Bois d'oeuvre: la taxe a déjà fait monter les prix

Le mois dernier, le département du Commerce des... (PHOTO Darren Calabrese, Archives la presse canadienne)

Agrandir

Le mois dernier, le département du Commerce des États-Unis a imposé des droits compensateurs de près de 20 % sur le bois d'oeuvre canadien.

PHOTO Darren Calabrese, Archives la presse canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers  »

Industrie forestière

Industrie forestière

L'industrie forestière québécoise a durement ressenti la décision du gouvernement américain d'imposer des droits de douane de 20% sur le bois d'oeuvre canadien. Devant cet obstacle, les acteurs d'ici se trouvent face à un obstacle supplémentaire pour demeurer compétitifs sur le sol américain. Et c'est probablement par leurs innovations que les firmes québécoises peuvent maintenir, voire améliorer, leur position. »

Les prix sur le marché américain du bois d'oeuvre ont déjà augmenté du même montant que le droit compensateur imposé par l'administration Trump, alors qu'une délégation québécoise est à Washington aujourd'hui pour trouver des appuis.

« Pour moi, la taxe est déjà dans le marché », a affirmé à La Presse le négociant en bois William Giguere, du grossiste américain Sherwood Lumber.

Le mois dernier, l'indice du prix du bois Random Lengths a atteint 430 $ en moyenne par 1000 pieds linéaires, en hausse de 21 % par rapport à janvier 2017. C'est la plus haute cote depuis plus de 10 ans, sauf pour deux mois en 2013. Le prix moyen depuis 20 ans est de 336 $.

Le mois dernier, le département du Commerce des États-Unis a imposé des droits compensateurs de près de 20 % sur le bois d'oeuvre canadien, en réponse à une plainte des industriels américains qui accusent le Canada de subventionner son industrie forestière. Cinq grandes entreprises canadiennes se sont vu imposer des tarifs individuels variant de 3 à 24 %.

Selon M. Giguere, les prix avaient commencé à augmenter il y a deux mois et ils ont commencé à se stabiliser, voire à diminuer. « Mais le volume n'est pas là », dit-il.

Autrement dit, les acheteurs ont retenu leurs achats, espérant une baisse. Mais cela commence à avoir des impacts, note M. Giguere. « La question est de savoir si les détaillants peuvent tenir le coup avec leurs stocks, dit-il. Il y a des projets de construction qui sont bloqués parce qu'il manque de matériel. »

PRIX DES MAISONS EN HAUSSE

Les répercussions négatives de la guerre du bois d'oeuvre sur la construction résidentielle sont le principal argument d'une délégation de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) qui est à Washington aujourd'hui.

Alexandre Cusson, maire de Drummondville et premier vice-président de l'UMQ, dirige cette mission, en compagnie de quatre autres maires et de John Parisella, de la firme BCP.

« On a des rendez-vous avec différentes associations, dont la U.S. Lumber Coalition, les gens qui ont demandé le droit compensateur, a-t-il dit vendredi en entrevue avec La Presse. On ne s'attend pas à les faire changer d'idée, mais on veut leur expliquer le régime forestier du Québec, qui a changé en 2013. »

La délégation québécoise rencontrera aussi le principal allié du secteur du bois d'oeuvre canadien à Washington, l'Association nationale de la construction résidentielle (National Association of Home Builders).

Et la visite comprendra bien sûr des rendez-vous avec des sénateurs et des représentants.

« On veut expliquer aux gens qu'il y aura des impacts négatifs aux États-Unis, dit M. Cusson. Chaque augmentation de 1000 $ du prix d'une maison restreint l'accès à la propriété pour 153 000 familles. Déjà depuis janvier, le prix du bois d'oeuvre a augmenté de 21 % et on est à 3600 $ par maison.

« On veut faire ressortir l'impact sur la classe moyenne américaine. C'est un des arguments qui touchent les Américains et la présidence aussi. » - Alexandre Cusson

Le mois prochain, le département du Commerce doit annoncer quelle suite il donnera à l'autre plainte portée par la U.S. Lumber Coalition, cette fois concernant la pratique du dumping. Un autre droit compensateur pourrait alors s'ajouter.

Selon M. Giguere, cette nouvelle bataille du bois d'oeuvre, la sixième depuis 35 ans, s'annonce déjà différente de la précédente. Il souligne d'abord le fait que les droits compensateurs sont rétroactifs pour la plupart des scieries. Et ensuite que les droits doivent être acquittés en argent comptant, et non par lettre de crédit (bond).

« Les moulins doivent payer comptant, cette fois, dit-il. C'est une grosse différence. Et la détermination finale ne se fera pas avant la fin de l'année, et il faut payer de l'argent d'avance. C'est pour ça que bien des scieries canadiennes ont décidé de rester à l'écart du marché américain. »




La Presse Affaires vous suggère

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer