Le pari d'Isabelle Hudon

Isabelle Hudon... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Isabelle Hudon

Depuis deux ans et demi maintenant, Isabelle Hudon assure la présidence de la Sun Life au Québec. C'est essentiellement par défi qu'elle a accepté cette nomination puisque, au moment de l'annonce de son embauche, elle a avoué bien ouvertement qu'elle ne connaissait pas le monde de l'assurance.

«Oui, ça été un défi pour moi et pour l'entreprise. Pour moi, parce que je ne connaissais à peu près rien au secteur de l'assurance, mais pour la Sun Life aussi, c'était audacieux de me choisir pour relancer ses activités au Québec», constate aujourd'hui Isabelle Hudon qui a été longtemps associée à la Chambre de commerce de Montréal dont elle a été la présidente de 2005 à 2008.

Après deux ans à la direction de l'agence de publicité Marketel, Isabelle Hudon s'est fait offrir de prendre en charge la direction générale des affaires de la Sun Life pour le Québec.

Il s'agissait d'un poste nouvellement créé par l'entreprise d'assurances canadienne qui avait quelque peu négligé sa présence québécoise depuis le fracassant déménagement de son siège social de Montréal à Toronto, peu après la première élection du Parti québécois, en novembre 1976.

«La Sun Life avait toujours des activités importantes au Québec. Mais on était loin d'avoir les mêmes parts de marché que l'on a partout ailleurs au Canada, où on fait partie des trois plus grosses sociétés d'assurance avec Manuvie et la Great-West», précise la PDG québécoise.

La connaissance du marché

Le choix d'Isabelle Hudon ne s'est pas fait en fonction de ses grandes aptitudes financières: elle confesse candidement qu'elle n'en avait pas. C'est sa connaissance des entreprises québécoises et le réseau de contacts qu'elle a tissé à titre de PDG de la Chambre de commerce de Montréal qui a intéressé la direction de la Sun Life.

«Comme plusieurs sociétés financières canadiennes, la Sun Life est fortement ancrée au Canada et à l'international, mais n'a pas une présence aussi significative au Québec. Mon rôle, c'est de corriger cela en générant de la croissance et en vendant la marque au Québec», explique Isabelle Hudon.

Un de ses activités principales est donc de faire du démarchage auprès des gros clients corporatifs pour leur vendre notamment les services d'assurance collective de la Sun Life.

«Même si je suis toujours avec mes experts lorsque je rencontre nos clients ou de futurs clients, j'ai passé beaucoup de temps à bien comprendre l'industrie, nos produits et nos services. Ça été deux années d'apprentissage intensif, mais là, la pente est beaucoup moins ardue», constate-t-elle avec un certain soulagement.

«Ça fait rire plusieurs de nos concurrents au Québec de me voir arriver comme PDG. C'est vrai qu'à bien des égards, je détonne un peu dans ce monde. Je suis une femme, je ne suis pas une actuaire, mais je suis une passionnée du développement et c'est pour cette raison qu'on m'a engagée», poursuit la PDG.

Depuis 1976, la Sun Life n'avait plus une direction spécifique au Québec, bien que l'entreprise compte 1600 employés à Montréal et près de 700 conseillers dans 27 centres financiers dans la province.

«Depuis mon arrivée, je me suis adjointe des administrateurs seniors aux opérations, au marketing et aux ressources humaines. Là, on a une vraie équipe et on peut mieux adapter les produits, les services et la marque Sun Life pour le Québec», souligne Isabelle Hudon.

Dans les premiers mois de son mandat, Isabelle Hudon a beaucoup déploré le déménagement brutal du siège social de son entreprise, réalisant une espèce d'incontournable mea culpa. Elle estime maintenant que ce chapitre est clos et que le Québec n'est pas fermé aux entreprises d'ailleurs.

Influence et plafond de verre

Hyperactive et besogneuse infatigable, Isabelle Hudon affirme qu'elle peut travailler sans problème sept jours par semaine.

«C'est dans le travail que je me réalise, c'est ma passion dans la vie. Pour réussir en affaires, il faut s'engager. Le succès, ça n'arrive pas gratuitement.

«On parle beaucoup du plafond de verre qui empêche les femmes d'accéder aux postes de haute direction, mais ce ne sont pas toutes les femmes qui sont prêtes à s'investir totalement dans leur carrière», estime-t-elle.

En décembre dernier, Isabelle Hudon a été nommée l'une des 100 femmes d'affaires les plus influentes au Canada par le Women Executive Network. Elle avait aussi fait partie de ce classement en 2006.

«C'est assez impressionnant d'assister au gala qui célèbre ce classement et de se retrouver parmi 100 femmes de pouvoir, des femmes de tête qui sont pour moi et pour beaucoup de femmes des modèles à bien des égards», observe la PDG.

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