Patrick Godin: plus de volume pour les diamants québécois

Patrick Godin, chef des opérations de Stornoway Diamond... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

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Patrick Godin, chef des opérations de Stornoway Diamond

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Le dernier grand projet minier à voir le jour sous les auspices du Plan Nord, la mine de diamants Renard, piloté par la société Stornoway Diamond, s'est déroulé jusqu'à maintenant de façon presque impeccable.

La mine Renard, la première mine de diamants... (Photo fournie par Stornoway Diamond) - image 1.0

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La mine Renard, la première mine de diamants au Québec, se compare avantageusement aux quatre autres gisements diamantifères canadiens actuellement en exploitation.

Photo fournie par Stornoway Diamond

De gros diamants trouvés dans la fosse Renard... (Photo fournie par Stornoway Diamond) - image 1.1

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De gros diamants trouvés dans la fosse Renard 65 par Stornoway Diamond

Photo fournie par Stornoway Diamond

Les travaux d'aménagement de la route de 265 kilomètres qui a été construite pour alimenter le site de la mine se sont terminés cinq mois avant l'échéancier prévus, alors que la portion de 97 kilomètres confiée à la société Stornoway s'est réalisée au coût de 70 millions plutôt que les 77 millions prévus.

L'ensemble du projet - l'aménagement de la mine et du site d'exploitation ainsi que la construction de l'usine où l'on concasse le minerai pour en extraire les diamants - a totalisé des investissements de 772 millions plutôt que les 811 millions qui avaient été budgétés.

Le seul hic dans ce parcours autrement sans faute, c'est celui que les opérateurs de l'usine de Stornoway ont rencontré dans le processus d'extraction des diamants qui a donné lieu depuis le lancement de la production commerciale à beaucoup de bris de pierres précieuses, réduisant ainsi la valeur obtenue pour les diamants de plus petite taille.

SÉPARER LE MINERAI STÉRILE

Patrick Godin concède que ce problème est bien réel en raison de la typologie particulière du gisement diamantifère de la mine Renard.

« Dans notre gisement, 50 % du minerai que l'on extrait est stérile alors que l'autre 50 % est porteur de diamants. Le problème, c'est que le minerai stérile est plus solide, ce qui occasionne des bris durant l'opération de concassage », explique l'ingénieur minier, qui a oeuvré durant 16 ans pour la société aurifère Cambior.

Stornoway Diamond a investi 22 millions pour implanter une technologie à l'usine qui lui permettra d'éliminer le maximum de pierre stérile à l'entrée de l'usine, avant l'étape du concassage.

« C'est une technologie à l'infrarouge capable de détecter le bon minerai et de rejeter au moins 40 % de pierre stérile. Ce qui va nous permettre de réduire les bris de diamants. Cette nouvelle technologie va être opérationnelle à partir du premier trimestre de 2018. » - Patrick Godin

Stornoway Diamond avait prévu exploiter la mine Renard avec un prix moyen cible de 160 $US le carat mais obtient depuis le début de ses activités de production commerciale un prix moyen de 100 $US le carat, notamment parce qu'elle produit trop de diamants de petite taille mais aussi parce que les prix du diamant ont fait l'objet d'une correction sur le marché mondial.

« Notre prix cible de 160 $US le carat a été affecté par une baisse de 35 $US en raison de la chute des cours et d'un autre 25 $US en raison de la baisse des prix des petits diamants », souligne le chef des opérations de Stornoway.

Même si les États-Unis continuent d'absorber 44 % de la production mondiale de diamants, suivis par l'Europe, ce sont les pays émergents, tels que la Chine et l'Inde, qui sont les plus gros vecteurs de croissance du marché des diamants de joaillerie.

« Le processus de démonétisation en Inde, où on a aboli l'an dernier les billets de 500 et de 1000 roupies, a affecté le marché du diamant. Beaucoup d'acheteurs artisans indiens sont sortis du marché, ce qui a fait chuter la valeur des petits diamants », observe Patrick Godin.

C'est la raison pour laquelle Stornoway a cherché à régler son problème de bris, dans le but de produire des diamants de plus gros volume et d'ainsi d'obtenir un meilleur prix pour sa production.

« Plus un diamant est gros, plus sa valeur augmente. Un diamant de 1 carat de bonne taille peut valoir 5000 $US. Un gros diamant de 3 carats peut se vendre 20 000 $US », explique le spécialiste.

PRODUCTION ATTENDUE

C'est le gouvernement du Québec, via Investissement Québec, qui est le plus important actionnaire de Stornoway Diamond, avec près de 30 % des actions de la société minière.

Le projet de la mine Renard a été lancé avec un scénario qui prévoyait une durée de vie espérée de 14 ans. Déjà, les opérateurs ont décelé des réserves additionnelles qui pourraient prolonger de six ans l'exploitation du gisement.

« On a une équipe d'exploration qui poursuit ses travaux sur place. On a identifié des indices de présence de diamants dans un rayon de 40 kilomètres autour de la mine. » - Patrick Godin

Chose certaine, la mine Renard, la première mine de diamants au Québec, se compare avantageusement aux quatre autres gisements diamantifères canadiens actuellement en exploitation (trois dans les Territoires du Nord-Ouest et un en Ontario).

« Birks a vendu au printemps dernier une paire de boucles d'oreilles taillées à partir d'un de nos diamants de 85 carats et a obtenu 1 million de dollars. On produit des diamants de qualité au Québec », insiste le chef des opérations de Stornoway Diamond.




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