Velan s'agrandit en Asie

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Tom Velan, PDG de Velan, veut fabriquer davantage de produits en Asie afin d'être plus compétitif sur les marchés internationaux.

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Richard Dufour

Pour réduire ses coûts de main-d'oeuvre et mieux desservir l'important marché asiatique, l'entreprise montréalaise Velan, spécialiste des valves industrielles, fabriquera davantage de robinetterie en Asie.

Environ 11% de la production de robinetterie de l'entreprise provient actuellement de l'Asie. La direction souhaite augmenter cette proportion à 20%, voire à 25%, d'ici cinq à dix ans.

«On ne veut pas aller trop vite, car l'idée est de maintenir le même niveau de qualité pour ne pas nuire à notre réputation», explique le PDG Tom Velan. Une partie de la production a justement été automatisée pour des questions de qualité et de productivité.

Velan pense que sa décision de produire davantage en Asie lui permettra de devenir plus compétitif sur le plan des prix.

La direction mise notamment sur sa nouvelle usine de Coimbatore, en Inde, pour hausser sa production en Asie. Cette usine de 100 000 pi² est entrée en activité l'an passé. Les autres installations de Velan en Asie sont situées en Chine et en Corée.

La stratégie de Velan est de continuer à miser sur la croissance interne plutôt que sur des acquisitions. L'achat du fabricant italien de robinetterie ABV, il y a trois ans, a été plus difficile que prévu à intégrer. Tom Velan n'est pas pressé de procéder à la prochaine acquisition. «Nous avons dégagé un premier profit l'an dernier avec ABV, et on veut s'assurer d'en faire un succès avant de réaliser d'autres acquisitions.»

Pour augmenter son chiffre d'affaires, Velan a décidé d'ajuster sa stratégie de vente dans les pays émergents. L'entreprise a ciblé le Brésil, la Russie, l'Asie et le Moyen-Orient. Ainsi, Velan a maintenant un représentant en Russie.

Un titre sous le radar

Même si la valeur de l'action de l'entreprise a presque doublé depuis un an en Bourse, Velan passe encore sous le radar de beaucoup d'investisseurs. Le volume quotidien de transactions sur le titre reste anémique.

Il faut savoir que 70% de l'entreprise se trouve entre les mains de la famille Velan et que quelques gros investisseurs institutionnels canadiens détiennent une participation.

Le cours boursier de 11$ l'été dernier représentait une valeur intéressante pour un investisseur et pour un rachat d'actions par l'entreprise. Tom Velan souligne que la valeur comptable des actions (valeur des actifs dépréciés de l'entreprise) se situe à 16$.

Il y a un an, non seulement l'action valait moins que la valeur comptable, mais elle se négociait aussi à un niveau inférieur au prix de 16,50$ qui avait été fixé en 1996 au moment d'exécuter le premier appel public à l'épargne. «Et Velan est aujourd'hui une compagnie beaucoup plus grosse et plus forte qu'il y a 18 ans», dit le PDG.

Si Velan attire peu d'attention sur le marché boursier, l'entreprise ne passe pas inaperçue auprès des banquiers spécialisés en financement des sociétés. D'ailleurs, Tom Velan ne cache pas qu'ils sont nombreux à lui suggérer la privatisation de Velan.

Encore ce mois-ci, des banquiers ont pris contact avec lui en ce sens. Tom Velan assure cependant que l'entreprise n'a pas l'intention de quitter la Bourse.

«C'est une entreprise familiale. Ça reste entre nos mains à 70%. On vient d'augmenter le dividende. Il y a des firmes d'investissement qui souhaiteraient fermer notre capital. Mais ces gens-là ont des stratégies de sortie sur un horizon de trois à cinq ans. Nous avons une vision à plus long terme», dit M. Velan.

Velan avait décidé de s'inscrire en Bourse en 1996 pour faciliter le rachat d'un partenaire, Deutche Babcock, qui a eu des difficultés financières.

Velan en bref

Activités : fabrication de robinetterie industrielle (valves, clapets, purgeurs, etc.)

PDG : Tom Velan

Siège social : Montréal

Effectif : 2060 employés (dont plus de 900 au Québec)

Revenus du dernier exercice : 489 millions

Profits du dernier exercice : 29 millions

Nombre d'usines : 16 dans 9 pays

Quelques clients : Esso, Dow, Enbridge, Samsung, Daewoo, Northrop Grumman

Forces

> Une bonne réputation

> Une gamme de produits bien établis

> Une présence mondiale

Faiblesses

> Coûts de fabrication plus élevés que plusieurs concurrents

> Carnet de commandes à regarnir

> Délais de livraison à réduire encore davantage

La relève se prépare

Une troisième génération de Velan est à l'oeuvre dans l'entreprise fondée en 1950 par l'entrepreneur d'origine tchèque Karel Velan.

Deux des trois fils du fondateur occupent des fonctions-clés. Tom, 62 ans, est PDG et Ivan, 69 ans, est vice-président exécutif. L'autre fils du fondateur, Peter, 67 ans, siège au conseil d'administration.

Le fils d'Ivan, Rob, est vice-président, distribution.

Le fils de Tom, Daniel, a quitté l'entreprise il y a quelques années pour aller vivre à Toronto, mais il est toujours possible qu'il revienne un jour y travailler.

Âgé de 96 ans, Karel Velan est toujours actif dans l'entreprise à titre de président du conseil d'administration. On peut le croiser quotidiennement au siège social de l'arrondissement de Saint-Laurent.

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