Surplus énergétiques: l'auto électrique n'est pas la solution

Une voiture électrique consomme moins de 0,2 kilowattheure... (Photo Ivanoh Demers, Archives La Presse)

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Une voiture électrique consomme moins de 0,2 kilowattheure (kWh) par kilomètre.

Photo Ivanoh Demers, Archives La Presse

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Oui, mais les voitures électriques? Quoi, les voitures électriques? Ne seraient-elles pas la solution pour absorber nos énormes surplus d'énergie?

Malheureusement, les voitures électriques ne règleront pas nos problèmes de surplus d'énergie, même si la demande pour celles-ci explosait au cours des prochaines années.

Je vous le précise tout de suite: je suis tout à fait en faveur des voitures électriques, dont la croissance soulagerait notre environnement et notre économie. Mais ces voitures n'auraient qu'un faible impact sur nos énormes surplus énergétiques.

Depuis 2006, selon mes calculs, les Québécois ont payé 4,0 milliards de dollars de plus sur leurs factures d'électricité en raison des énormes surplus d'énergie, qui viennent notamment des éoliennes. Et d'ici 2021, la facture doublera (7,9 milliards), soit l'équivalent de 680 millions à 1,2 milliard par année.

Quel serait l'impact du marché des voitures électriques sur ces surplus? Voyons voir.

Une voiture électrique consomme moins de 0,2 kilowattheure (kWh) par kilomètre. En supposant qu'un véhicule roule typiquement 20 000 km par année, il faudrait donc 4000 kWh d'énergie électrique pour alimenter une voiture chaque année.

Actuellement, 4200 voitures électriques sillonnent les routes du Québec. Elles consomment donc environ 16,8 millions de kWh. Cette consommation peut paraître importante, mais elle ne représente que 0,16% des surplus d'énergie d'Hydro-Québec cette année!

Oui, mais la demande pour ces autos est en forte progression, non? En effet, la demande croît très rapidement. Aux fins de l'exercice, supposons que les ventes d'autos soient multipliées par 100 d'ici 5 ans au Québec, ce qui serait un succès phénoménal.

En 2020, il y aurait donc environ 450 000 véhicules sur nos routes. Or, ces autos consommeraient 1,68 térawattheure (TWh), soit à peine 15% des surplus d'Hydro-Québec Distribution à ce moment-là.

C'est donc dire que même avec une explosion de voitures électriques, les problèmes de surplus engendrés par les parcs d'éoliens et les minicentrales seraient à peine résorbés.

8,26 cents le kWh

Pour votre gouverne, les particuliers qui rechargent leurs véhicules à la maison paient cette année 8,26 cents le kWh. C'est davantage que le prix moyen qu'a obtenu Hydro-Québec pour ses exportations de court terme au cours des 10 dernières années (6,86 cents). Il faut dire, cependant, que les deux prix sont difficilement comparables, étant donné les coûts de transport énergétique très différents.

Le plein d'une voiture électrique coûte environ 330$ par année, comparativement à quelque 2300$ pour une voiture à essence, soit une différence de 2000$.

La voiture électrique deviendra une option plus avantageuse au fur et à mesure que les prix baisseront. Actuellement, il faut généralement payer plus de 40 000$ avant taxes et subventions pour se procurer un tel véhicule.

L'écart minimum entre le prix d'un véhicule électrique et une voiture à essence semblable atteint 20 000$, parfois plus. En tenant compte de la subvention de 8000$ et des taxes, il faut prévoir six ou sept ans avant de récupérer la différence de prix pour un scénario où la voiture roulerait 20 000 km par année. Pour un scénario où la voiture ferait plutôt 40 000 km par année, la différence de prix du véhicule pourrait être récupérée en un peu plus de trois ans.

Cela dit, les voitures électriques, sauf les très coûteux modèles Tesla, ne peuvent parcourir la distance Montréal-Québec sans recharge. Et tant que le gouvernement n'installera pas des bornes à recharge rapide, par exemple le long de l'autoroute 40, il faudra compter trois heures et demie pour une recharge, disons à Trois-Rivières.

La multiplication du nombre de voitures électriques est certainement excellente pour l'environnement et très bonne pour notre économie, puisqu'elle réduit notre consommation de pétrole importé. Elle doit être encouragée. Mais elle ne résoudra pas nos problèmes de surplus.

COÛTS DES SURPLUS D'ÉLECTRICITÉ REFILÉS AUX QUÉBÉCOIS (1)

Total 2006 à 2013 : 4,0 milliards

Total 2014 à 2021 : 7,9 milliards

(1) Estimation de La Presse




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