Irma: coup de frein pour l'économie, mais pas de catastrophe

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Des millions de Floridiens - et leurs assureurs - ont poussé un soupir de soulagement, hier.

photo Johnny Milano, The New York Times

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Des millions de Floridiens - et leurs assureurs - ont poussé un soupir de soulagement, hier. Le «scénario catastrophe» largement appréhendé en raison d'Irma a été évité, même si les dommages se calculeront en dizaines de milliards et pourraient retrancher jusqu'à 0,4% du PIB américain au cours des prochains mois, après les dégâts considérables causés par Harvey.

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A woman takes photos of a boat that has come ashore following Hurricane Irma in Key Biscayne, Florida, U.S., September 11, 2017. REUTERS/Carlo Allegri

photo Carlo Allegri, reuters

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A mobile home community is flooded in the aftermath of Hurricane Irma in Everglades City, Fla., Monday, Sept. 11, 2017. (AP Photo/David Goldman)

photo David Goldman, associated press

COUP DE FREIN ÉCONOMIQUE

Les États-Unis ont été doublement frappés par des ouragans très violents en deux semaines à peine. Harvey, qui a balayé le Texas, a réduit du quart la capacité de raffinage américaine, en plus de causer au moins 70 milliards US en dégâts matériels. Cet ouragan devrait à lui seul réduire de 0,3 % la croissance du produit intérieur brut (PIB) des États-Unis au troisième trimestre, selon l'estimation médiane de 36 économistes sondés par Bloomberg. L'ouragan Irma devrait quant à lui « créer une faiblesse supplémentaire dans les indicateurs », a indiqué à Bloomberg Michelle Meyer, économiste à la Bank of America. Elle a réduit sa prévision de croissance du PIB américain (18,57 billions de dollars en 2016) de 0,4 % au troisième trimestre, à 2,5 %. Dans tous les cas, les économistes s'attendent à un rebond de l'économie lorsque la reconstruction débutera. L'effet devrait se faire sentir au début de 2018.

EFFETS À VENIR

Si l'on se fie à l'exemple récent de Harvey, le nombre de demandes d'assurance-chômage devrait bondir au cours des prochaines semaines en Floride. Cet État en plein boom, qui a pris récemment le troisième rang en matière de population au pays derrière la Californie et le Texas, génère 5 % du PIB américain et regroupe 6 % des emplois. La Floride compte notamment une vibrante industrie agricole, qui génère des revenus annuels de 8 milliards US dans 47 000 fermes. Les marchés financiers étaient si nerveux à l'approche d'Irma que la valeur des contrats à terme sur le jus d'orange congelé a bondi de 15 % au cours des derniers jours. L'ampleur précise des dégâts dans les plantations sera connue plus tard cette semaine.

DE 200 À 49 MILLIARDS US

La violence moins brutale que prévu d'Irma en Floride a entraîné une révision en forte baisse des dommages appréhendés. Chuck Watson, expert en modélisation de la firme Enki Research, évaluait au départ à 200 milliards US les dégâts causés par Irma. Il a finalement divisé son estimation par quatre, à 49 milliards US, rapporte Bloomberg. De cette somme, 19 milliards devraient être assumés par les sociétés d'assurance. Jonathan Adams, analyste à Bloomberg Intelligence, a pour sa part ramené de 33 à 13 milliards US son estimation des réclamations qui seront faites aux assureurs. « Il pourrait y avoir encore un marché de l'assurance en Floride mardi [aujourd'hui] », a-t-il déclaré à Bloomberg.

« CATASTROPHE ÉVITÉE »

Shahid Hamid, directeur de l'Institut de l'assurance au centre d'études des ouragans à l'Université internationale de Floride, a tenu des propos similaires, hier. Le changement de trajectoire d'Irma a permis aux sociétés d'assurance d'éviter la « catastrophe » tant appréhendée, a-t-il déclaré à l'Agence France-Presse. « Notre scénario catastrophe ne s'est pas concrétisé. » Le bilan moins catastrophique que prévu s'explique par le changement de cap d'Irma, qui a dévié vers l'ouest en plus de perdre de la vigueur. L'ouragan a ainsi largement épargné les riches villes de Miami, de Fort Lauderdale et de West Palm Beach, où les immeubles résidentiels et commerciaux sont évalués à 1200 milliards US par l'Agence France-Presse. Le bilan humain d'Irma restera néanmoins très élevé, alors qu'on dénombrait hier une trentaine de morts, surtout dans les Caraïbes.




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