Éric La Flèche: la recette Metro

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«Le gros de la croissance des dernières années a été généré par nos magasins à escompte Super C, a dit hier Éric R. La Flèche, PDG de Metro. On est passés de 50 à 84 magasins. C'est un peu notre rempart pour contrer l'implantation des Supercenter de Walmart.»

Depuis plus de 20 ans maintenant, la chaîne d'épiceries Metro enregistre les exercices financiers records au rythme d'un métronome. Les résultats de l'année 2012, dévoilés cette semaine, n'ont pas dérogé de cette belle tradition. «On a une stratégie simple, on fixe des objectifs clairs et on a surtout une bonne exécution dans toutes nos opérations», explique le PDG, Éric La Flèche, pour résumer la recette Metro.

Le secteur du commerce de détail traverse une période difficile au Canada. On le voit avec les difficultés que subit Rona à retrouver sa rentabilité d'antan et dans le secteur du meuble et de l'électroménager, où la tiédeur des consommateurs a provoqué cette semaine l'acquisition du détaillant Brick par son concurrent Léon.

Les grands acteurs canadiens du secteur de l'alimentation sont pour leur part affectés par l'implantation grandissante des Supercenter de Walmart. Si Loblaw voit ses ventes en magasin et ses profits chuter, Metro continue d'aligner des hausses de profits chaque trimestre.

De fait, au cours des 22 dernières années, Metro a enregistré une augmentation de son bénéfice net annuel durant 21 exercices.

«On a eu une séquence de quelques 55 ou 56 trimestres consécutifs avec des profits records», souligne Éric R. La Flèche, qui nous a donné une entrevue cette semaine, en marge de la publication des résultats du quatrième trimestre de Metro.

«Cette séquence a pris fin en 2008 lorsqu'on a connu un trimestre moins profitable que l'année précédente en raison des coûts élevés de la conversion des systèmes informatiques des magasins que l'on venait d'acquérir en Ontario.

«On a rapidement corrigé le tir et on est revenu à notre culture que nous avait transmise Pierre Lessard, celle de livrer des résultats», poursuit le PDG.

Éric R. La Flèche est d'autant imprégné de cette culture de résultats qu'il a été la première embauche qu'a faite Pierre Lessard lorsque ce dernier a pris la direction de Metro en 1990.

«Monsieur Lessard m'a engagé en 1991 pour que je m'occupe du secteur immobilier. C'était sa première embauche depuis qu'il avait pris les rênes de Metro qui était en difficulté à l'époque», précise-t-il.

Éric E. Laflèche s'est joint par la suite aux opérations en 1997 avant de devenir vice-président directeur et chef de l'exploitation en 2005. Il est devenu PDG en 2008, lorsque Pierre Lessard a pris sa retraite.

Croître dans un environnement difficile

Metro vient de terminer son exercice 2012 avec un chiffre d'affaires de 12 milliards de dollars, en hausse de 5,4%, et un bénéfice net de 489 millions, en hausse de 27,7%. Les ventes des magasins comparables ont augmenté de 1,2% au cours de l'année.

«On est évidemment satisfait de nos résultats, mais on évolue dans un environnement plus difficile. On est dans une business rapide où on livre des batailles sur une base hebdomadaire. Il faut s'ajuster rapidement, mais on a la chance d'avoir une équipe forte dans l'exécution et qui est bien centrée sur la stratégie», observe Éric R. La Flèche.

L'un des facteurs qui expliquent, selon le PDG, les succès de Metro, c'est que l'entreprise est toujours restée centrée sur l'alimentation et qu'elle n'a pas cherché à devenir un one-stop shop.

Le groupe fonctionne en fonction de deux axes d'intervention avec ses commerces à valeur ajoutée Metro, qui proposent une offre supérieure centrée sur la fraîcheur et le service, et les magasins à escompte Super C, qui rivalisent sur les prix. Le même concept s'applique en Ontario avec les bannières Metro et Food Basics.

«Le gros de la croissance des dernières années a été généré par nos magasins à escompte Super C. On est passé de 50 à 84 magasins. C'est un peu notre rempart pour contrer l'implantation des Supercenter de Walmart», explique M. La Flèche.

L'arrivée de Walmart dans le décor concurrentiel se fait sentir. Le groupe américain compte maintenant 12 Supercenter au Québec, mais a déjà largement implanté ce concept en Ontario où il compte plus de 100 magasins qui offrent des produits d'alimentation.

«Nos ventes de magasins comparables ont plus souffert en Ontario. Au Québec, on s'en tire mieux», avance-t-il.

Même si Metro a ouvert davantage de Super C pour contrer Walmart, le groupe mise encore essentiellement sur sa différenciation sur le plan du service et des produits pour garder et augmenter ses parts de marché québécoises.

«Notre participation de 55% avec les marchés Adonis nous a rapporté plus de 200 millions de ventes cette année. On veut ouvrir deux ou trois Adonis par année au Québec et on prévoit en exploiter une dizaine en Ontario. Un premier Adonis ouvrira à Mississauga au printemps», indique le PDG.

Si la croissance organique se poursuivra avec notamment l'agrandissement et la modernisation de plusieurs magasins au Québec et en Ontario, Éric R. La Flèche espère toujours réaliser des acquisitions, principalement dans l'Ouest canadien où plusieurs chaînes de taille moyenne l'intéressent.

«C'est une question d'opportunité. On reste à l'affût», précise le PDG de Metro, qui compte bien poursuivre la séquence d'années de bénéfices records pour des dizaines d'années encore.

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