Les grands clients disent non à l'éolien

La hausse de tarifs qu'Hydro-Québec demande pour 2014... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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La hausse de tarifs qu'Hydro-Québec demande pour 2014 s'explique en partie par ses achats d'énergie éolienne.

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Hélène Baril

Les consommateurs industriels d'électricité ont décidé de contester la décision du gouvernement Marois de continuer d'acheter de l'énergie éolienne, bien que le Québec n'ait pas besoin de cette énergie.

Une requête en irrecevabilité a été déposée, hier, à la Régie de l'énergie par l'Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité (AQCIE) afin de contrer le plus récent appel d'offres pour 450 mégawatts d'énergie éolienne.

Cet appel d'offres, qui vise à soutenir l'industrie éolienne dans l'Est-du-Québec, doit être déclaré «invalide, inapplicable et inopérant», dit la requête, parce qu'il n'a pas pour objectif de satisfaire les besoins en électricité.

Les consommateurs n'ont pas à payer plus cher leur électricité parce que le gouvernement veut aider une industrie, a expliqué hier Luc Boulanger, porte-parole de l'AQCIE qui regroupe les alumineries et les autres grands clients industriels d'Hydro-Québec.

L'Association s'est toujours opposée à ce que le gouvernement se serve des tarifs d'électricité pour aider un secteur industriel. Le plus récent appel d'offres l'a poussée à prendre les grands moyens.

«C'est assez, a commenté hier Luc Boulanger dans un entretien avec La Presse Affaires. On n'est pas contre le développement économique. Si le gouvernement veut aider un secteur, qu'il le fasse, mais qu'il ne fasse pas payer la note par les consommateurs d'électricité.»

Hausse de tarif

Les achats d'énergie éolienne ou d'électricité générée par la biomasse pour aider l'industrie forestière ont pour effet de faire grimper les tarifs d'Hydro-Québec, parce qu'ils coûtent cher et viennent grossir les surplus d'électricité existants.

Hydro-Québec réclame une hausse de 5,8% de ses tarifs pour 2014, dont 2,7% est justifiée par l'achat d'énergie éolienne dont elle n'a pas besoin.

La hausse du tarif industriel (tarif L) est limitée à 5%, mais les grandes entreprises font déjà bloc pour s'y opposer. Les alumineries réclament même une baisse des tarifs actuels, et l'une d'elles, Alcoa, menace même de fermer ses trois usines le 31 janvier 2014.

Dans sa requête, l'AQCIE rappelle que les appels d'offres pour l'achat d'électricité de producteurs privés ont pour objectif de combler les besoins en électricité du Québec. Or, le Québec n'a pas besoin d'un autre appel d'offres pour 450 mégawatts d'énergie éolienne ni aujourd'hui, ni en 2016 et 2017 lorsque cette énergie sera disponible.

En réalité, Hydro-Québec prévoit être en surplus au moins jusqu'en 2027.

Le gouvernement Marois a accepté de faire acheter par Hydro-Québec un nouveau bloc de 800 mégawatts d'énergie éolienne, à la demande des entreprises qui en vivent, surtout dans l'Est-du-Québec. Il a adopté le 6 novembre dernier un décret pour qu'un premier appel d'offres soit lancé par Hydro-Québec pour 450 de ces 800 mégawatts.

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