Les républicains s'attaquent encore à la réforme de la santé d'Obama

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Un panneau publicitaire installé à New York sur... (PHOTO MIKE SEGAR, REUTERS)

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PHOTO MIKE SEGAR, REUTERS

Un panneau publicitaire installé à New York sur la 42e rue entre la 7e et la 8e avenue dénonce l'«Obamacare».

Agence France-Presse
Ivan COURONNE

Pour Steven Hoffman, républicain entré en résistance contre la réforme du système de santé de Barack Obama, «la santé est une marchandise» comme les autres: l'État fédéral américain ne peut obliger personne à souscrire à une couverture maladie.

«La santé est une marchandise, comme quand on achète des pommes de terre au supermarché», dit cet ingénieur à la retraite de Caroline du Sud, 66 ans, depuis le petit stand qu'il tient à un rassemblement politique consacré à «la liberté» à Chantilly, en Virginie, près de Washington.

«Mieux vaut laisser le marché et la concurrence s'en occuper», explique-t-il. Derrière lui, un panneau du groupe républicain pour la liberté affiche les héros de la mouvance: le 40e président des États-Unis, Ronald Reagan, le troisième, Thomas Jefferson, et l'ex-candidat à la présidentielle Ron Paul.

La métaphore amidonnée est toute personnelle, mais les principes exprimés par ce militant reflètent l'argument adopté par le parti républicain pour contester depuis plus de trois ans, au Congrès puis jusqu'à la Cour suprême, la loi sur le système de santé, pierre angulaire du bilan social de Barack Obama, adoptée en 2010 uniquement avec des voix démocrates.

Plusieurs volets de la loi sont déjà en place. Les assureurs ne peuvent plus refuser de couvrir des enfants en raison de leurs antécédents médicaux. Les jeunes ont le droit de rester sur l'assurance de leurs parents jusqu'à 26 ans. Les soins préventifs doivent être intégralement remboursés.

Mais le coeur de la réforme, l'obligation légale pour chacun de souscrire une couverture maladie à partir du 1er janvier 2014, sous peine de pénalité fiscale (d'abord symbolique, 95 dollars en 2014), est la plus controversée. Et l'épreuve du feu commence le 1er octobre, quand les sites internet permettant aux dizaines de millions d'Américains non assurés de souscrire à un plan plus ou moins subventionné commenceront à accepter les inscriptions.

Plusieurs entreprises américaines, comme Home Depot, ont toutefois annoncé récemment qu'elles cesseraient de proposer une assurance à leurs employés, preuve selon les républicains que la réforme va bouleverser la façon dont tous les Américains se soignent.

L'abrogation d'«Obamacare» est devenue un pré-argument de campagne pour les législatives de 2014, sondages à l'appui.

Quatre études publiées en septembre ont montré que l'opinion voyait majoritairement de façon défavorable la réforme. Une majorité reconnaissait parallèlement n'avoir pas assez d'informations sur la complexe réforme.

«Ne laissez pas l'État jouer au docteur»

Steven, déjà assuré, croit par exemple qu'il sera obligé de se faire enregistrer auprès des autorités de son État, ce qui est inexact. Ou que le coût de son assurance va plus que doubler, alors que les prix connaissent une croissance modérée depuis plusieurs années.

Une vidéo publicitaire très relayée sur internet et à la télévision montre un «Oncle Sam» à l'air louche s'apprêtant à procéder à l'examen anal d'un patient, et l'examen gynécologique d'une jeune femme. «Ne laissez pas l'État jouer au docteur», conclut le clip, produit par le groupe Generation Opportunity, en incitant les jeunes à boycotter les plans vendus au travers des nouveaux sites internet.

«Cette loi a été imposée de force aux Américains», dit Steven. «Il faut mettre un terme à «Obamacare» avant qu'elle ne provoque des dégâts irréparables au pays».

Les républicains, qui contrôlent la moitié du Congrès, la Chambre des représentants, ont voté des dizaines de fois, symboliquement, pour abroger ou raboter la réforme.

«La Chambre se bat pour arrêter «Obamacare» depuis 2009, et nous avons répété à maintes reprises que cette loi allait augmenter les coûts pour les familles de la classe moyenne», a lancé Eric Cantor, chef de la majorité républicaine, vendredi.

Selon eux, les démocrates et Barack Obama sont responsables d'une expansion sans précédent du rôle de l'État dans l'économie.

Barack Obama «cherche intentionnellement à ruiner le pays pour le reconstruire de façon marxiste», dit Steven. «Doucement mais sûrement, ils réduisent notre Constitution à néant».

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