Des financiers s'unissent contre la pollution

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La divulgation de l'Engagement de Montréal sur les émissions de gaz carbonique, qui est l'un des pires polluants atmosphériques dits à «effet de serre» survient aussi au lendemain du sommet de l'ONU sur les changements climatiques.

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Réunis à Montréal en conférence sur l'investissement responsable, quelques-uns des plus gros investisseurs du monde ont convenu de nouveaux objectifs communs afin de mieux surveiller les émissions de gaz carbonique des entreprises et des actifs où ils placent leurs milliards de dollars.

Cet accord, nommé «Engagement de Montréal sur le carbone» (Montreal Carbon Pledge), a été dévoilé hier à la première journée de la conférence de l'organisation internationale Principles for Responsible Investment (PRI). Cette organisation, établie à Londres et affiliée aux Nations unies (ONU), regroupe quelque 1300 investisseurs institutionnels (caisses de retraite, fonds communs, etc.) et des firmes de gestion de placements provenant d'une vingtaine de pays et dont l'actif sous gestion totalise quelque 45 000 milliards.

La divulgation de l'«Engagement de Montréal» sur les émissions de gaz carbonique, qui est l'un des pires polluants atmosphériques dits à «effet de serre», survient aussi au lendemain du sommet de chefs d'État sur les changements climatiques, organisé par l'ONU à New York.

Pour les gestionnaires d'actifs qui adhèrent aux principes de l'investissement responsable, souvent en réponse aux préoccupations croissantes de leurs clients ou déposants sur l'impact environnemental et social de leurs placements, le nouvel «Engagement de Montréal» veut les inciter à mesurer et à divulguer l'empreinte de carbone de leurs portefeuilles d'investissements sur une base annuelle.

La principale instigatrice de l'«Engagement», soit l'organisation internationale PRI, a comme premier objectif d'y faire adhérer l'équivalent de 3000 milliards en actifs sous gestion d'ici décembre 2015, avant la tenue de la prochaine conférence de l'ONU sur les changements climatiques.

Montréal bien en vue

Entre-temps, le milieu financier de Montréal se réjouissait hier que la divulgation de cet engagement sur les émissions de carbone impliquant plusieurs des plus gros investisseurs du monde ait lieu chez lui.

«Il s'agit d'un accomplissement concret qui contribue à positionner Montréal comme un centre financier avant-gardiste qui encourage les principes d'investissement responsable», a indiqué Éric Lemieux, directeur général de Finance Montréal et du Centre financier international de Montréal.

Principal regroupement de ce secteur à Montréal et au Québec, Finance Montréal prévoit d'ailleurs ajouter l'investissement responsable parmi ses thèmes prioritaires de développement du secteur des services financiers dans la métropole québécoise.

Déjà que, parmi la cinquantaine d'investisseurs institutionnels et de gestionnaires de placements canadiens qui sont membres de l'organisation PRI, près de la moitié sont établis au Québec.

On y retrouve notamment la Caisse de dépôt et placement, le Fonds de solidarité FTQ et Investissements PSP, dont les actifs totaux approchent les 300 milliards.

S'y trouvent aussi d'importantes firmes de gestion de placements telles que Fiera Capital, Placements Optimum, Montrusco Bolton et Addenda Capital qui supervisent en tout des dizaines de milliards en actifs provenant de leurs clients investisseurs.

La participation de ces firmes québécoises aux délibérations de l'association PRI ne les oblige pas à adhérer au nouvel «Engagement de Montréal sur le carbone».

En fait, une seule firme québécoise - Bâtirente, la caisse de retraite de l'industrie de la construction - fait partie des adhérents initiaux à l'«Engagement de Montréal» qui ont été annoncés hier.

Mais la porte ne semble pas fermée ailleurs. À la Caisse de dépôt et placement, par exemple, la première vice-présidente aux affaires juridiques, Marie Giguère, a admis lors d'une table ronde en début de journée que la mesure et la réduction de l'impact environnemental des «industries d'extraction de ressources» au Canada (mines, sables bitumineux, etc.) constituent de «gros défis» en matière d'investissement responsable pour des portefeuilles de l'ampleur de celui de la Caisse.

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