Achat de Fibrek: le bras de fer continue

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La société papetière américaine Mercer n'a pas la partie facile dans le dossier de l'acquisition de Fibrek.

La transaction qui devait conduire l'américaine Mercer à s'approprier Fibrek est entrée dans une impasse hier après que le bureau de décision et de révision (BDR) du Québec eut rendu une décision favorable à Produits Forestiers Résolu.

Par son jugement, le tribunal administratif québécois en matière de valeurs mobilières a mis un frein à l'exécution d'un placement privé qui aurait permis à Mercer de mettre la main sur 32 320 000 bons de souscription spéciaux à 1,00$ l'unité et, par conséquent, sur autant d'actions de Fibrek lors de leur exécution.

Rappelons que la société papetière américaine avait déposé le 10 février dernier une offre d'achat amicale pour acquérir l'ensemble des actions de Fibrek à un prix équivalent à 1,30$ l'action. Une proposition supérieure de 30% à l'offre d'achat hostile qu'avait déposée en décembre dernier Résolu.

Pour que l'achat de Fibrek par Mercer soit effectif, une majorité simple d'actions doivent être déposées à Mercer. Or, 51,5% des actions en circulation sont désormais sous le contrôle des actionnaires favorables à l'offre de Résolu. Un pourcentage suffisant pour bloquer l'achat de Fibrek par Mercer, mais encore loin des 66,7% requis par Résolu pour mettre la main sur Fibrek.

«Si Abitibi peut prétendre avoir la majorité des actions aujourd'hui, c'est parce qu'un actionnaire initié d'Abitibi qui n'était pas associé à une entente de blocage a quand même continué à accumuler du stock [des actions, ndlr] de Fibrek à plus de 1,00$ l'action, a indiqué à La Presse Affaires Pierre Gabriel Côté, président et chef de la direction de Fibrek. On est tombé en bas de notre chaise lorsqu'on a entendu ça.»

L'appui de Québec

Selon lui, le BDR n'a pas tenu compte de cette circonstance au moment de rendre sa décision. Son entreprise, favorable à l'offre de Mercer, entend faire valoir son point  de vue devant le tribunal d'appel la semaine prochaine.

Pour l'heure, l'offre de Mercer tient toujours puisqu'elle n'est pas conditionnelle à la réalisation du placement privé. De son côté, Résolu reporte au 9 mars 2012 la date d'expiration de son offre d'achat des actions de Fibrek.

«On s'est engagés dans un bras de fer qui n'en est pas à ses derniers soubresauts», a indiqué Pierre Gabriel Côté.

Fibrek compte sur l'appui de Québec dans sa bataille pour éviter de passer sous le contrôle de Résolu. Par l'entremise d'un prêt à Mercer de 70 millions de dollars d'Investissement Québec, le gouvernement a clairement fait savoir qu'il souhaite voir l'entreprise, dont l'usine principale est à Roberval, passer sous la houlette de Mercer.

Le Quotidien a d'ailleurs rapporté hier que Jean Charest était «très à l'aise» avec l'offre de prêt d'Investissement Québec. «Nous voulons garder une compétition dans le marché et nous voulons éviter une situation de monopole. Dans ce temps-là, je considère que nous avons raison d'intervenir», a indiqué le premier ministre Charest, en faisant allusion au marché du copeau de bois de la région qui passerait sous le contrôle de Résolu si jamais cette dernière remportait la bataille.

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