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Reprise de l'activité industrielle aux É-U
Agence France-Presse
Washington
L'indice ISM industriel a gagné quatre points en août pour s'établir à 52,9, soit un peu mieux que prévu par les analystes, qui s'attendaient simplement à une stabilisation du secteur, tablant sur un indice à 50,5 alors que 50 marque la frontière entre contraction et expansion de l'activité.
L'indice atteint ainsi son plus haut niveau depuis juin 2007, soit moins de deux mois avant le déclenchement de la crise des crédits immobiliers à risque américains qui devait emporter l'économie des États-Unis, et avec elle celle du monde entier.
«Bien que cela soit certainement positif, il faut garder à l'esprit que nous avons là affaire au début d'un nouveau cycle et que toutes les industries ne participent pas à la croissance», souligne l'ISM dans le compte-rendu de son enquête mensuelle, notant que 11 branches de l'industrie sur 18 ont progressé au cours du mois.
La croissance de l'indice a été tirée par celle de la composante mesurant les commandes nouvelles, qui a gagné 9,6 points pour s'établir à 64,9, son plus haut niveau depuis décembre, ajoute l'association.
L'ISM ajoute que la croissance de l'industrie «semble viable à court terme dans la mesure où les entreprises du secteur ont réduit leurs stocks pendant quarante mois de suite», ce qui va les contraindre à augmenter leur production pour accompagner la hausse de la demande.
L'association estime même que l'économie américaine a connu en août son quatrième mois de croissance consécutif, en vertu d'une corrélation existant «d'une manière générale» entre la croissance du pays et un indice ISM manufacturier supérieur à 41,2.
Les États-Unis sont entrés en récession en décembre 2007 et il appartiendra officiellement au Bureau national de la recherche économique (NBER) d'en déterminer la fin.
Pour Elsa Dargent, économiste de Natixis, l'indice ISM est conforme au scénario attendu d'un retour de la croissance au troisième trimestre. Néanmoins, estime-t-elle, celle-ci «est soutenue principalement par le plan de relance budgétaire et les rabais consentis pour l'achat de voitures, et nous ne nous attendons pas à qu'elle dure à long terme».
L'économiste indépendant Joel Naroff se réjouit pour sa part que «pour la première fois depuis un an et demi, l'industrie soit en croissance».
Il ne s'agit pas seulement pour lui du résultat du soutien du gouvernement puisque la hausse dépasse de loin le seul secteur des voitures, mais il avertit qu'il faudra du temps pour remonter la pente.
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