La production canadienne de pétrole pourrait s'immobiliser

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Au Canada, la production pétrolière devrait croître en moyenne de 4,35 millions de barils par jour, soit 20 000 barils de moins que dans la prévision précédente de l'OPEP. Ce recul serait attribuable à la chute du cours du pétrole, qui force les producteurs à réduire leurs budgets.

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Ian Bickis
La Presse Canadienne

La croissance de la production de pétrole au Canada pourrait ralentir ou même s'immobiliser dans cinq ans, une fois que les projets actuellement en construction seront terminés, a averti lundi l'Agence internationale de l'énergie.

Dans un rapport, l'organisation établie à Paris a indiqué s'attendre à ce que la production du Canada augmente de 800 000 barils par jour d'ici 2021, ce qui porterait son total à 5,2 millions de barils par jour. La plus grande partie de cette croissance devrait provenir des sables pétrolifères albertains, où la production de bitume pourrait atteindre 3,4 millions de barils par jour.

Mais un certain nombre de facteurs, incluant les coûts liés à la production de brut à partir des sables bitumineux, menace de limiter ou même de mettre un terme à une telle croissance, a indiqué l'AIE.

«L'augmentation des inquiétudes environnementales, l'absence de pipelines pour rejoindre les nouveaux marchés et l'incertitude entourant l'impact de l'élection du Nouveau Parti démocratique en Alberta l'an dernier font en sorte que les entreprise ralentissent le développement», a-t-elle précisé.

«En conséquence, nous allons probablement observer des augmentations soutenues de capacité à court terme, avec un ralentissement considérable de la croissance, si elle ne devient pas complètement immobile, une fois la construction de projets complétée.»

Un certain nombre de nouveaux développements canadiens récemment exploités ou bientôt complétés alimenteront la croissance dans les cinq prochaines années, a indiqué l'AIE. Ceux-ci comprennent l'expansion du projet albertain Kearl, de la Pétrolière Impériale, complété en juin 2015, ainsi que le projet Hebron, au large de Terre-Neuve-et-Labrador, dont la production doit débuter en 2018.

Le rapport de l'AIE, qui se penche sur les prévisions pour la production mondiale de pétrole jusqu'à 2021, calcule que les investissements dans le secteur pétrolier ont diminué de 24 pour cent l'an dernier et qu'ils devraient diminuer d'un autre 17 pour cent cette année.

Selon la vice-présidente de la recherche en énergie chez Arc Financial, Jackie Forrest, les développements de sables bitumineux vont ralentir parce que les entreprises favoriseront de plus petits investissements et des rendements plus rapides.

«Il y a beaucoup d'incertitude au sujet de la future croissance et beaucoup de vents contraires qui se présentent pour les sables bitumineux», a observé Mme Forrest. «Même si on prend pour acquis qu'il y aura une reprise des prix, les projets assortis à de plus courts cycles sont favorisés, contrairement aux sables bitumineux, qui sont des investissements de mégaprojets.»

Un déclin du nombre de nouveaux projets changerait de façon significative la dynamique de la main-d'oeuvre du secteur pétrolier en la faisant migrer de la croissance vers la maintenance, a observé la semaine dernière l'organisation Enform, financée par l'industrie.

Selon le groupe, le nombre d'emplois dans la construction pourrait diminuer de 84 pour cent, soit environ 10 300 emplois, d'ici 2020, tandis que le nombre d'emplois dans l'exploitation et la maintenance augmenterait de 9870.

Depuis la mi-2014, les prix du brut ont plongé de 70 pour cent. À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole a avancé lundi de 1,64 $ US pour clôturer à 33,39 $ US le baril.

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