Janet Yellen s'inquiète du ralentissement de l'économie mondiale

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Les sources d'inquiétudes sont nombreuses qui font penser que la Réserve fédérale pourrait être plus lente à remonter les taux d'intérêt.

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Virginie MONTET
Agence France-Presse
Washington

La présidente de la Banque centrale américaine (Fed) Janet Yellen a répété mercredi qu'elle s'attendait à une hausse graduelle des taux d'intérêt aux États-Unis, mais s'est montrée inquiète de l'impact du ralentissement de l'économie mondiale.

Les développements économiques à l'étranger «comportent des risques pour la croissance américaine», a estimé Mme Yellen dans un discours devant la Commission financière de la Chambre des représentants.

Mme Yellen a notamment signalé «les incertitudes sur la politique de change» en Chine qui accroissent «la volatilité sur les marchés financiers».

La patronne de la banque centrale juge aussi que si elles continuaient, les conditions financières moins favorables aux États-Unis - que ce soient le déclin des actions en bourse ou une nouvelle appréciation du dollar -, peuvent «peser sur l'activité et le marché du travail».

«Le Comité monétaire surveille de près les développements économiques et financiers dans le monde», a-t-elle dit, répétant le leitmotiv du dernier communiqué du Comité monétaire de la Fed (FOMC) fin janvier qui avait laissé les taux d'intérêt inchangés.

La Fed les avait modestement augmentés en décembre après sept ans de politique à taux zéro pour soutenir la reprise. Ils se situent actuellement entre 0,25% et 0,50%.

Mme Yellen se garde de fermer explicitement la porte à une nouvelle hausse à la réunion monétaire des 15 et 16 mars: «le Comité prévoit que les conditions économiques vont évoluer de telle façon que seulement une hausse graduelle des taux sera requise», redit-elle.

Interrogée sur la possibilité de taux négatifs, Mme Yellen a déclaré: «même s'il y existe toujours un risque de récession (...) je ne pense pas qu'il sera nécessaire de baisser les taux», soit à nouveau proche de zéro, soit en territoire négatif. Elle a par ailleurs reconnu que la divergence de politique monétaire avec la zone euro notamment mettait une pression à la hausse sur le dollar.

Économies avec le pétrole bas

Mme Yellen a assuré que l'inflation, maintenue basse plus longtemps à cause des prix de l'énergie, allait remonter autour de 2% à moyen terme et noté les progrès «notables» du marché de l'emploi. Le taux de chômage est tombé à 4,9% en janvier. Point positif, la baisse des prix pétroliers équivaut à 1000 dollars d'économies par an pour les Américains, a-t-elle indiqué.

Elle a suggéré lors de la séance des questions que la faible hausse des salaires était expliquait en partie le médiocre taux de participation au marché du travail aux États-Unis. Prise à partie sur le manque de diversité à la banque centrale et sur la disparité du taux de chômage touchant la communauté noire, Mme Yellen a reconnu qu'il était «hautement désirable» d'avoir pour la première fois à la tête d'une banque régionale de la Fed, un président noir.

L'économie américaine devrait «poursuivre une croissance modérée», a-t-elle par ailleurs assuré tandis que «la croissance économique mondiale devrait remonter avec le temps», soutenue par les politiques monétaires ultra-accommodantes.

Mais les sources d'inquiétudes sont nombreuses qui font penser que la Réserve fédérale pourrait être plus lente à remonter les taux d'intérêt.

Au début de l'année, les membres de la Fed pensaient pouvoir resserrer le crédit par quatre fois cette année pour porter les taux directeurs progressivement à 1,4%. Ce scénario paraît moins probable à la vue du ralentissement international et des turbulences sur les marchés financiers.

615 milliards pour les Américains 

Sur la Chine, Mme Yellen a jugé que «même si les récents indicateurs économiques ne suggèrent pas un vif ralentissement de la croissance chinoise, le repli de la valeur du renminbi (autre nom du yuan, NDLR) a intensifié les incertitudes sur la politique de change en Chine et les perspectives de son économie».

Elle déplore que ces incertitudes aient «accru la volatilité sur les marchés internationaux et (...) exacerbé les inquiétudes sur la perspective de la croissance mondiale».

«Si ces risques à la baisse devaient se matérialiser, l'activité à l'étranger et la demande pour les exportations américaines pourraient s'affaiblir tandis que les conditions sur les marchés financiers pourraient se durcir encore plus», affirme Mme Yellen.

Évoquant le volumineux bilan de la Fed après les achats massifs de bons du Trésor pour soutenir l'économie, la dirigeante a laissé entendre qu'il n'était pas encore temps de céder ces actifs. «Ce serait déstabilisant pour l'économie», a-t-elle affirmé plaidant pour attendre que les taux d'intérêt «soient plus hauts».

Elle a souligné en revanche que, notamment grâce au rendement de ces actifs, la Fed avait reversé au gouvernement et donc «aux contribuables» environ 615 milliards de dollars depuis 2008.

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