Bois d'oeuvre: des répercussions attendues dès lundi

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À partir de lundi, Produits forestiers Résolu réduira des quarts de travail dans sept scieries et reportera le début de certaines de ses activités forestières touchant 1282 travailleurs.

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Industrie forestière

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L'industrie forestière québécoise a durement ressenti la décision du gouvernement américain d'imposer des droits de douane de 20% sur le bois d'oeuvre canadien. Devant cet obstacle, les acteurs d'ici se trouvent face à un obstacle supplémentaire pour demeurer compétitifs sur le sol américain. Et c'est probablement par leurs innovations que les firmes québécoises peuvent maintenir, voire améliorer, leur position. »

La Presse Canadienne
Ross Marowitz

Des centaines de travailleurs du secteur forestier québécois expérimentent déjà les premiers goûts amers du conflit commercial sur le bois d'oeuvre avec les États-Unis, alors qu'ils se préparent pour les premières réductions de leurs heures de travail.

À partir de lundi, Produits forestiers Résolu réduira des quarts de travail dans sept scieries et reportera le début de certaines de ses activités forestières touchant 1282 travailleurs.

Ainsi les scieries de Girardville, de Mistassini et de St-Félicien, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, perdront un quart de travail pendant six semaines. À Normandin et à Saint-Thomas, seulement trois des quatre quarts de travail seront en activité pendant une période indéterminée.

La scierie des Outardes, à Baie-Comeau, suspend certaines de ses activités pendant une période de deux semaines ; celle de La Tuque fermera ses portes pendant sept jours à compter du 29 mai.

Pierrot Fortin a vécu ce genre de déchirement au début des années 2000, dans une période d'impasse antérieure. Il se prépare encore une fois à perdre un certain revenu et à faire face à l'incertitude.

En entrevue à La Presse canadienne, le camionneur qui transporte du bois issu de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean a souligné que « les arrêts de travail comme cela ne sont jamais faciles ».

Il a ajouté que tous sont « inquiets » face aux effets attendus, notamment celui sur les familles.

L'homme de 48 ans s'estime toutefois plus chanceux que d'autres, mentionnant que sa maison est presque entièrement payée et que ses deux enfants ne sont plus des bébés.

L'une des grandes inquiétudes est que les compressions temporaires soient prolongées si les entreprises voient la pression qui pèse sur elles augmenter face aux droits rétroactifs imposés aux produits du bois d'oeuvre par les États-Unis. La possibilité de frais additionnels, qui pourraient être annoncés le mois prochain, est aussi crainte.

Au cours d'une dispute antérieure entourant le bois d'oeuvre, le Canada a perdu 20 000 emplois en foresterie de 2000 à 2006. Environ 400 scieries avaient également fermé complètement entre 2004 et 2009.

Unifor, qui représente 24 000 travailleurs forestiers de 134 entreprises, évalue que les droits cette fois-ci imposés pourraient toucher 25 000 emplois canadiens.

Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, a affirmé que toute réduction du temps de travail qui s'échelonnerait sur plus de deux semaines pour une centaine de travailleurs d'usine serait difficile à encaisser pour les familles de cette localité située à environ 200 kilomètres au sud du lac Saint-Jean.

« À court terme, je n'ai pas beaucoup d'inquiétudes, mais si cela continue pour un ou deux ans, beaucoup de tort sera causé », a-t-il dit.

Si les travailleurs étaient conscients des défis auxquels fait face le secteur forestier, ils ont été surpris par la vitesse avec laquelle Résolu est intervenu pour réduire ses dépenses. De plus, les droits préliminaires de la société se trouvent en deçà de la moyenne canadienne de 20 % sans rétroactivité, a souligné le président de la division locale d'Unifor pour la scierie de Dolbeau-Mistassini.

Selon Résolu, l'effet immédiat sur l'industrie est largement attribuable à l'instabilité des prix courants en raison des droits. Aussi, on estime que certains clients américains se sont bâti des réserves pour se préparer aux nouveaux frais.

Quoi qu'il en soit, la situation crée de l'anxiété puisqu'on ne sait toujours pas combien de temps dureront les mesures compensatoires.

« Ces familles sont dévastées tout comme si elles étaient frappées par un ouragan », a dit M. Leblond.

Il craint que davantage de coupes ne surviennent dans deux usines de papier si aucune mesure ne vient pallier les inconvénients provoqués par les droits punitifs sur le papier supercalandré.

Les usines du Québec sont parmi les premières au Canada à ressentir les effets des droits promulgués aux États-Unis. Toutefois, une usine du Nouveau-Brunswick a déjà dû fermer boutique, touchant ainsi six travailleurs.

Le propriétaire de l'entreprise Hainesville Sawmill, établie au nord-ouest de Fredericton, a expliqué qu'il a dû fermer pour au moins six mois.

Il n'a pas encore été question de fermetures dans l'ouest du Canada, mais les travailleurs de la région sont nerveux, a dit le président du Conseil du bois du Syndicat des Métallos, Bob Matters.

Des maires du Québec en mission à Washington

Des maires du Québec sont à Washington jusqu'à mardi, dans le cadre d'une mission de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) sur le bois d'oeuvre.

L'UMQ veut sensibiliser les élus et les partenaires forestiers américains à l'importance pour les deux pays de parvenir à un accord sur le bois d'oeuvre résineux.

Pour ce faire, les maires rencontreront des élus du Congrès américain et des associations du secteur forestier.

Des rencontres avec les dirigeants de la U.S. Lumber Coalition et de la National Association of Home Builders étaient prévues au programme.

Les droits compensatoires imposés par les États-Unis sur les exportations canadiennes de bois d'oeuvre et pouvant aller jusqu'à 24 % seront au menu des discussions de la délégation.

« Ces droits compensatoires frappent l'économie québécoise de façon importante », a déclaré le maire de Drummondville et premier vice-président de l'UMQ, Alexandre Cusson, qui dirige la mission.

Depuis Washington, en entrevue à La Presse canadienne, le maire de Drummondville a indiqué qu'il y a « plus de 200 municipalités au Québec dont l'économie dépend principalement de la forêt ».

« On ne vient pas ici avec la prétention qu'on va régler le conflit, on comprend que c'est le gouvernement fédéral qui négocie avec Washington, mais plus on est à sensibiliser les Américains, on croit qu'ultimement ça nous permettra de nous rapprocher d'une entente », a précisé M. Cusson.

Quatre autres maires membres du comité de la forêt de l'UMQ accompagnent M. Cusson. Il s'agit de la mairesse de Rivière-Rouge, Déborah Bélanger, du maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, du maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte, et du maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil.

L'ancien délégué général du Québec à New York, John Parisella, participe aussi à la mission.

Les maires feront un bilan de leur visite à Washington, mardi.




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