Économie américaine: une reprise inégale à New York

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La reprise n'empêche pas la tenue de manifestations sur Wall Street, comme ici devant les bureaux de JPMorgan en faveur d'un resserrement des règles bancaires.

Richard Hétu, collaboration spéciale
La Presse

(New York) Les taxes municipales n'augmenteront pas. Les bibliothèques et les postes de pompiers resteront toutes ouvertes. Aucun enseignant ne sera licencié. Et les services de garde à l'enfance seront étendus.

Il y a une semaine, le maire de New York, Michael Bloomberg, et la présidente du Conseil municipal, Christine Quinn, ont annoncé fièrement ces bonnes nouvelles en présentant un budget équilibré de 68,5 milliards de dollars pour l'exercice financier commençant le 1er juillet.

Ce budget est la plus récente indication de la bonne tenue de l'économie new-yorkaise, qui s'est largement remise de la crise financière de 2008. En fait, depuis 2009, la ville a retrouvé «plus de 200%» des emplois du secteur privé qui avaient été perdus pendant la récession, selon le maire Bloomberg, fana des données économiques.

Plusieurs de ces emplois ont été créés dans les services professionnels et techniques, de même que dans les secteurs du tourisme et du commerce au détail, qui connaissent une période de forte croissance. Selon une étude publiée début juin par la société immobilière Eastern Consolidated, les ventes au détail devraient atteindre 52,4 milliards US en 2012 à New York, une hausse de 42% par rapport à 2007.

Et Oliver Lehmann n'y sera pas étranger. Depuis le début de la semaine, ce touriste de Hambourg ratisse les magasins électroniques de Midtown Manhattan à la recherche d'aubaines.

«Nous pouvons trouver les mêmes gadgets en Allemagne, mais les nouveaux sont ici et coûtent environ 20% moins cher qu'en Allemagne», a-t-il déclaré avant de filer vers le nouveau magasin Apple de la gare Central Station.

La ville de New York s'attend à accueillir 51,5 millions de touristes en 2012, soit 1,3 million de plus que 2011, une année record. Depuis 2007, elle a ajouté quelque 14 000 chambres d'hôtel pour répondre au nouvel afflux de visiteurs, qui devraient dépenser 34 milliards de dollars d'ici la fin de l'année.

Le marché immobilier est stable, du moins à Manhattan. Le prix moyen des appartements de l'arrondissement a augmenté de 1% par rapport au deuxième trimestre de 2011, pour atteindre 1,45 million de dollars, selon des données rendues publiques hier.

Taux de chômage élevé

Mais il y a des ombres au tableau. Malgré la création d'emplois du secteur privé, le taux de chômage demeure élevé à New York, étant passé de 8,8% à 9,7% de mai 2011 à 2012.

La situation est particulièrement difficile pour les Noirs en âge de travailler. Plus de la moitié d'entre eux sont sans emploi, selon une analyse des données du département du Travail. Bon nombre d'entre eux occupaient des postes dans la fonction publique, la construction ou le secteur manufacturier, des domaines qui ont été frappés de façon disproportionnée par la récession.

Charles Johnson, 39 ans, fait partie des laissés-pour-compte de la reprise économique à New York. Depuis plus de cinq mois, il cherche un emploi d'informaticien. En vain.

«Je suis en train de penser que je devrais retourner aux études», a-t-il dit hier matin en consultant une liste de postes affichés au Workforce1 Career Center, à Harlem. «Dans le climat actuel, un seul bac ne suffit pas.»

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