Le pétrole finit en nette baisse à New York

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Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en mai a perdu 1,11 dollar à 38,28 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

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Agence France-Presse
New York

Les cours du pétrole ont nettement baissé mardi et semblaient avant tout pâtir d'un changement global d'humeur chez les investisseurs, de nouveau inquiets du niveau élevé de l'offre à travers le monde.

Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en mai a perdu 1,11 dollar à 38,28 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison à la même échéance a cédé 1,13 dollar à 39,14 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

«On assiste à des prises de bénéfices après de nombreux paris à la hausse», a estimé John Kilduff, d'Again Capital.

Les cours pétroliers ont connu un premier trimestre agité, puisqu'ils sont tombés début février au plus bas depuis 2003 avant de reprendre quelque 40% en à peine plus d'un mois, et ils semblent désormais marquer le pas.

Sur ce plan, mardi, ce sont les inquiétudes de fond sur le niveau élevé de l'offre qui semblent reprendre le dessus, même si les investisseurs n'ont pas digéré de nouvel élément décisif sur le sujet depuis le week-end.

Aux États-Unis, «les chiffres sur les réserves devraient témoigner d'une nouvelle hausse des stocks de brut», tandis que dans le reste du monde, «on doute de plus en plus de l'idée d'un accord entre grands producteurs pour geler leur offre», a résumé M. Kilduff.

Sur le premier plan, le marché pétrolier, déjà abattu la semaine précédente par l'annonce d'un bond de près de dix millions de barils des réserves américaines de brut, prendra d'abord connaissance des estimations hebdomadaires de la fédération American Petroleum Institute (API), mardi après la clôture, puis des chiffres officiels du département de l'Energie (DoE), mercredi.

Réouverture d'un gisement

Même si «les réserves de brut devraient avoir nettement monté à cause d'importations soutenues et de la saison de maintenance des raffineries (...) celles d'essence devraient avoir baissé face à une demande solide et à un destockage des réserves d'hiver», a nuancé Matt Smith, de ClipperData.

De plus, les observateurs seront tout aussi attentifs au niveau de la production américaine de pétrole, et non seulement des réserves, qui décline, elle, de façon assez régulière depuis plusieurs semaines.

En ce qui concerne la situation des autres grands producteurs, en premier lieu ceux qui appartiennent à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), les analystes essaient d'évaluer les chances d'un accord sur une stabilisation de la production à l'issue d'une réunion à la mi-avril entre la plupart des membres du cartel et des pays extérieurs comme la Russie.

«On espère toujours un peu que le sommet du 17 avril -auquel est désormais prévue la présence de l'Iran même s'il ne participera pas à un gel de la production- aboutisse à un ajustement de l'offre», a reconnu Tim Evans, de Citi.

L'Arabie saoudite, membre dominant de l'OPEP, la Russie, le Qatar et le Venezuela ont déjà annoncé en février un accord pour ne plus augmenter leur production, ce qui avait contribué à déclencher le rebond des cours, mais les observateurs estiment largement que ce pacte n'est valable que comme un premier pas vers un vrai rééquilibrage du marché.

Or, «l'idée même d'un gel semble être mise en doute aujourd'hui par l'annonce que l'Arabie saoudite et le Koweït s'apprêtent à relancer le gisement de Khafji, qui représente 300 000 barils par jour (b/j)», a prévenu M. Evans.

Le Koweït a annoncé que les deux pays étaient parvenus à un accord sur une reprise de la production dans ce champ commun, situé en mer, qui faisait l'objet d'un différend.

Du côté d'un autre acteur majeur de l'OPEP, l'Irak, deuxième producteur du cartel, les nouvelles ne sont guère plus encourageantes pour le marché puisque «ses exportations par voie maritime continuent à augmenter et témoignent ainsi de la hausse de la production du pays», a remarqué M. Smith. «Cela fait dix mois de suite que les cargaisons faites au terminal d'al Basrah montent sur un an.»

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