Le Plan Nord redémarre

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«Les gens ne veulent pas de nucléaire, ils ne veulent pas d'éoliennes, c'est rendu qu'ils ne veulent pas non plus de carrières ni de sablières», se désole Pierre Arcand, ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.

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Hélène Baril

La priorité du nouveau ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, est de remettre le Plan Nord sur les rails, au propre comme au figuré.

Les premiers travaux d'arpentage sur le tracé du futur chemin de fer du Labrador, qui doit ouvrir le Nord à des investissements gigantesques, commencent cet été. Et le deuxième Plan Nord risque d'être encore plus important que le premier, selon lui, malgré la baisse du prix des métaux.

«Ç'a le potentiel d'être plus gros encore, dit Pierre Arcand en entrevue avec La Presse Affaires. L'enthousiasme pour le Plan Nord est très important. Les prix sont bas, mais ils ne peuvent qu'aller en montant. L'économie américaine reprend et nous sommes plus concurrentiels avec un dollar qui n'est plus à parité.»

Création d'une société en commandite

Le ministre travaille actuellement au projet de loi qui créera la Société du Plan Nord, qu'il souhaite présenter à la rentrée parlementaire, à l'automne. Dans les prochaines semaines, le gouvernement invitera les entreprises intéressées par le chemin de fer du Labrador à se joindre à la société en commandite qui sera créée pour mener à bien ce projet.

«L'aspect infrastructure commence à avancer, précise le ministre. On va faire de l'arpentage cet été. Ça avance très rapidement parce que ce sont des terres publiques.»

Un tandem composé du CN et de la Caisse de dépôt a déjà tenté sans succès de réunir les fonds nécessaires, estimés à plusieurs milliards de dollars. Une société en commandite, composée des compagnies minières intéressées par le chemin de fer, a plus de chances de réussir, selon le ministre Arcand. «Plus il y aura de participants, mieux ce sera.»

Son autre préoccupation, ces jours-ci, est de transformer en loi l'accord conclu en 2011 avec le gouvernement fédéral sur le partage des redevances de l'éventuelle exploitation du pétrole à Old Harry, dans le golfe Saint-Laurent. Il affirme ne pas être allergique du tout à l'exploitation du pétrole québécois, si on en trouve, à condition que ça se fasse correctement.

Une philosophie très différente

À 62 ans, Pierre Arcand a déjà été ministre de l'Environnement et ministre des Relations internationales dans un gouvernement libéral. Il a une philosophie très différente de Martine Ouellet, celle qu'il remplace à l'Énergie et aux Ressources naturelles. «Mon rôle, dit-il, est d'essayer de créer de la richesse.»

Aussi, les projets de pipeline d'Enbridge (renversement de la ligne 9B) et de TransCanada (Énergie-Est) lui apparaissent comme des moyens d'accroître la sécurité énergétique du Québec. «On est à 100% d'accord avec le principe. Après, ça dépend comment c'est fait. Il y a des conditions à respecter.»

À son nouveau poste, il est surpris de voir le nombre de dossiers «difficiles» qui s'accumulent. En plus de la question du pétrole, il y a eu un blocage sur l'exploitation de l'uranium qui a forcé la société Strateco à plier bagage. Il y a de l'opposition au projet de mine d'apatite, à Sept-Îles, et les éoliennes sont loin de faire l'unanimité.

Même les carrières et les sablières posent des problèmes dans la région des Laurentides, dont il est le ministre responsable. «Les gens ne veulent pas de nucléaire, ils ne veulent pas d'éoliennes, c'est rendu qu'ils ne veulent pas non plus de carrières ni de sablières», constate-t-il.

La menace des retraités?

Quelqu'un lui a déjà expliqué que les retraités, de plus en plus nombreux dans la société québécoise, se sont alliés aux environnementalistes pour combattre tout ce qui dérange leur quiétude. Ils ont tout le temps qu'il faut pour faire valoir leur opinion, contrairement à ceux qui travaillent à plein temps.

Que ce soit vrai ou non, Pierre Arcand voudrait que les gens comprennent que tout projet comporte sa part de risque. «C'est un défi pour un gouvernement, admet-il. On doit raffiner nos méthodes de communication.»

Lancé par le gouvernement Charest en mai 2011

> Mis au rancart par le gouvernement Marois

> Investissements prévus: Gouvernement: 3 milliards Entreprises privées: 30 milliards Hydro-Québec: 47 milliards

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