Gilles Labbé, PDG de Héroux-Devtek: prêt pour une nouvelle expansion

Gilles Labbé, PDG de Héroux-Devtek... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Gilles Labbé, PDG de Héroux-Devtek

C'est dans le tout nouveau laboratoire d'essais d'ingénierie de Héroux-Devtek, à Saint-Hubert, que Gilles Labbé nous reçoit. Le PDG du troisième plus gros fabricant de trains d'atterrissage du monde ne cache pas sa fierté d'avoir amené son entreprise là où elle est rendue. Loin de s'asseoir sur ses lauriers, il évoque avec passion les prochains défis qui l'attendent.

Depuis un an, quelque 90 ingénieurs s'activent dans le nouveau laboratoire d'Héroux-Devtek à Saint-Hubert. C'est là qu'ils conçoivent, mettent au point et testent les trains d'atterrissage qui vont chausser les nouvelles générations de jets d'affaires de Bombardier, Embraer et Dassault, de même que les hélicoptères CH-53K du géant américain Sikorsky.

«En 1985, lorsque j'ai racheté Héroux de Bombardier, avec mon partenaire Sarto Richer, on faisait l'entretien et la réparation des trains d'atterrissage de quelques clients, dont Canadair. On n'avait pas une cenne et une dette de 10 millions», rappelle Gilles Labbé.

La petite entreprise de Longueuil a fait du chemin depuis.

«On a commencé par obtenir des contrats d'entretien militaire et au fil des ans on a réussi à décrocher nos premiers mandats de fabrication avec l'armée américaine. Mais ce n'est qu'en 2002 qu'on s'est réellement structurés comme un fabricant de pièces d'origine avec notre propre équipe d'ingénierie», souligne Gilles Labbé.

Une grosse transaction

Héroux-Devtek a réalisé au cours de l'été une importante transaction en se départissant de quatre usines au Québec, aux États-Unis et au Mexique, où elle fabriquait des composantes industrielles et d'aérostructure. Le fabricant de Longueuil a obtenu 300 millions pour des activités qui totalisaient des ventes annuelles de 126 millions.

«Au cours des cinq dernières années, on a constamment haussé nos profits d'opération, qui s'élevaient à 65 millions. Lorsqu'on a annoncé la vente de notre division industrielle, notre titre s'échangeait à 7,80$ alors que la valeur aux livres de Héroux était de 8$», expose le PDG.

«On a récolté 230 millions nets de la transaction. Nos actionnaires, dont la Caisse de dépôt, sont très heureux de recevoir un dividende de 5$ par action. On a payé toutes nos dettes et on a 50 millions qui vont servir à notre expansion prochaine. On peut facilement réaliser une acquisition de 100 millions», résume Gilles Labbé.

Le PDG ajoute qu'il a réalisé une vente d'actifs qui n'étaient pas stratégiques, ce qui va permettre au groupe de se concentrer davantage sur le développement dans la conception, la fabrication et l'entretien des trains d'atterrissage.

«On a vendu des opérations industrielles où on était simplement des exécutants de commandes. On préfère nos activités à valeur ajoutée. La propriété intellectuelle, c'est ce qui est payant à long terme», constate-t-il.

L'aventure se poursuit

Cette vente d'actifs non stratégiques a permis à Gilles Labbé de monétiser une fraction de son investissement de plus de 35 ans dans l'entreprise qu'il a amenée là où elle rendue. Mais il n'est pas question pour autant que Héroux-Devtek soit vendue un jour.

«On prépare la relève. Je vais rester un investisseur dans Héroux-Devtek parce qu'il y a encore beaucoup de potentiel de développement. On a construit une infrastructure intégrée, qui est propriétaire de ses produits et qui est anticyclique dans un secteur passionnant, celui de l'aéronautique», explique-t-il.

Héroux-Devtek est anticyclique parce que 55% de ses 253 millions de revenus annuels proviennent du secteur militaire, alors que le reste est le résultat de commandes de fabricants civils, dont les géants Airbus et Boeing, pour qui l'entreprise réalise des travaux de sous-traitance pour des composantes spécifiques de trains d'atterrissage.

«La portion civile sera appelée à grossir au cours des prochaines années. En période d'austérité, les gouvernements resserrent leurs dépenses militaires. Comme on est le fabricant d'origine, on est aussi celui qui réalise les travaux d'entretien et de fabrication, on a toujours de l'ouvrage», note-t-il.

Gilles Labbé constate qu'il a dû se battre sans relâche durant 35 ans pour assoir la crédibilité de Héroux dans le marché et décrocher un à un chacun de ses clients. Si c'était à refaire, il n'hésiterait pourtant pas une seconde, il privilégierait encore l'industrie aéronautique.

«C'est une business passionnante. On est une entreprise manufacturière dans un secteur de pointe qui paye les meilleurs salaires industriels. On a développé une expertise et on a créé de la richesse au Québec», observe fièrement Gilles Labbé.

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