'extraction minière du mont Wright et à la production du concentré de fer, dont 800 qui sont résidants de Fermont. On est le coeur de la municipalité. » - Pierre Lapointe

« On produit chaque année 26 millions de tonnes de concentré de fer que l'on transporte par chemin de fer jusqu'à Port-Cartier, où on opère une usine de bouletage, et nos activités portuaires nous permettent d'acheminer toute notre production à nos clients à travers le monde », précise le spécialiste en excellence opérationnelle et PDG depuis 2015.

UNE PRÉSENCE DEPUIS 1974

La présence d'ArcelorMittal à Fermont remonte à 1974 lorsque la société Québec Cartier Mining, une ancienne division de la U.S. Steel qui avait lancé au début des années 60 le site du lac Jeannine plus au nord, développe le complexe minier du mont Wright.

À la fin des années 80, c'est un consortium dirigé par l'entreprise Dofasco qui acquiert les activités de la U.S. Steel, avant que Arcelor la rachète en 2006, puis fusionne avec la société indienne Mittal en 2008.

« En 2012-2013, ArcelorMittal a lancé un projet d'agrandissement de 1,6 milliard qui a fait passer de 16 à 24 millions le nombre de tonnes de concentré de fer, extrait du site du mont Wright.

« En devenant un producteur à gros volume, cela nous a permis de stabiliser nos opérations et d'être en mesure d'affronter tous les cycles de marché. On a lancé le projet d'agrandissement lorsque le minerai de fer se vendait à plus de 170 $US la tonne et le prix est tombé, en 2015, aussi bas qu'à 35 $US la tonne. On a réussi à passer au travers », expose Pierre Lapointe.

Aujourd'hui, ArcelorMittal compte donc 1200 employés dans ses activités d'exploitation minière et 1100 dans sa division infrastructures, qui inclut la gestion des opérations ferroviaires entre Fermont et Port-Cartier et les activités de transbordement et de transport maritimes à Port-Cartier.

« On a aussi relancé l'exploitation de la mine Fire Lake, où une centaine d'employés viennent réaliser des quarts de travail en alternance », explique le PDG.

ArcelorMittal compte également 80 employés à son nouveau siège social de Longueuil, où l'on s'affaire notamment à développer les meilleures pratiques minières mondiales pour l'ensemble des divisions de la multinationale et à gérer le minier 4.0, le dada de Pierre Lapointe.

DÉPENSES ET GESTION EN TEMPS RÉEL

La division minière canadienne d'ArcelorMittal réalise sur la Côte-Nord plus de 50 % de la production mondiale de fer du groupe sidérurgique. La multinationale a également des activités minières au Brésil, au Liberia, au Mexique, en Ukraine et au Kazakhstan.

Près de 67 % de la production de concentré de minerai de fer qui provient de la Côte-Nord sert à alimenter les usines d'acier d'ArcelorMittal, que ce soit à Contrecoeur, à Hamilton, aux États-Unis, en Europe, au Japon ou en Corée. Le reste est écoulé sur le marché spot.

« On gère une activité intense. Chaque année, on réalise entre 200 et 250 millions de dépenses en capital pour améliorer la santé et la sécurité de nos travailleurs, dans l'environnement et le développement durable, l'entretien des actifs et la mise à niveau de notre flotte », explique Pierre Lapointe.

Dans ses installations du mont Wright, ArcelorMittal exploite un parc de 55 camions qui se détaillent entre 4,5 et 6,5 millions US chacun. Les pelles qui transbordent le minerai valent 16 millions pièce. 

Les activités du groupe minier se déroulent sans jamais s'arrêter, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

« En janvier et février, nos travailleurs doivent composer la nuit avec des températures de - 60 degrés Celsius. On a dû développer des techniques particulières, mais ça reste des conditions de travail difficiles », convient Pierre Lapointe.

Depuis quelques années toutefois, ArcelorMittal a beaucoup investi dans le minier 4.0, c'est-à-dire en surveillant de façon systématique tous ses procédés d'opération.

« Tous nos équipements sont connectés. Nos camions ont des censeurs qui nous permettent d'évaluer en temps réel l'état de nos routes. On sait où chaque camion se trouve dans la mine, on peut évaluer la performance de chacun de nos chauffeurs. » - Pierre Lapointe

« Même chose avec nos convois ferroviaires, on les suit à la trace en temps réel. On est vraiment dans la révolution du minier 4.0 », insiste le PDG.

Pierre Lapointe se rend chaque mois sur les sites d'exploitation du groupe pour rencontrer ses gens responsables de l'amélioration continue et discuter avec ses employés en les incitant à faire preuve de « leadership courageux », c'est-à-dire de les amener à se prononcer sur ce qu'ils considèrent comme des grands enjeux pour eux, que ce soit la santé, la sécurité ou l'environnement.

Tout comme il participe tous les trois mois au comité de direction d'ArcelorMittal, à Londres, où il rencontre le PDG Lakshmi Mittal, ce milliardaire indien qui est aussi le principal producteur d'acier du monde.




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