«Mur budgétaire»: les yeux tournés vers Washington

Les employés de ce café Starbucks de Washington... (Photo Eva Hambach, Agence France-Presse)

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Photo Eva Hambach, Agence France-Presse

Les employés de ce café Starbucks de Washington D.C. invitent les membres du Congrès à s'entendre à propos du «mur budgétaire» en écrivant come together (tous ensemble) sur les gobelets de café.

La crise budgétaire américaine se lit même sur les gobelets de café Starbucks, à Washington. Les employés de la chaîne de cafés ont commencé à écrire à la main les mots come together (tous ensemble) sur les gobelets de café de leurs clients dans la capitale américaine, dans l'espoir d'aplanir les divergences d'opinions des législateurs à propos du «mur budgétaire». Le centre financier du monde ces jours-ci est effectivement à Washington où le président des États-Unis, Barack Obama, et les membres du Congrès reviennent ce matin pour tenter de négocier un accord afin d'empêcher la cure d'austérité forcée, faite de hausse d'impôts et de coupes draconiennes dans les dépenses, qui menace les États-Unis début 2013.

En l'absence de toutes avancées politiques, les marchés boursiers américains baignaient dans le rouge à la reprise des transactions, hier, après le congé de Noël. Les marchés canadiens d'actions et de matières premières sont pour leur part demeurés fermés pour le «Boxing Day». La plupart des marchés européens étaient aussi encore inopérants en ce lendemain de Noël.

À la Bourse de New York, l'indice Dow Jones des industrielles a ainsi reculé de 24,5 points à 13 114,6 points et l'indice élargi des 500 du Standard&Poor's a perdu 6,8 points à 1419,83. Le S&P 500 cumule tout de même un gain de près de 13% depuis le début de l'année, sa meilleure performance depuis 2009.

«Le simple fait de se rapprocher de la fin de l'année et donc, en l'absence d'accord, du mur budgétaire, pèse sur les indices», commente Michael James, de la firme californienne Wedbush Morgan Securities. Cette tension a même occulté la publication de chiffres positifs sur l'immobilier. Selon l'enquête Case-Shiller publiée par Standard&Poor's, les prix des maisons ont augmenté pour le neuvième mois consécutif en octobre dans les 20 plus grandes métropoles du pays. Les prix sont 4,3% plus élevés qu'il y a un an, ce qui est mieux qu'espéré par les économistes.

Le Nasdaq a pour sa part largué 0,7% de sa valeur à 2990,2 points. Le recul du titre d'Apple (-1,4% à 513$), principale valeur du marché électronique à dominante technologique, participait à la descente de l'indice en raison de premières estimations décevantes sur les ventes de détail pendant la période de Fêtes. D'autres titres technologiques évoluaient sur une note contrastée.

Le titre vedette canadien Research in Motion (RIM) a pour sa part repris un peu des couleurs à New York où il est interlisté. Le fabricant du téléphone intelligent BlackBerry a rebondi de 11,5% à 11,83$US après avoir dévissé de près de 25% au cours des deux séances précédentes sur son marché premier de Toronto. Les pétrolières étaient aussi en hausse, bien que modérée, sur le NYSE, ce qui augure bien pour la réouverture des marchés canadiens, aujourd'hui. Le prix du pétrole a repris de la vigueur après trois séances baissières d'affilée. Le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en février a bondi de 3% pour s'établir à 90,98$ sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), soit son plus haut niveau depuis près de 10 semaines. Les volumes en jeu étaient toutefois assez limités en l'absence de nombreux investisseurs en cette période de réjouissances.

La reprise des discussions budgétaires aux États-Unis, premier consommateur mondial d'or noir, soutient les cours du pétrole, a remarqué Bill Baruch, de iiTrader.com. Les cours du brut étaient aussi soutenus par un regain de tension entre l'Irak et le Kurdistan ainsi que par la découverte d'un complot terroriste contre les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite.

Sans accord entre M. Obama et les républicains de la Chambre des représentants, des hausses d'impôts et des réductions budgétaires considérables entreront en vigueur automatiquement le 1er janvier, ce qui menace de replonger les États-Unis dans une récession.

Jusqu'à maintenant, le président et les républicains ont été incapables de trouver une solution pour éviter la mise en place de ces mesures. Des élus se sont montrés pessimistes quant à la possibilité de conclure un accord avant mardi prochain.

Dimanche, la sénatrice républicaine Kay Bailey Hutchison a estimé que tout accord conclu dans les jours à venir ne pourrait être qu'une solution temporaire, «parce qu'on ne peut tout résoudre en quatre jours».

Le président Obama a déjà réduit ses ambitions pour un accord budgétaire élargi. Avant de quitter la capitale vendredi, il avait appelé à l'adoption d'un accord limité permettant d'éviter les hausses d'impôts automatiques pour la plupart des Américains et de repousser les coupes budgétaires fédérales.

Incidemment, Starbucks, la plus grande chaîne de cafés au monde, a elle-même perdu 1% de sa valeur à 53,13$ l'action, malgré son coup de marketing.

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