Démission surprise du numéro deux de la Fed

Stanley Fischer, 73 ans, siégeait au comité des... (AFP)

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Stanley Fischer, 73 ans, siégeait au comité des gouverneurs de la Fed depuis mai 2014. Son mandat courait en principe jusqu'en janvier 2020 et celui de vice-président jusqu'en juin 2018. Il avait notamment été auparavant gouverneur de la banque centrale d'Israël de 2005 à 2013.

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Delphine TOUITOU
Agence France-Presse
Washington

Le vice-président de la Banque centrale américaine (Fed), Stanley Fischer, quittera ses fonctions à la mi-octobre, a-t-il annoncé mercredi dans une lettre rendue publique, invoquant des «raisons personnelles».

«Je vous écris pour vous informer que pour des raisons personnelles, j'ai l'intention de démissionner du conseil des gouverneurs de la Banque centrale le ou autour du 13 octobre 2017», écrit-il dans une lettre au président américain rendue publique mercredi.

M. Fischer, 73 ans, siégeait au comité des gouverneurs de la Fed depuis mai 2014. Son mandat courait en principe jusqu'en janvier 2020 et celui de vice-président jusqu'en juin 2018.

Auparavant, il avait notamment occupé le poste de gouverneur de la banque centrale d'Israël de 2005 à 2013 et le numéro 2 du Fonds monétaire international de septembre 1994 à août 2001.

Bien que cette démission soit inattendue, Stanley Fischer avait pris ses distances ces derniers mois avec l'administration Trump, critiquant en particulier ses tentatives d'abandonner les réformes consécutives à la crise financière de 2008.

Le 17 août, il avait même jugé «extrêmement dangereuse» la volonté de «revenir à un statu quo d'avant la grande crise financière» dans un entretien au Financial Times.

Il dénonçait alors en particulier les plaidoyers pour alléger la réglementation concernant les tests de résistance sur les grandes banques. Imposés depuis 2010 par la réforme financière Dodd-Frank, ces tests mesurent la capacité des institutions financières à faire face à une éventuelle crise.

En juin, l'administration Trump a publié une feuille de route pour simplifier la réglementation financière aux États-Unis, qui propose notamment un allègement de ces tests.

«Je lui suis reconnaissante de son amitié et pour ses services. Ses conseils avisés nous manqueront ainsi que son humour décapant», a réagi la présidente de la Fed, Janet Yellen dans un communiqué.

«Pendant les années passées au sein du conseil des gouverneurs, l'économie a continué de se renforcer, apportant des millions d'emplois supplémentaires pour les travailleurs américains», a fait valoir M. Fischer dans sa lettre de démission.

«Tirant les leçons de la récente crise financière, nous avons construit sur les (fondations des) premières mesures visant à renforcer le système financier et à être mieux à même d'apporter le crédit vital à la prospérité des ménages et des entreprises du pays», a-t-il également estimé.

Gary Cohn?

La démission inattendue de M. Fischer va donner l'occasion au président Donald Trump de pouvoir choisir les deux principaux responsables de la Banque centrale dans les prochains mois, le mandat de la présidente de la Fed, expirant, lui, début février.

Démocrate et première femme à diriger la puissante banque centrale, Janet Yellen, 70 ans, s'était elle aussi récemment livrée à un plaidoyer pour la défense de la régulation financière post-crise.

La démission de Stanley Fischer pourrait donc être perçue comme le signal de son prochain départ.

En juillet, des médias américains affirmaient déjà que Gary Cohn, 56 ans, l'ancien numéro 2 de la banque d'affaires Goldman Sachs et surtout principal conseiller économique du président Trump, était sur les rangs et le favori de la Maison-Blanche.

C'était toutefois avant les violences racistes de Charlottesville. «Cette administration peut et doit mieux faire pour condamner de manière constante et sans équivoque ces groupes (suprémacistes blancs, néo-nazis et KKK) et faire tout ce que nous pouvons pour apaiser les divisions qui existent au sein de nos communautés», avait déclaré Gary Cohn le 25 août au Financial Times, prenant ses distances avec les déclarations de Donald Trump.

Pour l'heure, «d'ici février, le président Trump aura la possibilité de remplacer cinq des sept gouverneurs de la Fed», observe Chris Low, de FTN Financial.

Car deux autres sièges au sein du conseil des gouverneurs sont également vacants et doivent être pourvus tandis que la nomination de Randal Quarles, annoncée en juillet, pour le poste de gouverneur plus spécialement chargé de la régulation financière doit encore être confirmée par le Sénat.

Structure à la fois publique et privée, la Fed est dirigée par un Conseil de gouverneurs. Son Comité monétaire, qui décide de l'évolution des taux, est composée de sept gouverneurs et 12 présidents de région qui votent à tour de rôle. Les sept gouverneurs sont nommés par la Maison-Blanche pour 14 ans avec aval du Sénat.




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