Hydro-Québec: une gouvernance perturbée

«Normalement, le conseil d'administration d'une grande société comme... (Photo Ivanoh Demers, Archives La Presse)

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«Normalement, le conseil d'administration d'une grande société comme Hydro-Québec doit préparer la succession du PDG, qui peut quitter son poste n'importe quand, explique Yvan Allaire, de l'Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées. C'est une faille de gouvernance de ne pas l'avoir fait.»

Photo Ivanoh Demers, Archives La Presse

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Hélène Baril

Le fonctionnement du conseil d'administration d'Hydro-Québec, qui a la responsabilité de choisir un successeur à Thierry Vandal, est passablement perturbé depuis plusieurs mois par une succession rapide de présidents à sa tête et le départ d'administrateurs qui n'ont pas été remplacés.

«Normalement, le conseil d'administration d'une grande société comme Hydro-Québec doit préparer la succession du PDG, qui peut quitter son poste n'importe quand, explique Yvan Allaire, de l'Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées. C'est une faille de gouvernance de ne pas l'avoir fait.»

Hydro a un nouveau président du conseil d'administration depuis octobre 2014. L'homme d'affaires Michael Penner a succédé à Pierre Karl Péladeau, qui n'a fait que passer à ce poste.

M. Allaire a déjà critiqué la nomination de Michael Penner à ce poste prestigieux. M. Penner, à la tête de Bonneterie Richelieu, une PME qui fabrique des chaussettes et qui est surtout active à l'extérieur du Québec, est un choix étonnant pour présider le conseil d'administration de la plus importante entreprise du Québec, avait souligné Yvan Allaire.

Un tel candidat, qui n'a ni expérience de la gestion des grandes entreprises ni d'expertise en finance ou en gouvernance, aurait dû être nommé d'abord membre du conseil, pas président, a réitéré M. Allaire lors d'un entretien avec La Presse Affaires.

Michael Penner a aussi été nommé président du comité de gouvernance et d'éthique du conseil, dont la tâche est d'évaluer le fonctionnement du conseil. «C'est une très mauvaise pratique que de confier au président d'un conseil d'administration la tâche de porter un jugement sur celui-ci», dit-il.

Ce n'est peut-être qu'une coïncidence, mais l'arrivée de Michael Penner a été suivie peu de temps après par le départ de Michel Plessis-Bélair, un dirigeant de Power Corporation et administrateur chevronné. Une autre administratrice d'expérience, Marie-France Poulin, a quitté le conseil avant la fin de son mandat.

Selon Hydro, le mandat de M. Plessis-Bélair était terminé et ne pouvait pas être renouvelé. L'usage veut toutefois que l'administrateur dont le mandat est échu reste en poste en attendant la nomination d'un nouvel administrateur.

Même s'il s'agit de nominations recherchées, quatre postes sont toujours vacants au conseil d'Hydro. «Il n'est pas anormal que des postes soient vacants à un conseil d'administration», a fait savoir hier la porte-parole du ministre Pierre Arcand.

En plus des départs au C.A., deux autres dirigeants d'Hydro-Québec, en plus de Thierry Vandal, ont annoncé récemment qu'ils quittaient l'entreprise.

Le député péquiste et candidat à la succession de Pauline Marois, Bernard Drainville, a convoqué la presse hier à Québec pour faire part de ses inquiétudes à la suite de ces départs.

«On pense que ça commence à en faire beaucoup, là. [...] Que l'on arrête de nous parler de coïncidences. Il n'y a plus personne qui croit que ces départs sont une coïncidence.

- Avec Tommy Chouinard à Québec

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