Martin Schwartz: un visionnaire qui voit juste

Martin Schwartz, le PDG du groupe Dorel, a du... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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Martin Schwartz, le PDG du groupe Dorel, a du flair pour repérer les marchés qui ont le meilleur potentiel. Il a notamment ouvert une usine au Brésil en 2009.

Martin Schwartz, PDG du groupe Dorel, a une vision très claire du marché. Il a été parmi les premiers manufacturiers nord-américains à faire fabriquer des articles en Asie, et alors que tout le monde parle de l'importance de s'attaquer aux pays émergents, lui a ouvert une usine au Brésil en 2009. Ce n'est pas pour rien que Dorel, qui était une PME il y a 25 ans, est devenue aujourd'hui une véritable multinationale.

Plus important distributeur de produits de puériculture à l'échelle mondiale, joueur mondial dominant dans le secteur des bicyclettes, Dorel fait aussi partie des 10 plus importants manufacturiers de meubles en Amérique du Nord.

L'entreprise est née de la fusion en 1987 de Dorel, une entreprise qui fabriquait des accessoires pour enfants et qui appartenait à Leo Schwartz, le père de Martin, et de Ridgewood, un manufacturier de meubles, qui appartenait à Martin Schwartz et ses frères.

«On a fait un premier appel à l'épargne en 1987 pour financer cette fusion. On réalisait un chiffre d'affaires combiné de 40 millions. L'année d'après, on a acheté le groupe américain Cosco et on a plus que doublé de taille», se rappelle Martin Schwartz.

Dorel exploite aujourd'hui des sites de fabrication ou de distribution dans 22 pays en Amérique du Nord,  en Europe, en Asie et en Amérique du Sud. Le groupe emploie 5400 personnes et a réalisé des revenus de 2,5 milliards l'an dernier. Dorel est le chef de file mondial des sièges d'auto, des poussettes, des chaises hautes et des parcs pour enfants. Ses produits sont vendus dans plus de 75 pays.

Depuis 2004, Dorel a pris le virage vélo en réalisant l'acquisition du fabricant américain Schwinn et celle de Cannondale en 2008. La division vélo a réalisé des ventes de 924 millions en 2012.

Le groupe montréalais a dévoilé cette semaine des résultats financiers qui ont surpris les analystes financiers et fait exploser de 11 % son titre boursier. Malgré le fait que ses deux marchés principaux - l'Europe et les États-Unis - étaient aux prises avec des économies chancelantes, le groupe a haussé de 6,4 % sa rentabilité et de 10,9 % ses revenus.

«On a surpris les analystes qui pensaient qu'on serait plus affectés par le ralentissement économique en Europe. Mais ce sont nos activités en Amérique du Sud qui nous ont aidés.

«On a fait des acquisitions au Chili et au Pérou en 2011, notamment un réseau de 60 magasins de produits de puériculture, et on a réalisé des acquisitions au Panama et en Colombie en 2012, dont on a comptabilisé une partie des résultats», souligne Martin Schwartz.

Aller où va le marché

Dorel s'implante là où ses produits vont trouver preneur. Le développement d'une classe moyenne en Amérique du Sud l'a amené à construire une usine de sièges d'auto au Brésil pour mieux desservir ce marché en explosion.

L'entreprise a aussi réalisé une acquisition en Pologne pour mieux rejoindre les pays de l'Europe de l'Est, où là aussi l'avènement d'une classe moyenne lui assure des débouchés pour ses produits.

Martin Schwartz a donc un flair indéniable pour identifier les marchés potentiels. Il a commencé à faire fabriquer des produits en Asie au milieu des années 70, bien avant le grand mouvement de délocalisation des années 90 et 2000.

«Dans les années 80, on faisait déjà beaucoup affaire avec la Chine. On a sur place 250 employés qui encadrent nos activités. Ils s'occupent de l'assurance qualité, du respect des normes de travail chez nos sous-traitants, de l'expédition de nos produits.

«On n'a aucune usine sur place, mais il y a bien 15 000 travailleurs chinois qui travaillent pour nous chez nos fournisseurs», explique Martin Schwartz.

Malgré cette forte concentration d'activité manufacturière en Asie, Dorel exploite toujours des usines en Amérique du Nord et en Europe.

«Tous nos sièges d'auto pour l'Amérique du Nord sont fabriqués dans notre usine de l'Indiana. On y produit 6 millions de sièges par année. On a une usine de fabrication de sièges en Europe et une autre au Brésil», précise l'entrepreneur.

Outre son siège social, Montréal abrite le centre de distribution canadien de Dorel et son usine de fabrication de futons et de matelas qui dessert l'ensemble du marché nord-américain.

Tous les produits de Dorel sont distribués dans les grandes chaînes américaines, comme WalMart qui commercialise plusieurs gammes de mobilier de Dorel.

«La fabrication de meubles nous rapporte 520 millions de revenus annuels, c'est encore bon, et cette activité génère surtout plus de 120 millions de liquidités annuelles, ce qui est excellent», note Martin Schwartz.

L'homme d'affaires montréalais ne sait pas ce que l'avenir réserve à Dorel. Ni lui ni ses frères n'ont d'enfants qui se sont montrés intéressés à prendre la relève de la société que son père et ses frères ont bâtie depuis 50 ans.

«Il n'y a pas beaucoup d'entreprises qui réussissent leur transfert de propriété à une troisième génération. C'est visiblement notre cas. On n'est pas à vendre et on a de solides directions dans chacune de nos trois divisions. On verra ce qui adviendra», laisse tomber l'entrepreneur.

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