Faire de Québec le Davos du mouvement coopératif

Monique Leroux... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT)

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Monique Leroux

C'est au Forum économique mondial de Davos de 2010 que Monique Leroux, PDG du Mouvement Desjardins, a développé l'idée de tenir un forum international des coopératives. Le projet s'est rapidement mis en place et il s'est traduit par un succès retentissant le mois dernier à Québec alors que 2800 participants de 91 pays ont convergé pour discuter de l'étonnant pouvoir des coopératives.

L'évènement de Québec a connu une telle résonnance que Monique Leroux travaille maintenant à répéter le Sommet international des coopératives qui se déroulerait à tous les deux ans et de façon permanente à Québec.

«On l'oublie souvent mais Lévis n'est pas seulement le berceau du mouvement coopératif au Québec. Il est aussi le berceau de toute l'Amérique du Nord.

«Lorsque Alfonse Desjardins a fondé la première Caisse populaire en 1900, il a été rapidement sollicité partout aux États-Unis où des coopératives naissantes voulaient avoir ses conseils. Il a été à Boston, New York, Washington. Même le président américain William Taft lui a écrit et l'a invité à la Maison-Blanche. Une rencontre qu'Alfonse n'a pas pu réaliser», remémore Monique Leroux.

La PDG de Desjardins ne s'en cache pas, elle veut faire de Québec le Davos de la coopérative pour garder bien allumée la flamme de ces acteurs économiques qui ont affiché durant la dernière crise une résilience que biens des institutions financières et des joueurs industriels ont envié.

Une force économique considérable

«Lors du Forum de Davos de 2010, j'ai été estomaquée. On était en pleine sortie de crise et la plupart des ateliers portaient sur le cynisme de la population envers le monde corporatif, l'échec des institutions financières, la crise de leadership. Pas un mot sur les coopératives et leur apport à l'activité économique.

«J'ai même été rencontrer le Dr Schwab, le fondateur du FEM, pour lui dire ma surprise de constater que personne n'ait pensé faire intervenir des acteurs du monde coopératif», relate Monique Leroux.

La PDG a pris note de ce silence et a profité du fait que 2012 avait été déclarée Année internationale des coopératives pour concocter un évènement qui rallierait tous les grands acteurs mondiaux du mouvement coopératif.

«On estime qu'il y a un million de coopératives dans le monde qui rejoignent plus de 1 milliard de membres et qui procurent un emploi à plus de 100 millions de personnes.

«Les 300 plus grandes coopératives et mutuelles génèrent un chiffre d'affaires annuel de 2000 milliards de dollars, c'est l'équivalent de la neuvième économie mondiale», évoque Monique Leroux.

C'est donc pour un peu stigmatiser cette force économique majeure que le Sommet international des coopératives a été créé et tenu à Québec le mois dernier.

Ambassadrice de la coopération

Et les participants venus des quatre coins du monde ont eu droit à un Forum de haut niveau où des stars de Davos tel que l'économiste Nouriel Roubini, l'ex-secrétaire d'État américaine Madeleine Albright, l'écrivain Jacques Attali, ou Dominic Barton, le directeur général mondial de McKinsey & Company, ont animé des ateliers.

«L'idée, c'était de faire le point sur la contribution des coopératives à l'économie, l'emploi et la gouvernance, et d'amener les représentants à tisser des liens», résume Monique Leroux.

L'évènement a d'ailleurs coïncidé avec l'annonce d'un co-investissement de la Coop fédérée et de l'Indian Farmers Fertiliser Cooperative dans la construction d'une usine de production d'urée à Bécancour. Un investissement de 1,2 milliard.

«Le constat, c'est que les coopératives sont au coeur d'une économie que l'on veut plurielle avec un secteur privé règlementé, un secteur public efficace et un secteur coopératif en croissance.

«On est un facteur de stabilité. On l'a vu avec la dernière crise financière. Nos objectifs ne sont pas à court terme. On est aussi un ancrage national important. Que ce soit les coopératives agricoles, financières, de services, elles sont d'abord des joueurs locaux, régionaux et mondiaux», souligne Monique Leroux.

La PDG de Desjardins a terminé le dernier chapitre du Sommet international des coopératives 2012 lorsqu'elle s'est rendue la semaine passée à New York remettre la Déclaration de Québec à l'Organisation des Nations-Unies. Accompagnée de Dame Pauline Green, présidente de l'Alliance coopérative internationale, la PDG de Desjardins venait aussi clore l'Année internationale des coopératives.

Il n'y a pas à en douter toutefois, s'il n'en tient qu'à Monique Leroux, le Sommet international des coopératives vient de connaître sa première édition et l'évènement va se poursuivre pour encore bien des années et à Québec.

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