Cafouillage aux Oscars: une gaffe gênante pour PwC

Des employés de PwC ont remis la mauvaise... (photo Lucy Nicholson, reuters)

Agrandir

Des employés de PwC ont remis la mauvaise enveloppe aux présentateurs du prix du meilleur film, dimanche, au gala des Oscars.

photo Lucy Nicholson, reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Ce qui ne devait être que la 83e occasion pour la firme de vérificateurs comptables PwC de faire mousser sa crédibilité en réalisant une tâche relativement simple pour le compte des Oscars a plutôt placé l'entreprise en mode « gestion de crise », hier, au lendemain d'une gaffe très gênante commise devant des dizaines de millions de téléspectateurs.

Des employés de PwC ont remis la mauvaise enveloppe aux présentateurs du prix du meilleur film, créant un important malaise sur scène. La firme a annoncé hier prendre tout le blâme pour cette erreur.

« Ce n'est pas que c'est quelque chose de complexe, mais ça demande un processus très rigoureux », a rappelé hier Bernard Grandmont, associé chez Raymond Chabot Grant Thornton. M. Grandmont et son équipe effectuent ou ont effectué du travail de vérification pour des événements comme le gala Les Olivier, le gala Québec Cinéma, le gala Artis ou des émissions comme La voix et Le banquier.

Pour ces firmes, de tels mandats relèvent davantage de la publicité que des affaires pures et simples. 

Raymond Chabot Grand Thornton se dit très impliquée dans l'industrie artistique québécoise pour des mandats de fiscalité, de production d'états financiers, de conseils d'affaires, etc.

« On évalue la valeur marchande de la publicité que l'on reçoit et le temps que l'on y consacre, résume M. Grandmont. Ça dépend par exemple de l'auditoire de l'émission. Ce que l'on ne reçoit pas en argent, c'est parce qu'on veut démontrer qu'on a des processus rigoureux en place. C'est toujours la hantise d'une firme de se tromper. Ce sont des galas importants, avec des auditoires importants, on n'a pas le droit à l'erreur. »

Crédibilité entachée

La raison pour laquelle les organisateurs de ces événements font appel à une firme de vérification est évidente.

« C'est pour éviter tout doute à propos d'un parti pris, ça donne de la crédibilité à ce que l'on fait, on est sûr qu'il n'y a pas de magouille », indique Joanne Pouliot, directrice générale de l'Association des professionnels de l'industrie de l'humour, qui organise le gala Les Olivier.

Sauf que cette crédibilité peut vite disparaître en cas de défaillance. 

PwC, dont le bureau montréalais n'est pas impliqué dans de tels projets, a rapidement diffusé hier un communiqué pour s'excuser et expliquer sommairement ce qui s'était produit. 

Des experts en marketing interrogés un peu partout sur la planète hier s'entendaient pour dire qu'il est important pour la firme d'expliquer sans tarder la source de l'erreur et d'être très transparente afin d'éviter que la gaffe ne déteigne gravement sur ses véritables affaires.

Selon des explications sur leur travail fournies avant même la tenue de la cérémonie, les représentants de PwC Brian Cullinan et Martha Ruiz disposaient chacun d'un ensemble complet d'enveloppes. Ils étaient positionnés de chaque côté de la scène, de façon à pouvoir remettre l'enveloppe en mains propres aux présentateurs, peu importe d'où ils entraient en scène. Selon toute vraisemblance, l'un d'entre eux a oublié de détruire l'enveloppe inutile pour le prix de la meilleure actrice après la remise de ce prix.

Processus similaire

« Je ne doute pas que le processus en tant que tel ait été correct, estime M. Grandmont. C'est une erreur humaine qui a créé un effet tout à fait inverse à la recherche de crédibilité qui est souhaitée. »

La firme de M. Grandmont, elle, n'utilise qu'un seul jeu d'enveloppes pour chaque gala, explique-t-il. Il en existe un deuxième au cas où le premier serait égaré, mais il reste généralement sous écrou, dans les bureaux de la firme. Chaque enveloppe est remise en mains propres, à l'arrière-scène, aux présentateurs.

Le reste de la procédure est similaire à ce qu'ont décrit M. Cullinan et Mme Ruiz la semaine dernière. Deux des employés de Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) sont chargés de compiler les votes des jurys de chaque catégorie. Les mécaniques de sélection diffèrent d'un événement à l'autre, de sorte que les jurés peuvent parfois connaître le gagnant de leur catégorie, mais les deux employés de RCGT sont les seuls à connaître l'ensemble des gagnants. L'information n'est pas diffusée à l'interne ou même auprès des organisateurs du gala.

Quand le public est appelé à voter, pour certains prix d'un gala ou à La voix, par exemple, la firme s'assure en amont de la fiabilité des plateformes, en particulier sur le web.




La Presse Affaires vous suggère

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer