Hydro-Québec renonce à un projet d'interruption des chauffe-eau

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Après plusieurs années d'études et de projets-pilotes, Hydro-Québec voulait lancer son programme d'interruption volontaire des chauffe-eau en 2017. La société d'État a toutefois été refroidie par l'Institut national de la santé publique, qui a noté un risque de légionellose lié à la pratique.

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Hélène Baril

Hydro-Québec, qui s'apprêtait à lancer son projet d'interruption des chauffe-eau pour diminuer la demande d'électricité en période de grands froids, doit faire marche arrière en raison d'un obstacle imprévu : les risques de légionellose. Pourtant, il s'agit d'un mécanisme utilisé par Hydro-Sherbrooke depuis 1994.

L'Institut national de la santé publique a refusé de donner son appui au projet d'Hydro-Québec, plaidant que la baisse temporaire de la température dans les chauffe-eau favorise la prolifération de bactéries, dont la legionella qui, dans sa forme la plus grave et potentiellement mortelle, est connue sous le nom de maladie du légionnaire.

Hydro-Québec voulait lancer son programme d'interruption volontaire des chauffe-eau en 2017, après plusieurs années d'études et de projets- pilotes. Le but était de convaincre 100 000 ménages québécois d'accepter que l'alimentation en électricité soit interrompue lors de froids intenses, pour réduire la demande. Hydro avait prévu que chaque interruption durerait entre trois et quatre heures et qu'il pourrait y en avoir un maximum de 20 par année.

Ces volontaires auraient eu droit en échange à un rabais variant entre 1,50 $ et 10 $ sur leur facture mensuelle d'électricité, selon le nombre d'interruptions. Hydro avait prévu dépenser 26 millions pour mettre en oeuvre son projet, notamment en lançant un appel d'offres pour la gestion des interruptions. L'objectif était d'économiser un peu d'énergie pendant la période de l'année où la société d'État doit importer de l'électricité à des coûts très élevés. 

Même si elle ne souscrit pas aux réserves soulevées par l'Institut national de santé publique quant aux risques de légionellose, Hydro-Québec a préféré ne pas affronter ce qui s'annonçait comme une controverse considérable.

Le projet n'est pas abandonné, mais reporté pour une période indéterminée, a fait savoir un porte-parole de l'entreprise.

Économies considérables

L'utilisation des chauffe-eau comme des réserves thermiques qui peuvent être utilisées en période de forte demande n'est pas nouvelle. Plusieurs distributeurs d'électricité y ont recours, dont Hydro-Sherbrooke.

Environ 4500 des 75 000 clients d'Hydro-Sherbrooke adhèrent à un programme de biénergie et 90 % d'entre eux acceptent que l'alimentation de leurs chauffe-eau soit interrompue, indique Pierre Fréchette, d'Hydro-Sherbrooke. Le programme existe depuis 1994 et le suivi statistique n'a pas démontré une incidence plus élevée de légionellose qu'ailleurs au Québec, selon lui.

Les économies qui peuvent être réalisées en réduisant la consommation de pointe sont considérables. L'approvisionnement en pointe coûte 28 cents le kilowattheure et les clients paient le même prix que d'habitude, autour de 7 cents le kilowattheure, pour le consommer.

C'est la raison pour laquelle Hydro-Québec n'a pas complètement renoncé à l'idée. Elle a l'intention de discuter avec les manufacturiers de chauffe-eau pour savoir si leur conception peut être modifiée afin d'en éliminer tous les risques.

***

D'AUTRES SOLUTIONS

Voici quelques solutions mises de l'avant par Hydro-Québec pour réduire la consommation d'énergie en période de pointe.

Chauffage central

Un projet-pilote teste la gestion à distance des plinthes électriques, à l'aide d'une technologie de thermostats communicants.

Chauffe-eau à trois éléments

La promotion de chauffe-eau à trois éléments, qui aide à réduire la demande en puissance, sera poursuivie malgré des ventes jugées décevantes pour ce type d'appareil.

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Hydro entend poursuivre sa campagne de sensibilisation auprès de ses clients et notamment sa publicité sur le thème : Par grand froid, on répartit sa consommation d'électricité.




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