La filière éolienne québécoise à repenser

Hydro-Québec prévoit enregistrer des surplus d'électricité jusqu'en 2027,... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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Hydro-Québec prévoit enregistrer des surplus d'électricité jusqu'en 2027, notamment en raison de la décision du gouvernement québécois de mettre en service de nouveaux parcs éoliens.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Aux prises avec d'importants surplus d'électricité, il est temps pour le Québec de repenser la filière éolienne, sans toutefois mettre un terme aux investissements, croit le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand.

Plutôt que de réduire le développement de cette industrie, comme le suggérait le rapport de la Commission des enjeux énergétiques déposé l'hiver dernier, M. Arcand a plutôt annoncé jeudi la mise sur pied d'un groupe de travail afin d'assurer sa pérennité.

«Lorsque la filière éolienne a été lancée (au début des années 2000), nous étions dans une situation où le Québec pouvait être en manque d'électricité, a-t-il expliqué, en conférence de presse à Montréal. Il faut trouver un équilibre entre le développement de cette filière, les intérêts des consommateurs et la gestion plus efficace des surplus.»

Le document de la Commission, qui suggérait également la réduction du développement de l'hydroélectricité, soulignait que la poursuite des investissements dans ces deux secteurs pourrait faire perdre plusieurs milliards à Québec.

De plus, Hydro-Québec prévoit enregistrer des surplus d'électricité jusqu'en 2027, notamment en raison de la décision du gouvernement québécois de mettre en service de nouveaux parcs éoliens.

«Dans la vie on peut être pessimiste (ou) avoir une vision plus optimiste, a affirmé M. Arcand. Pour nous, les surplus, ce n'est pas un problème, ça peut devenir une opportunité.»

Le ministre de l'Énergie a souligné que les surplus d'électricité ne représentaient que quatre pour cent de l'approvisionnement total d'Hydro-Québec distribution et que l'arrivée d'une autre aluminerie dans la province pourrait, par exemple, faire diminuer ces surplus.

Le ministre Arcand a également a rappelé la récente visite du premier ministre Philippe Couillard en Nouvelle-Angleterre, aux États-Unis, où certains États de cette région ont vu leurs dépenses en électricité exploser l'hiver dernier.

«Les États, avec le gaz naturel, ont payé des milliards de dollars au cours de l'hiver, a-t-il fait valoir. Certains gouverneurs ont clairement dit qu'ils regardaient de nouveau la filière d'Hydro-Québec alors que nous complétons (le complexe hydroélectrique) La Romaine.»

Le groupe de travail sollicitera la participation de différents acteurs de la filière éolienne, comme les turbiniers, les développeurs de projets ainsi que les manufacturiers de pièces, selon le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.

Ces intervenants devraient être sollicités au cours des prochaines semaines et leurs recommandations devraient se trouver dans un rapport qui pourrait être déposé au mois de décembre prochain, a laissé entendre M. Arcand. Le ministre devrait ensuite présenter sa politique énergétique avant la fin de 2015.

Le ministre a suggéré que le développement de la filière éolienne québécoise pourrait bien passer par les endroits ainsi que des communautés inaccessibles au réseau d'Hydro-Québec, comme le Nord-du-Québec et le Nunavik.

«Plusieurs communautés nordiques commencent à trouver que si l'on peut remplacer, aux endroits où Hydro-Québec n'est pas présent, (la façon actuelle de produire de l'électricité) par des éoliennes à un coût qui est acceptable, il est clair que ce projet serait intéressant», a-t-il dit.

M. Arcand a notamment vanté l'implantation d'une éolienne couplée au diesel au complexe minier de Raglan, au Nunavik, ce qui, selon lui, permet d'économiser plusieurs milliers de litres de carburant destinés à la production d'énergie.

Près de la moitié de ce projet évalué à 22 millions $ a été financé par le gouvernement fédéral ainsi que le programme Technoclimat du Québec, d'après le ministre. «Beaucoup de gens nous ont approchés sur cette question, a-t-il dit. Nous allons regarder (les projets) un à un.»

Présent à la conférence de presse, le directeur du Québec pour l'Association canadienne de l'énergie éolienne, Jean-Frédérick Legendre, a salué la création du groupe de travail, affirmant qu'il était important d'assurer l'avenir de la filière éolienne en raison de ses retombées pour le Québec.

Selon lui, cette industrie est responsable de la création de quelque 5000 emplois en plus d'avoir généré des investissements de 10 milliards $ dans la province au cours de la dernière décennie.

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