Direction de la Fed: décision délicate pour Obama

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Après sept ans à la présidence de la Fed, M. Bernanke, 59 ans, doit quitter son poste le 31 janvier. La Maison-Blanche a promis de désigner son successeur à l'automne.

Virginie MONTET
Agence France-Presse
WASHINGTON

Barack Obama doit trouver un successeur à Ben Bernanke à la tête de la banque centrale américaine à un moment où la Fed n'a guère besoin de remous lorsqu'elle amorce une délicate transition de sa politique monétaire.

Cinq ans après la crise de 2008 provoquée par la bulle immobilière et les prêts à risques (subprimes), l'économie américaine est encore sous perfusion de la Fed, qui a hâte de cesser d'injecter des liquidités dans le système financier.

Non seulement la banque centrale a gardé son taux directeur proche de zéro depuis fin 2008, mais elle dépense 85 milliards de dollars chaque mois en bons du Trésor et titres hypothécaires, une autre façon de faire pression à la baisse sur les taux et de favoriser l'activité économique.

Cela l'a menée en territoire inconnu, immobilisant pour plus de 3000 milliards de dollars d'actifs à son bilan, contre moins de 900 milliards il y a six ans. Cette politique a aussi favorisé Wall Street qui a retrouvé des sommets, mais qui vacille dès que Ben Bernanke évoque une réduction de l'argent facile.

Dans ce contexte, Ben Bernanke doit négocier adroitement sa sortie, en initiant l'allègement de la politique de soutien exceptionnel à l'économie.

«Le plus beau cadeau que pourrait faire M. Bernanke au prochain dirigeant de la Fed est de commencer à réduire les achats d'actifs», estimait Diane Swonk, l'économiste en chef de la firme de services financiers Mesirow Financial au Washington Post. «Cela planterait le décor pour une continuité», assure-t-elle.

M. Bernanke n'a plus que trois réunions du Comité de politique monétaire (FOMC) pour le faire, le 18 septembre, le 30 octobre et le 4 décembre.

Après sept ans à la présidence de la Fed, M. Bernanke, 59 ans, doit quitter son poste le 31 janvier. La Maison-Blanche a promis de désigner son successeur à l'automne.

Nommé par George W. Bush en 2006, reconduit en 2010 par Barack Obama, M. Bernanke aurait théoriquement pu être maintenu dans ses fonctions, mais n'a pas semblé y tenir. Le président Obama avait déclaré à la mi-juin que le patron de la Fed avait fait un travail «exceptionnel», mais qu'il était «déjà resté plus longtemps à ce poste qu'il ne le voulait et qu'il était supposé rester».

Colombe ou pro Wall Street

La campagne bat son plein pour sa succession et M. Obama, à qui il revient - avec l'aval du Congrès - de nommer celui qu'il qualifie d'«un des plus importants dirigeants politiques du monde» hésite entre deux candidats, Janet Yellen, déjà numéro deux de la banque centrale, et son ancien conseiller économique Larry Summers. Le nom d'un troisième candidat est murmuré, celui de Donald Kohn, 70 ans, ancien vice-président de la Fed.

Mme Yellen, 67 ans, qui, si elle était nommée, deviendrait la première femme présidente de la Fed, connaît bien la banque centrale où elle a effectué un tiers de sa carrière.

Démocrate, elle est plutôt vue comme une «colombe», davantage préoccupée par le chômage que par l'inflation.

L'ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et ex-conseiller économique de Barack Obama, Lawrence Summers, 58 ans, semble avoir les faveurs de la Maison-Blanche, mais rencontre critiques et opposition.

Si tout le monde salue son brillant intellect, beaucoup s'inquiètent de sa proximité avec «Wall Street» plutôt que «Main Street», de son caractère abrupt et de son opposition passée à la régulation des marchés financiers.

Cette question de succession à la tête de la plus puissante banque centrale du monde a tourné à la campagne politique. Fin juillet, plusieurs sénateurs démocrates ont signé une lettre demandant la nomination de Mme Yellen.

Vendredi, voyant la cote de M. Summers monter dans la presse, des élus démocrates de la commission des Affaires bancaires du Sénat ont annoncé qu'ils n'avaliseraient pas une nomination de l'ancien secrétaire au Trésor. Leur défection laisse présager une difficile confirmation par le Congrès.

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