FerroAtlantica choisit Port-Cartier pour son usine de silicium

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Vue aérienne de Port-Cartier.

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Martin Ouellet
La Presse Canadienne
Port-Cartier

Le géant espagnol FerroAtlantica a choisi Port-Cartier, sur la Côte-Nord, pour construire sa première usine de silicium métal en Amérique du Nord.

L'investissement de 382 millions $, qui créera 345 emplois directs, a été confirmé lundi à Port-Cartier par le premier ministre Philippe Couillard, accompagné du ministre de l'Économie, Jacques Daoust, et du ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, «parrain» de la région de la Côte-Nord.

Ce dénouement met fin à plusieurs mois de spéculations sur le choix du site pour la construction des installations. Des villes comme Saguenay, Baie-Comeau et Shawinigan se disputaient les faveurs de l'entreprise depuis l'annonce en début d'année à Davos de l'implantation de FerroAtlantica au Québec par la première ministre péquiste Pauline Marois.

La présence d'un quai municipal en eau profonde ouvert à l'année, la proximité d'un chemin de fer et la disponibilité de la matière ligneuse pour la production d'énergie - pour chauffer les fours - ont fait pencher la balance en faveur de Port-Cartier.

«Nous pensons que Port-Cartier dispose de tous les avantages», a déclaré le président de FerroAtlantica, Pedro Lerrea Paguaga, présent pour l'occasion.

«Nous avons choisi cette localisation non seulement par rapport à d'autres localisations au Québec, au Canada et en Amérique du Nord, mais aussi par rapport à d'autres endroits dans le monde. Nous sommes convaincus qu'à Port-Cartier, nous pourrons construire l'usine de silicium la plus compétitive non seulement en Amérique du Nord mais dans le monde», a-t-il ajouté.

À terme, la nouvelle filiale FerroQuébec espère produire 100 000 tonnes par année à Port-Cartier, essentiellement pour le marché américain. Le silicium métal entre dans la production d'alliages destinés à l'industrie automobile, à la fabrication de silicone, à l'élaboration de béton haute performance et à l'industrie des panneaux solaires.

Tel qu'indiqué en janvier dernier, l'entreprise profitera d'un tarif d'électricité préférentiel d'Hydro-Québec alors qu'Investissement Québec offrira un prêt - dont le montant n'a pas été révélé - aux conditions du marché. Des crédits d'impôt viendront aussi soutenir l'investissement.

Le gouvernement ne subventionne pas l'entreprise et s'en tient à une relation d'affaires, a précisé le premier ministre Couillard.

«Je peux vous confirmer la nature de la participation, quant aux détails, c'est toujours le cas, on est discret sur ces questions jusqu'à ce que la transaction soit complétement bouclée. Il s'agira d'un prêt de nature commerciale, donc n'importe quel type de prêt qu'on ferait à n'importe quel investisseur, avec des conditions d'intérêt qui sont à la fois un avantage pour le prêteur et pour la personne qui le reçoit», a-t-il dit.

«Le financement du projet est entièrement de notre responsabilité, a ajouté le propriétaire du groupe espagnol, Juan-Migual Villar Mir, qui a fait le voyage depuis l'Europe pour l'annonce de l'investissement. Nous mettons tout l'argent nécessaire, nous n'avons jamais demandé un appui financier au gouvernement du Québec.»

La première phase du projet, qui nécessite un investissement de 215 millions $, s'enclenchera au cours du mois de juin. Une étude d'impact environnemental sera menée en prévision de la mise en opération de trois fours en décembre 2017.

Environ 230 emplois seront créés pendant la construction et 175 emplois directs suivront pour une production annuelle, au terme de la première phase, de 50 000 tonnes. Une deuxième phase s'étendra jusqu'en 2022 avec l'installation de trois autres fours pour une pleine production de 100 000 tonnes par an.

«C'est un marché qui va prendre beaucoup d'importance en Amérique et en Europe mais spécialement en Amérique du Nord d'ici 2020. Il est essentiel pour le Québec de se positionner favorablement dans ce marché prometteur en renforçant notre productivité», a souligné le ministre Daoust.

«L'usine qui va se construire ici ne sera pas la deuxième, troisième, quatrième au monde, mais la plus performante au monde, la meilleure», a-t-il poursuivi dans un élan d'enthousiasme.

Sur le plan environnemental, le promoteur affirme que l'usine FerroQuébec, grâce aux avancées technologiques, aura la plus faible empreinte de carbone au monde dans son champ d'activité.

Filiale du groupe Villa Mir, FerroAtlantica a réalisé des ventes de 1,1 milliard $ d'euros en 2012 et employait alors un peu plus de 3000 personnes dans une quinzaine d'usines en Europe, en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie.

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