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Risque de répétition de la crise des années 1930
Le 24 octobre 1929, la Bourse de New York s'emballe et la panique s'installe à Wall Street, marquant le début de la Grande Dépression.
Agence France-Presse
Washington
Il y a aujourd'hui «un risque de répétition de ce que les États-Unis ont vécu dans les années 1930 ou de ce que le Japon connaît depuis vingt ans», a déclaré M. Evans, président de l'antenne de la Fed de Chicago, lors d'un discours dont la Réserve fédérale a publié le texte en ligne.
Pour M. Evans, l'Amérique est victime de la «trappe à liquidités». En théorie keynésienne, c'est une situation dans laquelle la politique monétaire classique touche ses limites, avec des taux d'intérêt à court terme au plancher ne pouvant plus être abaissés pour stimuler consommation et investissement.
Cela «présente, dit M. Evans, un danger évident et réel de faiblesse économique prolongée» pouvant déboucher facilement sur une rechute de l'activité au vu des chocs externes probables, comme celui d'une «perturbation financière majeure en Europe».
La Fed maintient son taux directeur quasi nul depuis trois ans et intervient de nouveau sur les marchés depuis octobre pour faire baisser les taux d'intérêt à long terme.
Pour éviter que le pire se produise et afin de soutenir la croissance de l'économie américaine qui, plus de deux ans et demi après le début de la reprise, reste très faible, M. Evans propose depuis plusieurs mois que la Fed s'engage à maintenir son taux directeur exceptionnellement bas tant que le taux de chômage, actuellement de 8,5%, est supérieur à 7%.
Il a redit mardi que, pour tenir cet engagement, la Fed pouvait s'accommoder d'une inflation allant jusqu'à 3% alors que les dirigeants de la Réserve fédérale jugent souhaitable que la hausse des prix soit légèrement inférieure à 2,0%.
M. Evans est loin d'avoir convaincu ses collègues au sein du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) de la pertinence de ses vues.
Ainsi, Charles Plosser (Fed de Philadelphie), a jugé mercredi, lors d'un discours dont le texte a été transmis à la presse, que la Fed devait «surveiller très attentivement l'inflation, en particulier dans l'environnement actuel d'une politique monétaire très accommodante».
M. Plosser estime que l'inflation devrait ralentir à court terme après sa poussée provoquée par la flambée des matières premières du premier semestre 2011. Cependant, il juge capital que la Fed fasse preuve de «précaution quant au degré du concours financier qu'elle apporte à l'économie».
Très marqué par la période de stagflation de la décennie 1970 et la crise des années 1980 qui l'avait suivie, le président de la Fed de Philadelphie est d'avis que «l'inflation se développe la plupart du temps petit à petit et que si la politique monétaire attend trop longtemps pour y répondre, le coût des mesures de correction peut être très élevé».
M. Plosser est un des dirigeants de la Fed les plus optimistes pour l'économie des États-Unis. Il prévoit une croissance du PIB de 3% pour l'année 2012.
Le krach de 1929 à Wall Street avait débouché sur une crise économique majeure aux États-Unis dont le pays n'est véritablement sorti qu'avec le déclenchement de la Seconde guerre mondiale.
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